CHAPITRE QUATRIEME.
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tympan l’image de la royauté, que la Révolution victorieuse avait fait disparaître, par les figuresen plâtre de la Liberté et de l’Egalité ; mais il ne reste aucun dessin de cette œuvre qui, dit-on,n’avait pas un grand mérite, et nous ignorons l’époque précise où elle disparut à son tour.
vestibule voûté du rez-de-chaussée, les
à rHôtel-de-Ville, où elles sont
restées depuis, dans le grand
de Louis XIV , et qui étaient l’œuvre des deux frères Guillaume et Nicolas Coustou (2), neveuxdu célèbre Antoine Coysevox ( j ).
marbre une statue colossale, pour la douane de Marseille ; en 1812, un modèle en plâtre de la statue colossale du général Cervoni, pour lepont de la Concorde, à Paris ; enfin, il exécuta, pour l’arc de triomphe du Carrousel , la statue, justement estimée, du Carabinier.
Chinard a laissé beaucoup d’ouvrages en terre cuite, notamment des médaillons ; il n’est pas douteux qu’avec les heureuses qualités d’imaginationet de goût qui le caractérisaient, il eût produit, k une époque moins agitée, des oeuvres plus remarquables. Quoi qu'il en soit, il en a laisséassez pour qu’il puisse prendre place parmi les sculpteurs les plus distingués de Lyon . — ( Biographie universelle, tome VIII, page 1 f7, et autresdocuments.)
(1) Martin van den Bogaert , ou Bogaerts est né à Breda (Hollande), en 1640. Venu jeune à Paris , il traduisit et francisa son nom en celui deDesjardins ; telle est l’orthographe qui est du moins admise communément; cependant on connaît de cet artiste deux signatures, dont l’une,
donnée le 10 octobre 1671, lorsqu’il tint sur les fonds de baptême, à Saint-Germain-l’Auxerrois, une fille de François Girardon , est sous cetteforme : Martin de Jardins; dans l’autre, en date du 7 septembre 1687, à l’occasion du baptême de Marie-Anne, fille du sculpteur Simon Hurtrelle,il écrit : Des Jardins. Le registre de Saint-Germain-l’Auxerrois le fait mourir le 2 mai 1694, « à l’âge de cinquante-cinq ans. » Son corps futinhumé dans cette église, et son cœur transporté dans le caveau du chœur de celle de Saint-Laurent.
Desjardins avait un grand talent de sculpteur; il fut surtout célèbre par des monuments en bronze importants, tels que la statue de Louis XIV ,placée sur la place de Bellecour, à Lyon , et celle du même roi, qui décorait la place des Victoires , à Paris ; toutes deux ont disparu pendant
la période révolutionnaire, et leurs débris ont servi à faire des canons.
Martin Desjardins eut un fils, Jacques Desjardins, qui était sculpteur comme lui, mais qui paraît avoir peu produit, et un neveu, nommé
aussi Jacques Desjardins , qui était contrôleur des bâtiments du roi de Marly. — ( Dictionnaire de Biographie et d’Histoire, Biographieuniverselle, etc.)
(2) Nicolas et Guillaume Coustou sont nés à Lyon , tous les deux, de François Coustou, habile menuisier-sculpteur, et de Claudine Coysevox,
sa femme, sœur du célèbre sculpteur de ce nom; le premier en i6f8, et le second vingt ans après, en 1678. Nicolas, après avoir pris, chez
son père, les premières notions de son art, vint à Paris , à l’âge de dix-huit ans, recevoir les leçons de Coysevox , son oncle. Ayant remporté legrand prix de l’Académie , à l’âge de vingt-trois ans, il se rendit à Rome , avec une pension du roi. En 1693 il fut reçu de 1 Académie et mourut en17;), à l’âge de soixante-quinze ans. Le second fut aussi élève de Coysevox ; comme son frère, il partit pour Rome avec une pension du roi;
mais des tracasseries l’empêchèrent d’en jouir, et il fut obligé, pour vivre, de se livrer, dans cette capitale, a des travaux lucratifs. De retour aParis , il entra à l’Académie , et mourut le 22 février 1746.
Les deux Coustou ont eu l’existence la plus laborieuse et on leur doit de nombreux travaux ; Guillaume , le plus jeune, fut peut-être le plushabile, mais tous deux eurent un remarquable talent et ils sont des premiers dans cette pléiade d’artistes qui entourait Louis XIV .
Il serait trop long d’énumérer leurs œuvres; pour le premier, les principales sont un groupe représentant la jonction de la Seine et de laMarne , destiné aux jardins de Marly, d’autres groupes de retours de chasse, aujourd’hui aux Tuileries , ainsi que le précédent, des tritons pourla cascade rustique de Versailles , une descente de croix placée au fond du chœur de Notre-Dame , la figure en bronze de la Saône , placée aupiédestal de la statue de Louis XIV , à Lyon . Pour le second : les figures de Daphné et d’Hyppomène, pour les jardins de Marly, deux groupesformés chacun d’un cavalier arrêtant un cheval, placés aujourd hui à 1 entrée des Champs-Elysées , un Bacchus pour le jardin de Versailles, unbas-relief dans la chapelle de ce palais ; il acheva le bas-relief du passage du Rhin, commencé par son frère, fit celui qui décore la porte desInvalides et beaucoup d’autres travaux importants. Le bronze représentant le Rhône , qui ornait un des cotés du piédestal de la statue de Louis XIV,à Lyon , et qui faisait pendant à celui de la Saône , par son frère, se trouve aujourd'hui, avec ce dernier, dans le grand vestibule de l’Hôtel-de-Ville.
Guillaume Coustou eut plusieurs enfants, parmi lesquels un fils, Guillaume II , sculpteur, né en 1716, reçu à l’Académie le 28 juillet 1742, et mort lejuillet 1777, et un autre fils, Pierre-Charles Coustou, inspecteur des’bâtiments du roi et architecte. Ce dernier eut un fils, Guillaume-Nicolas, quicontinua la carrière de son père, et fut chevalier de l’ordre du Roi. — ( Biographie universelle ancienne et moderne .)
(j) Antoine Coysevox naquit à Lyon en 1640, d’une famille qui était d’origine espagnole; il est mort k Paris le 10 octobre 1720, âgé de plusde 80 ans, ayant produit, dans cette longue carrière, un si grand nombre d’ouvrages, que leur énumération donnerait à cette notice une longueurqu elle ne doit pas comporter. Une de ses premières productions fut une statue de la Sainte-Vierge , qui se trouve aujourd’hui dans l’église deSaint-Nizier, à Lyon , et qu il exécuta, dit-on, à dix-sept ans. Bientôt après, il se rendit à Paris , et sé mit plus particulièrement sous la directiondu sculpteur Lerambert , ami de Lebrun et de Lenôtre. A vingt-sept ans, il fut appelé en Alsace , et chargé par le prince évêque de Strasbourg ,