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MONUMENTS DE NISMES-
pierre, qui forme le sommier de ces couronnements, avait glissé dans cettebaie faute de point d’appui et n’ayant plus de portée : il observa de nouveautoutes les autres pierres pareilles, et vit qu’en effet elles n’avaient aucuneportée dans les murs; qu’elles y étaient encastrées juste à frottement, sansentailles; qu’elles ne pouvaient donc y avoir été maintenues avec soliditéqu’au moyen des pilastres, rapportés et exprimés sur le plan , planche XXVII,dont la plate-bande glissée en contre-bas du soffite, et le signe du tailloirexprimé sur cette meme plate-bande, avaient indiqué l’existence. Clerisseau fit alors d’inutiles recherches pour découvrir quelques uns de ces pilastres; iln’en trouva aucun fragment, et apprit seulement par un constructeur du paysque dans quelques bâtisses faites au couvent des jésuites on avait ancien-nement employé de très belles pierres longues et plates provenant durevètissement de ces niches; or ces pierres ne peuvent être que les pilastres,indispensables pour la solidité, puisqu’ils devaient soutenir le sommier, etque l’un d’eux, privé de ce point d’appui, a glissé et fait la bascule en avantde toute la hauteur d’une assise.
L’auteur s’est donc trouvé d’autant plus fondé à rétablir cet ajustementdans sa décoration, que de pareils pilastres forment intérieurement lechambranle de la croisée qui éclaire le corridor ou la petite galerie latéraleau-dessus de la porte qui y donne entrée par la façade extérieure. ( Voyezplanche XXXII. )
Ces observations seront des preuves évidentes pour tous ceux qui ontle plus petit usage dans l’examen des monuments; elles les convaincrontencore plus de la nécessité absolue de ne négliger aucune recherche, etde n’oublier aucun detail dans les dessins d’antiquités ; car ce qui peutparaître inutile au peintre ou à l’homme de lettres est souvent du plusgrand intérêt pour le constructeur ou pour l’antiquaire.
Il ne faut pas d’ailleurs une attention bien suivie pour appercevoir dansles vues fideles de ce monument, planches XXV, XLIV, XLV, etc. déjà citées,combien il a été dégradé et mutilé, puisque la plupart des grandes colonnesy ont été enlevées : elles étaient dun seul bloc, ainsi que les pilastres et lesplafonds, dont les deux grands seulement restent en place, et le troisièmefait partie des fragments répandus dans la salle. Ces fragments sont extraitsde différentes fouilles, et particulièrement des Bains très riches et trèsconsidérables qui en étaient voisins, et avec lesquels je ne doute point que