i4 L/ART UNIVERSEL
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DEFINITIONS
DES LIGNES QVI f 0Af?05£VT Z. £ S
Fortifications > au dehors de /’enceinte d'vne Place.
Revoyant bien que je ne pourrois pas mettre toutes les lignes, quis’cmploycnt aux Fortifications, en vne feule page ;j’ay donne à la précéden-te celles qui servent à former l'enceinie, ôc fermer la Place en telle sortequ’clle puisse sc défendre,me réservant de donner en celle-cy celles quien eíloigne l’cnnemy, comme font tous les dehors, selon la nécessité des lieux.
La premiere piecc, ou le premier ouvrage qui recule l’ennemy, c'elì le Fossé quel'on fait autour de la Piacc, Sc des pieces détachées, qui s'expriment en tous Planspar vne feule ligne, qui est: icy D, qui fait tour le circuit de la Fortification ; & cet-te ligne reprefente la Contrescarpe, opposée à ['Escarpe, qui est le talu de l’enccintede la Forteresse AB C : la distance de l’vnc à l’autre est entre 15. ou 20. toisespour les grands fossez, & pour les petits, qui sont ceux autour des pieces détachées,comme font les Ravelins, les Dcmy-lunes, les Ouvrages à corne, ou autres: ils ncsont que de 50. ou 60. pieds, quoy-qu’il n’y ait point de réglé gcncralc, parce que l’onfait les foslèz, selon que l’on a besoin de terre pour le Rempart, & pour les Para-pets, ausqucls il faut donner les largeurs, selon la qualité du terrain.
Aux Places qui n'ont point de pieces détachées, & quelquefois à celles qui enont, on fait vn Parapet eíloigné du fossé de 4. ou j. toises, que l'on nomme Chemincouvert , comme il Test en effet à la veuë de l’ennemy, par la hauteur de ce Parapet,qui est de fix pieds du collé de la Ville, & en Glaflìs ou Esplanade , du collé de laCampagne ; csest à dire qu’il va à rien en la Campagne, nc laissant aucune chose quipuisse couvrir l’enncmy. L’on exprime ce Parapet par la ligne E, qui fait tout le tourde la Place, &sc flaneque elle-mefme de toutes parts.
Si vis à vis des angles flanequez des Bastions A , B , C, on fait la Contrescarpe enligne courbe , ou à pands, comme A D, B D,C D, outre que cela servira à faire bri-coler le boulet du canon, pour frapper l’enncmy, lorsqu’il ne s’y attend pas : cela don-nera vn espace F pour Logement , aussi-bicn que ceux G, qui sont devant la Courtine.
Les Ravelins sont certaines pieces à trois, à quatre, à cinq, ou à six faces, dont lesdeux plus avancées H , 1 , sont comme les faces des Bastions; les autres deux , commeH , K, font les flancs, si on en veut ; 5 c le reste le derrière de tout ce corps, qui est sé-paré de la Place par le grand fossé. On met ordinairement ces Ravelins devant lesCourtines, 6c l’on donne à chaque face 30. ou 40. toises : on prend leur défense des
{ >ands ou des faces des Bastions, & quelquefois des flancs, quand la Courtine est tropongue, Le plus ordinaire des Ravelins est d’estre comme le marqué H H I L.
Demy-lunes. Plusieurs donnent le nom de Demy-lune à tout ce qui est fait enpointe, comme Ravelins 5 : pieces semblables: pour moy je nomme Dcmy-lunesles pieces que l’on fait au devant des angles flanequez,parce que telles pieces ontvn angle rentrant, soit de lignes droites , comme N, ou de ligne courbe en formede croissant, comme M. Des pieces qui font comme N, font nommées de quelques-vns Contre garde s-, les vnes Sc les autres tirent leur défense des flancs des Bastionsopposez, &c des Ravelins, s’il y en a.
A toutes ct s Demy-luncs Sc Ravelins, il faut faire le fossé auflì creux que le grand,& qu’ils se rendent l’vn dans l’autre, en forte qu’ils soient comme dans vne Isle.
Toutes ces pieces ne doivent pas estre trop cfloignécs, puisqu’elles nc doiventestre défendues de la Place, ni trop ellevées, de peur qu’elles ne soient hors ducommandement; c'est à dire qu’ellcs emprkiiçat ceux de la Ville de voir 6c dé-couvrir tome la Cimpagnc.