PHARES.
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tous deux en gros blocs maçonnés en ciment. On obtint ainsi une plate-formeà peu près carrée, d’environ 9 mètres de côté, élevée à 4 mètres au-dessus duniveau des plus hautes mers, et l’on y installa une construction en charpente,solidement maintenue, qui renfermait des magasins, une petite forge et deschambres pour l’ingénieur, le conducteur des travaux et les ouvriers. Le toutfut surmonté d’une tourelle destinée à un appareil d’éclairage provisoire.
C’était de là que partaient chaque jour les ouvriers, au nombre de soixanteenviron, pour se rendre au travail, dès que la mer laissait à découvert lasurface du rocher, et c’était là qu’ils trouvaient un refuge quand la cloched’alarme annonçait le retour du flot.
Ces travaux ne pouvaient s’exécuter que pendant la belle saison; on com-mençait vers le milieu du mois de mai, et l’on était obligé de les suspendredès les premiers jours d’octobre, et encore étaient-ils souvent entravés parl’état de la mer. On est resté quelquefois pendant dix et quinze jours consé-cutifs sans pouvoir débarquer une seule pierre. L’exécution a été cependantassez rapide : après avoir consacré une première campagne à l’établisse-ment des logements et à la préparation de la plate-forme des fondations, desappareils et d’une certaine quantité de matériaux, on n’en a mis que quatrepour la construction de l’édifice; la première pierre a été posée en \836 etla dernière, en 4839.
Dans les phares ainsi exposés aux atteintes de la mer, la forme cylindriqueest évidemment préférable à toutes les autres, et c’est même la seule à laquelleun esprit judicieux puisse songer. Elle se recommande encore, à un certainpoint de vue, pour toutes les tours très-élevées construites sur le continent,car c’est celle qui offre le moins de prise au vent. On est peu habitué, dans noscontrées, à prendre en considération cette action du vent sur les édifices, età la regarder comme un danger pour la stabilité ; et elle est en effet fort peuredoutable dans la plupart des circonstances. Cependant elle se manifestenettement sur les tours élancées, auxquelles elle imprime parfois des mouve-ments oscillatoires très-sensibles, et ce phénomène s’observe dans la plupartde nos phares. Il ne résulte pas, il est vrai, de ruptures partielles ou de jointsqui s’ouvriraient ; il paraît provenir uniquement de l’élasticité de la construc-tion, car il y a de ces édifices, comme celui de Gênes , par exemple, qui sontrevêtus d’un enduit, et l’on n’y remarque aucune fissure, de même qu’on nevoit aucun joint s épaufrer dans ceux qui sont exécutés en pierres de taille ;