488
TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
grande considération, et il pourrait y avoir avantage à remonter les nais-sances, et à réduire la flèche en conséquence.
Une autre disposition a été adoptée pour remédier à l’insuffisance dudébouché dans les crues; elle consiste à ouvrir des arches supplémentairesdans les tympans, afin d’augmenter la section offerte à l’écoulement des eauxau moment où le resserrement de la courbe réduit l’ouverture dans unetrop forte proportion. Le pont antique, représenté par la figure 4 de laplanche 69, en offre un exemple. Mais la contraction de la veine fluiderend presque insignifiant le débit de la petite arche, de sorte que ce sys-tème est peu efficace : aussi a-t-il été abandonné.
Les voûtes surbaissées ont pour directrices des arcs de cercle ou descourbes en anse de panier. Les voûtes en arc de cercle ont été employées dansdes ponts justement célèbres, tels que celui de Sainte-Maxence, et ceux de laConcorde et d’Iéna, à Paris . Elles ne manquent pas d’une certaine hardiesseet de quelque élégance; mais elles ont quelque chose de sec, ne se ratta-chent pas très-bien aux piles, et ne paraissent pas produire un aussi boneffet que les secondes. Elles ont aussi l’inconvénient d’exercer plus depoussée. Les voûtes en anse de panier, un peu moins favorables sous lerapport du débouché, présentent plus de garanties de solidité, aussi bienen réalité qu’en apparence, se relient mieux aux piles qu’elles saisissent àleur pied, et sont susceptibles d’un fort beau caractère.
On doit à Peyronnet l’heureuse idée d’associer ces deux courbes. Au pontde Neuilly, dont les arches sont formées par des anses de panier, il atracé des arcs de cercle sur les têtes, et les a raccordés avec les voûtesau moyen de surfaces gauches qui ont reçu le nom de cornes de vaches.Il a ainsi facilité l’écoulement des eaux en élargissant l’orifice d’entrée, etil a donné une apparence de hardiesse à la construction, tout en luiconservant une juste fermeté. La figure 5 de la planche 10 offre unexemple de cette disposition.
U est encore une forme de voûte surbaissée susceptible d’être avanta-geusement employée, c’est celle de cette ogive très-plate et presque recti-ligne dans la majeure partie de son cours, qu’on rencontre dans plusieursconstructions de l’Orient et notamment de la Perse. Les voussoirs s’ytrouvent mieux maintenus que ceux du sommet dans les voûtes en arc decercle ou en anse de panier de même hauteur, parce que leurs joints sont