HISTOIRE DE NISMES.
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une nouvelle enceinte de murailles, où des tours de diverses formes, maisplus particulièrement octogones, furent engagées afin de pouvoir observerplus facilement sur plusieurs points : on croit que la tour Magne, placéesur le coteau le plus élevé de la ville, fut une de ces tours; c’est ce quenous discuterons à l’article de ce monument. Quoi qu’il en soit, on peutreconnaître encore par les vestiges des anciens murs l’étendue de l’enceinte,et, suivant le plan général (planche I) où elle est indiquée, elle se trouveavoir une lieue horaire et quelques toises de circuit, ou deux mille neufcents vingt-cinq toises.
L’étendue plus considérable que lui donnent certains auteurs, tels quePoldo d’Albenas, Deyron, Gauthier, et autres, nous paraît exagérée.
Les débris de briques, de moellons, et de tuiles romaines, que l’ontrouve assez fréquemment en fouillant dans les vignes de quelques coteauxcompris dans cette ancienne enceinte, prouvent que cette partie étaitoccupée par des maisons, que leur situation agréable pouvait faire recher-cher, quoiqu’elles fussent éloignées du centre de la population. Les cam-pagnes environnantes durent recevoir, à l’exemple des environs de Rome ,les plus agréables habitations; on en tire la preuve dans la dénominationdes villages ou bourgades situés auprès de Nismes, et qui ont conservédans notre langue une terminaison latine qui désigne leur antique origine;tous ces noms se terminent par le mot argues, dérivé du latin ager, unchamp ; le nom de l’ancien propriétaire en forme le commencement : ilsuffit d’en rapporter quelques uns, tels que Aimargues , Aujargues , Bouil-
largues , Brassargues, Caissargues , etc., etc.
Ce fut sans doute par suite de ces embellissements que, vers l’an 735, etl’an 19 de notre ere, M. Yipsanius Agrippa, gendre et favori d’Auguste ,fit construire ce superbe aqueduc connu sous le nom de Pont du Gard ,dont l’étonnante construction fait encore aujourd'hui l’admiration des voya-geurs.
Ce monument, à trois rangs darcades surtlevees lune sur 1 autre, estbâti sur la riviere du Gardon, espece de torrent, à trois lieues au nord-estde Nismes : l’aqueduc supérieur conduisait à la ville les eaux de la fontained’Eure, près Uzès , pour suppléer à celles de la source de Nismes, insuffi-sante pour le nombre de ses habitants qui augmentait chaque jour, etpour en distribuer aussi aux riches maisons environnantes; ce qu’attestent