rr L* ART UNIVERSEL
Les noms de quelques Pieces 3 dejquelles on se sert aux Fortifications.
E s Fortifications qui nc font que de terre, quoy-que bonnes & fortes »ne durent pas si long-remps; c’est pourquoy on réveil de murailles cellesqu’on veut conserver, afin de soustenir la terre, qui autrement s’éboulc-roic à la longue, soit par les plu y es , ou par les gelées. On fait ces mu-railles épaisses selon la nécessité des terres ; les sablonneuses les demandent fore épais-ses , avec de bons Espérons ou Contrefqrts , comme on voir en la figure A , le plan dela muraille C D, Sc des Efprons E F G, ou en son élévation B. L’épaiflëut ordinaireest de deux. ou trois toiles par le pied, d’ou elles vont en taluíanc jusques au cordonH : le talu est d’vn pied pour cinq ou six de fiant. La hauteur de ces murailles est di-verse } quelqucs-vns la tiennent égale au niveau de la campagne» d’autres l'éleventd’vnc toise* ou deux pardessus. Mais à telle hauteur que ce soit, le Cordon H esttoujours dessus, Sc fur ce cordon le Parapet H I. La matière ordinaire est de pier-re ; mais les meilleures sont de briques. On fait quelquefois vers les fondemens vuepetite voûte , tout autour de la muraille , pour éventer les mines, comme K.
Les terres grasses fe soutiennent presque assez d’elles-mesmes ; c’cst pourquoy ellesn’ont pas besoin de murailles, si ce n’est fort minces; Sc alors on ne les nomme pasmurailles , mais feulement chemises, parce qu’elles ne sont que pour couvrir la ter-re, qui n’est pas si agréable a l’œíl, que ce rcvertement.
Quand les Fortifications de terre n’ont point de murailles »on leur donne vn grand;talu, qui se trouve plus couché ou plus rorde, suivant la bonté de la terre. Si ia ter-re n’est grandement liée, le talu, c’est à dire » le pied ou Pavancc du pied est égaleà la hauteur, comme en la Figure L M est égale à M N. Le talu O P est de hx furcinq; celuy QJl six fur quatre - , celuy S T cinq fur trois ; V X six fur deux, tíí ce-luy Y Z six fur vn, comme nous avons dit pour les murailles de pierre.
Des fojfe-brayes , j’en ay dit vn mot en la pa^e precedente ; mais il nc íuffit paspour comprendre ce que c’cst: je me fuis referve à le dire icy. Ce sont des ouvragesdans le fossé pour la défense du mefmc fossé ; leur place est tout autour de la murail-le , comme aux profils a b c d. Qnelques-vns clevent dans le fossé vn Parapet d, hautde six pieds, épais de i8.Se fe conduisent autour de la Place. D’autres y élèvent vneterrasse avec son Parapet, en sorte que la hauteur du Parapet soit au niveau de lacampagne b. Les autres les tiennent entre deux,élevant la terrasse a fur le fossé, desix ou dix pieds, Sc pardessus le Parapet b. 11 faut toujours les elloigner de la mu-raille de six ou huit toiles , particulièrement aux places revestuës» autrement leséclats de la muraille estant battues,les rendroient inutiles,& les ruinesrempliroienttour. On s’en sert mieux aux Places fortifiées de terre; Sc lorsqu’il y a de l’cau dansles fossez, on les fait à fleur d’eau.
Elles ne font pas si nécessaires, ni si bonnes que les dehors, elles sont de grandesdépenses, elles fournissent à l’enncmy vne montée faite des ruines de la muraille ; ellesfont facilement découvertes Sc veuës par l’cnncmy , lorsqu’il est sur la Contrclcarpc.
Aux Places fortifiées de terre» la muraille sert de fosse brayes, comme en Finlan-de, auísi l’épaisscur de la muraille Sc de son Parapet y est toute particulière ,*ôc fortgrande, Sc ses murailles sort basses.