PHARES.
681
rants pourrait apporter de fâcheuses entraves à la régularité des communica-tions. Après avoir reconnu l’endroit où le rocher est le plus fréquemmentaccessible, les dangers auxquels on y est exposé et les conditions dans les-quelles le débarquement peut s’effectuer, il faut imaginer, et installer soli-dement les machines et appareils nécessaires à un prompt enlèvement desmatériaux et à la sécurité des navires. Enfin on doit examiner s’il y a possi-bilité de loger un certain nombre d’ouvriers à proximité du travail, sans secondamner à de trop grandes dépenses, et surtout sans compromettre leurexistence.
Telles sont les principales considérations qui doivent présider à l’organisa-tion des travaux. Voici, en quelques mots, comment on y a eu égard dansl’établissement de la construction dont il s’agit.
L’île de Bréhat, située à tO kilomètres environ du rocher, en est un peuplus éloignée que le continent; mais elle offre des havres d’une excellentetenue, ce qui ne se rencontre pas sur la côte voisine, et, point capital, elleest très-heureusement placée par rapport à la direction des courants de marée,car le jusant porte de l’île sur le rocher, et le flot suit la marche opposée.Elle fut choisie en conséquence pour point d’embarquement; on construisitune petite calle en pierres sèches dans celui de ses ports naturels qui fut re-connu le plus favorable, et l’on installa à proximité les magasins et les chan-tiers de préparation des matériaux. C’est là que furent taillées toutes lespierres de l’édifice. On posait successivement chaque assise entière sur uneplate-forme horizontale, pour s’assurer de l’exactitude du travail. Les pierresétaient embarquées ensuite sur des bâtiments pontés du port de quarantetonneaux environ, chacune entourée de son élingue, et garantie soigneuse-ment contre les écornures.
Ces bâtiments partaient <le l’île au commencement du jusant pour serendre au rocher, où ils arrivaient ordinairement avant la basse mer. Ils ytrouvaient tous les apparaux nécessaires pour les maintenir ou pour leur per-mettre de se dégager promptement et en toute sécurité des écueils qui lesentouraient. Une grue, qui était submergée à chaque marée, avait été très-soli-dement installée sur la tète de roche à parement droit que les navires accos-taient. Elle était simplement composée d’un arbre vertical et d’un arbreincliné. Ce dernier pouvait tourner autour de son pied, et il était saisi à satête par deux haubans frappés sur le navire, de telle sorte qu’il suivait l’embar-
U- 61