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(c Les fautes considérables que j’ai rencontrées dans les auteurs,en mesurant moi-même les monuments qu’ils ont publiés, me fontregarder non seulement comme utile, mais comme absolument néces-saire, cette vérification des ouvrages même les plus estimés.
« Ce qui conserve, ce qui perpétue les erreurs, c’est la confianceque nous sommes naturellement disposés à accorder aux grandes répu-tations. Les artistes qui n’ont pu voir ou examiner assez attentivementdifférents monuments sont trompés par des mesures et des figurationsfausses ; ils ne peuvent tirer que de mauvaises conséquences, et fonderdes préceptes vicieux; souvent même ils négligent, sur la foi d’unrapport qu’ils croient sincere, d’aller voir des vestiges qui mériteraientleur examen.
<c On devrait s’attendre sans doute à trouver une exactitude extrêmedans les mesures et les dessins que Palladio nous a donnés des édificesanciens; cependant, en publiant les monuments de Nismes, cet archi-tecte a commis une infinité de méprises, comme on pourra s’en con-vaincre dans cet ouvrage, où, pour rendre ces méprises plus sensibles,j’ai inséré quelques planches de son Traité d’Achitecture. Comme iln’avait point été sur les lieux, il a copié Poldo d’Albenas, de Nismes,qui, n’étant point artiste, avoit été trompé lui-même par ceux auxquelsil s’en était rapporté pour faire les dessins, gravés ensuite en bois dansson ouvrage, qui a pour titre, Discours historial de îantique et illustrecité de Nismes , imprimé à Lyon en 1557. Rendons justice aux grandstalents de Palladio, louons son zele à nous faire connaître ces beauxmonuments; mais avouons les fautes dans lesquelles il est tombé enpubliant ces édifices.
^ J’espere qu’on s’appercevra sans peine que si j’attaque quelquefoisles auteurs les plus célébrés, c’est uniquement dans la vue d’empêcherque désormais on ne puise dans leurs ouvrages des proportions et desréglés funestes aux progrès de l’art.
« Tous les livres d’architecture et les maximes prétendues inva-riables qu’ils contiennent ne peuvent que préparer à l’étude de cetart, qui, ainsi que les autres arts libéraux, prend la nature seule pour
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