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L' Art universel des fortifications, françoises, holandoises, espagnoles, italiennes, et composées : avec l'art d'attaquer les places fortifiées par les surprises & par la force, & aussi de défendre les places fortifiées contre les surprises & contre la force / le Sieur Silvère de Bitainvieu pseud.pour Jean du Breuil
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rr L* ART UNIVERSEL

Les noms de quelques Pieces 3 dejquelles on se sert aux Fortifications.

E s Fortifications qui nc font que de terre, quoy-que bonnes & fortes »ne durent pas si long-remps; cest pourquoy on réveil de murailles cellesquon veut conserver, afin de soustenir la terre, qui autrement séboulc-roic à la longue, soit par les plu y es , ou par les gelées. On fait ces mu-railles épaisses selon la nécessité des terres ; les sablonneuses les demandent fore épais-ses , avec de bons Espérons ou Contrefqrts , comme on voir en la figure A , le plan dela muraille C D, Sc des Efprons E F G, ou en son élévation B. Lépaiflëut ordinaireest de deux. ou trois toiles par le pied, dou elles vont en taluíanc jusques au cordonH : le talu est dvn pied pour cinq ou six de fiant. La hauteur de ces murailles est di-verse } quelqucs-vns la tiennent égale au niveau de la campagne» dautres l'éleventdvnc toise* ou deux pardessus. Mais à telle hauteur que ce soit, le Cordon H esttoujours dessus, Sc fur ce cordon le Parapet H I. La matière ordinaire est de pier-re ; mais les meilleures sont de briques. On fait quelquefois vers les fondemens vuepetite voûte , tout autour de la muraille , pour éventer les mines, comme K.

Les terres grasses fe soutiennent presque assez delles-mesmes ; ccst pourquoy ellesnont pas besoin de murailles, si ce nest fort minces; Sc alors on ne les nomme pasmurailles , mais feulement chemises, parce quelles ne sont que pour couvrir la ter-re, qui nest pas si agréable a lœíl, que ce rcvertement.

Quand les Fortifications de terre nont point de murailles »on leur donne vn grand;talu, qui se trouve plus couché ou plus rorde, suivant la bonté de la terre. Si ia ter-re nest grandement liée, le talu, cest à dire » le pied ou Pavancc du pied est égaleà la hauteur, comme en la Figure L M est égale à M N. Le talu O P est de hx furcinq; celuy QJl six fur quatre - , celuy S T cinq fur trois ; V X six fur deux, tíí ce-luy Y Z six fur vn, comme nous avons dit pour les murailles de pierre.

Des fojfe-brayes , jen ay dit vn mot en la pa^e precedente ; mais il nc íuffit paspour comprendre ce que ccst: je me fuis referve à le dire icy. Ce sont des ouvragesdans le fossé pour la défense du mefmc fossé ; leur place est tout autour de la murail-le , comme aux profils a b c d. Qnelques-vns clevent dans le fossé vn Parapet d, hautde six pieds, épais de i8.Se fe conduisent autour de la Place. Dautres y élèvent vneterrasse avec son Parapet, en sorte que la hauteur du Parapet soit au niveau de lacampagne b. Les autres les tiennent entre deux,élevant la terrasse a fur le fossé, desix ou dix pieds, Sc pardessus le Parapet b. 11 faut toujours les elloigner de la mu-raille de six ou huit toiles , particulièrement aux places revestuës» autrement leséclats de la muraille estant battues,les rendroient inutiles,& les ruinesrempliroienttour. On sen sert mieux aux Places fortifiées de terre; Sc lorsquil y a de lcau dansles fossez, on les fait à fleur deau.

Elles ne font pas si nécessaires, ni si bonnes que les dehors, elles sont de grandesdépenses, elles fournissent à lenncmy vne montée faite des ruines de la muraille ; ellesfont facilement découvertes Sc veuës par lcnncmy , lorsquil est sur la Contrclcarpc.

Aux Places fortifiées de terre» la muraille sert de fosse brayes, comme en Finlan-de, auísi lépaisscur de la muraille Sc de son Parapet y est toute particulière ,*ôc fortgrande, Sc ses murailles sort basses.