HISTOIRE DE NISMES.
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venir en France chercher un asile pour avoir excommunié l’empereurFrédéric I er ; il passa par Nismes dans ce voyage, mais il n’y fit aucunséjour.
Les Juifs y eurent bientôt après plusieurs établissements, tels que col-lege, université, académie, synagogue, et firent un commerce considérabledans toute la province: plusieurs devinrent célébrés par une haute science,par l’austérité de leurs mœurs, et par le bon emploi qu’ils firent de leursimmenses richesses.
En ii 88 le comte de Toulouse confirma les privilèges des maçons dela ville de JNfismes, et leur en accorda de nouveaux assez extraordinaires;ils devaient le suivre à l’armée munis de leurs outils, et de son côté ils’obligeait à leur fournir les mulets pour les porter; il devait en outre lesnourrir, et leur donner ioo sous pour la destruction des châteaux. C’étaiten quelque sorte un corps de sapeurs qu’il avait ainsi organisé.
Il y eut, en 12 13 , une confédération entre les villes d’Arles et de Nismespour expulser les brigands connus sous le nom de routiers, et qui, parleurs ravages et leurs attentats, interceptaient les communications, et ren-daient les voyages et le commerce impraticables.
Les lettres se cachaient alors dans les ténèbres, mais elles n’étaientpas tout-à-fait anéanties : l’inventaire du sacristain de la cathédrale, fait en1219, et qui comprend un assez grand nombre de livres sacrés, prouveque, malgré l’ignorance du temps, elles étaient encore cultivées à Nismesavec assez de succès; on y trouve un très grand nombre de livres, et l’onsait qu’alors, avant l’invention de l’imprimerie, ils se payaient au poids del’or; un Tite-Live se vendait 120 écus d’or, et la Vie des hommes illustresde Plutarque , 70.
Lorsque pour les croisades Louis VIII manda à tous les vassaux duroyaume de se trouver en armes à Bourges, pour arriver ensuite à Lyon ,et qu’il fit après le siégé dAvignon, il écrivit aux chevaliers de Nisrn.espour les prier de remettre leurs maisons et leur chateau des Arenes a sestroupes jusqu’à la fin du siégé: ces chevaliers lui obéirent; il est vrai qu’ilavait à sa suite une armée de plus de cent mille hommes, et qu’il estdifficile de refuser une demande aussi fortement appuyée; cependant aumême instant Avignon lui fermait ses portes, et ne lui offrait le passageque pour lui et pour quelques personnes de sa suite.
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