558
TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
et le troisième donne sur les vignes; de sorte que les expositions sont aussivariées que les points de vue. Au bout de la galerie, et sur sa longueur, on apris une pièce d’où l’on découvre l’hippodrome, les coteaux de vignes et lesmontagnes; on y en a joint une autre exposée au plein soleil pour l’hiver. Làcommence un corps de logis qui joint l’hippodrome au reste de la maison.
» Sur l’un des côtés qui regardent le midi est une galerie haute d’où l’on voitles vignes de si près qu’on croirait y toucher. Vers le milieu est une salle defestins qui reçoit de l’Apennin l’air le plus salubre ; elle a vue de toutes partssur les vignes, d’un côté par ses fenêtres, de l’autre par ses portes, mais àtravers la galerie. Du côté qui n’a pas de fenêtres est pratiqué un escalier dedégagement très-commode pour le service de la table. A l’extrémité est unepièce à laquelle la galerie procure un aspect aussi agréable que celui des vignes.Sous cette galerie, il en est une autre qui est souterraine, et forme en été uneespèce de glacière, car l’air extérieur ne saurait y pénétrer ni en changer latempérature. Après ces galeries, et du point où aboutit la salle de festins, com-mence un portique où le soleil donne jusqu’à midi, ce qui la rend aussiagréable le matin pendant l’hiver que le soir pendant les chaleurs de l’été. Ilconduit à deux petits corps de logis, composés, l’un de quatre pièces, l’autrede trois, et qui, à mesure que le soleil tourne, reçoivent successivement del’ombre et de la clarté.
» C’est en avant de cette charmante façade que se présente et se développeau loin l’hippodrome. Il est ouvert par le milieu, et dès l’entrée on en découvretoute l’étendue du premier coup d’œil. Son enceinte est formée de platanes,dont les troncs revêtus de lierre étalent une verdure empruntée qui se marieavec celle que l’arbre fournit à ses rameaux les plus élevés. Du tronc, le lierremonte le long des branches, passe d’un arbre à l’autre et semble les relierentre eux; tandis qu’à leurs pieds ils sont environnés de buis qu’accompagnentdes lauriers qui mêlent leurs ombrages à ceux des platanes. L’hippodrome estdirigé en ligne droite, mais, à son extrémité, il change de forme et s’arronditen demi-cercle. Des cyprès plantés dans le pourtour y produisent un ombrageépais et noir. Des allées circulaires viennent y aboutir, ainsi qu’à d’autres quisont coupées par des palissades de buis, lequel est taillé de cent façons, demanière à représenter en caractères, et à faire lire tantôt le nom du maître,tantôt celui de l’ouvrier. On y voit alternativement des arbres fruitiers et desarbustes façonnés en manière de petites bornes. Puis se trouve un emplace-