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Deuxième partie.
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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.

grande précision : la première comprend ceux qui doivent annoncer au loinla présence de la côte, ce sont les plus essentiels, ceux qui réclamentle plus d’éclat et de hauteur, et on leur a assigné une portée de 55 à45 kilomètres; la seconde se compose de ceux qui, appelés à faire éviterles dangers compris entre les précédents, doivent avoir plus ou moins deportée, de 46 à 35 kilomètres, suivant les circonstances locales; dansla troisième classe enfin, sont rangés les feux de la plus faible intensité,ceux dont il est inutile que la lumière s’aperçoive à plus de 4 6 kilo-mètres, et auxquels on a affecté plus particulièrement le nom de fanal,afin de les mieux distinguer des autres. Or les grandes saillies du littoral, surlesquelles se placent les premiers de ces phares, sont, pour la plupart, forméespar le prolongement des faîtes qui séparent les divers bassins du continent,et là, point d’embouchures de fleuves, point de plaines fertiles, peu de faci-lités pour l’ouverture des voies de communication, rien, en un mot, de cequi invite à l’établissement de centres de population d’une certaine impor-tance. Il en résulte que presque tous les grands monuments consacrés àl’éclairage maritime sont construits loin des villes, quelquefois sur des îles,ou même sur des rochers isolés en mer, et que, dans la plupart de nosports, de petites tourelles sont seules affectées à cet objet. Il n’y a d’ex-ception à cette règle que pour les parties de la côte qui sont dirigées enligne droite sur une grande longueur; car, en pareille circonstance, il y aavantage à placer les phares dans les ports. Ainsi, sur trente-sept phares depremière classe ou de grand atterrage allumés actuellement sur les côtes deFrance , la Corse comprise, il n’y en a que deux qui soient établis dans desports : ceux de Dunkerque et de Calais . Et il en est à peu près de même pourles feux compris dans la seconde classe.

Ces feux si nombreux pourraient, à côté des services qu’ils rendent à la na-vigation maritime, l’exposer à de funestes méprises, si l’on n’avait trouvémoyen d’en varier les apparences, de telle sorte qu’il fût facile de ne pas lesconfondre. On n’avait pas cette ressource lorsque la lumière des phares étaitproduite par la combustion du bois ou du charbon ; du moins la seule qu’onpossédât, laquelle consistait à réunir plusieurs feux en un même point, était-elle bien bornée et bien dispendieuse. Il est vrai que les phares étaient siespacés à cette époque, que l’inconvénient était sans gravité; mais quandon a voulu multiplier ces établissements, il est devenu nécessaire de prévenir