Band 
Deuxième partie.
Seite
509
JPEG-Download
 

MAISONS DE VILLE.

509

Les mêmes observations s’appliquent au palais commencé, peu de tempsaprès le Louvre et dans son voisinage, pour Catherine de Médicis , parPhilibert Delorme . Cet édifice eût été également un chef-d’œuvre au pointde vue de la forme; mais la distribution en était peu satisfaisante. Il ne futpas terminé d’ailleurs par son illustre architecte; l’une des ailes n’était pasencore achevée, que les travaux furent abandonnés pour n’être repris quelongtemps après et sur de nouveaux plans.

Mais le xvn e siècle arrivait, et avec lui le moment où l’art, devenu plussérieux ; devait mieux apprécier sa mission, et sacrifier volontiers quelquechose de son élégance et de ses parures pour obéir à des conditions plusimpérieuses.

Le palais du Luxembourg est la plus importante des constructions qui ontinauguré cette nouvelle phase de l’architecture.

Il fut élevé par Marie de Médicis , quelques années après la mort de Henri IY,sur un emplacement qui appartenait au duc de Luxembourg , et de là le nomsous lequel il est connu. Son architecte, Jacques de Brosses, auquel Paris doitégalement le beau portail de Saint-Gervais et la grande salle des Pas-Perdusdu palais de Justice, commença ses travaux en 1615, et les poussa avec unetelle activité qu’ils étaient en grande partie terminés en 1620; du moins lepalais fut-il habité dès cette époque.

On a dit bien souvent, et l’on répétera sans doute encore longtemps, queMarie de Médicis avait imposé à son architecte de reproduire le palais Pitti de Florence . C’est une erreur : les plans et les dispositions générales des deuxpalais diffèrent essentiellement; le seul point de ressemblance est la multiplicitédes refends et des bossages, et encore ce mode de décoration n’est-il pas traitéà Paris avec la même vigueur, on dirait presque avec la même rudesse qu’enToscane . On conçoit d’ailleurs fort bien que la reine ait voulu retrouverdans cette habitation, où elle croyait pouvoir finir ses jours, quelques-unesdes formes habituelles

Del bel paese là dove ’l si saona,

m

formes qui lui rappelaient des souvenirs d’enfance, et étaient peut-être àses yeux des symboles de bonheur. Il y a aussi quelque chose d’italien dansle rapport qui a été observé sur les façades du palais entre les vides et les