MAISONS DE CAMPAGNE.
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jardin. Il y en a quelques-unes de plus élevées que les autres. Quand letemps est calme et serein, on les ouvre toutes. Si le vent donne d’uncôté, on ouvre les fenêtres de l’autre. La galerie ne reçoit jamais le soleilque dans sa plus grande ardeur, c’est-à-dire lorsqu’il est d’aplomb sur lecomble. Alors les fenêtres s’ouvrent, et elle reçoit de toutes parts l’haleinedes zéphirs qui y renouvellent l’air, et y entretiennent la salubrité parune agréable agitation.
» A l’extrémité du parterre et au bout de la galerie, on trouve le casin dujardin. C’est un petit bâtiment détaché qui est mes délices; je l’appelle ainsi,car je l’ai construit moi-même. Là est une pièce dont le soleil, qui y pénètrede toutes parts, fait une étuve; elle a vue d’un côté sur le parterre, etde l’autre sur la mer. Son entrée répond à une chambre voisine, et l’unede ses fenêtres donne sur la galerie. Un cabinet élégamment orné se jointà cette pièce du côté de la mer, de manière que, par des portes vitréeset par des rideaux qu’on ouvre et qu’on ferme, tantôt le cabinet ne faitqu’un avec la chambre, et tantôt s’en sépare. Il y a place pour un lit etdeux sièges. Du côté où le lit est adossé on voit les maisons de la côte; àvos pieds vous découvrez la mer, et de votre chevet, les forêts voisines. Autantde fenêtres, autant d’aspects différents qui s’unissent et se séparent à volonté.
» On passe de là dans la chambre de nuit destinée au sommeil; rien deplus calme que cet endroit. J’y ai fait pratiquer en dessous une étuve fortpetite qui communique et répand par une modique ouverture, autant dechaleur qu’on veut. Enfin il y a encore une antichambre et une chambrefort exposée au soleil, qu’elle reçoit, quoique obliquement, depuis son leverjusqu’à midi. Quand je me retire dans ce local, je m’imagine être absentde ma campagne. C’est surtout dans le temps des saturnales que je m’ycomplais. Tandis que toute la maison retentit du bruit des fêtes et des crisde joie que la licence excite parmi tout mon monde, retiré là, je goûte leplaisir de l’étude sans gêner les divertissements, et sans en être troublé.
».Les maisons qui bordent le rivage, les unes isolées, les autres conti-
guës, y produisent une variété d’aspects plus agréables les uns que les autres.Elles semblent vous offrir la vue de plusieurs villes, soit que vous restiez sur
la rive, soit que de la mer, vous en considériez les perspectives.Eh bien !
trouvez-vous à présent que j’ai tort d’aimer ce séjour, d’y venir souvent et dem’v attacher? En vérité, ce sera vous qui aurez la manie de la ville, si vous ne