PONTS ET AQUEDUCS.
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plus inclinés sur la verticale. La ligure 2 de la planche 70 met sous les yeuxdu lecteur l’un des plus beaux ponts modernes, dans lequel cette forme aété adoptée avec une juste réserve, et où l’on a très-habilement dissimuléce qu’elle peut présenter de peu satisfaisant pour notre goût.
Il n’est pas toujours nécessaire que toutes les arches soient de mêmehauteur au-dessus de la surface de l’eau, car lorsque cette hauteur est dé-terminée par les convenances de la navigation, il suffit de l’assurer àl’une d’elles. On profite de cette latitude lorsque les berges ne sont pastrès-élevées: on fait dominer l’arche du milieu, et le couronnement dupont est établi, soit suivant des lignes brisées (pl. 69, fig. 4 et 7), soit sui-vant deux lignes inclinées en sens inverse (pl. 70, fig. 4), soit suivant unecourbe très-peu prononcée (pl. 70, fig. 2 et SJ. La rédaction de hauteurqu’on obtient ainsi pour chaque extrémité facilite les abords du pont. Lors-qu’il n’y a point à se préoccuper de considérations de ce genre, onmaintient le tablier de niveau dans toute sa longueur, sauf les pentes etcontre-pentes à donner au pavage pour assurer l’écoulement des eauxpluviales, lesquelles sont rejetées par des gargouilles percées dans les voûtes.
En ce qui concerne les piles des ponts, deux systèmes ont été adoptéset sont parfois controversés. L’un, habituel à l’antiquité romaine, ainsique le montrent les ponts représentés par la planche 69, consiste à don-ner à chaque pile assez d’épaisseur pour qu’elle puisse résister à la pousséed une des arches qu’elle supporte, alors même qu’elle serait privée del’appui de l’arche voisine, en d’autres termes, pour qu’elle fasse culée,suivant l’expression consacrée. L’autre, généralement usité aujourd’hui, ré-duit les piles à l’épaisseur qu’exigent la pression qu’elles ont à supporter,et la différence de poussée entre deux arches consécutives qui peut résultersoit de l’excédant de largeur, soit de la surcharge accidentelle de l’uned’elles. Cette réduction est considérable, car les poussées des arches, étantà peu près égales et diamétralement opposées, se détruisent, sinon en totalitédu moins en grande partie, et la force qui tend à renverser les piles esttrès-minime.
L’inconvénient de cette dernière disposition est que la chute d’une archepeut entraîner immédiatement celle du pont tout entier ; mais elle a de nom-breux avantages comparativement à l’autre : elle diminue le cube des maçon-neries, elle apporte moins d’obstacles à l’écoulement des eaux, et rend par
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