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Le parti modéré l’avait emporté à Lyon sur les Montagnards ou Jacobins, tandis qu’à Paris cesderniers avaient triomphé ; Lyon fut donc bientôt mis à l’index auprès du Gouvernement ; onle représenta comme entaché de sentiments aristocratiques et même de royalisme, et des Commissairesenvoyés par la Convention pour connaître l’état des esprits ne firent qu’envenimer la situation pardes rapports empreints d’exagération. La tête de Chalier était tombée avec celles de quelquesclubistes, après la chute du parti qu’ils personnifiaient, le mouvement Girondin s’était affermi deplus en plus dans la ville, tandis que les Jacobins dominaient, au contraire, à la Convention ; celle-civoulut imposer à Lyon une soumission déshonorante que cette dernière dut refuser. Le siège de la villefut entrepris par les armées révolutionnaires ; il fournit à la population l’occasion de montrer toutce que peuvent valoir des citoyens qui combattent pour leurs droits et pour la justice, en leurdonnant la force de soutenir une lutte disproportionnée, du 8 août au 9 octobre 1793, avec8 ou 10,000 hommes, sans habitude des armes, contre une armée de 60,000 hommes, parmilesquels se trouvaient des soldats aguerris. Mais le siège, conduit à la fin avec la plus impitoyableénergie, fit un mal affreux à la ville : des quartiers entiers furent incendiés et détruits par lebombardement, les édifices publics souffrirent tous; l’Hôtel-de-Ville ne fut pas épargné et lesdévastations qu’il reçut sont restées apparentes jusqu’au moment de la dernière restauration qui enfut entreprise.
Après le siège, la Convention, folle de vengeance contre les Lyonnais qui avaient tenu en échecpendant soixante jours les armées républicaines, voulut détruire leur ville, et elle rendit ce fameuxdécret : « Lyon nest plus, » qui atteste le paroxysme d’une rage heureusement impuissante. La réactionjacobine ensanglanta la cité ; décimées par la hache du bourreau ou par les fusillades en masse, peude familles furent épargnées, et jusqu’à la chute de Robespierre , les ruines s’ajoutèrent aux ruines,et les dégâts matériels aux édifices publics furent les conséquences les moins graves de la victoiredu parti montagnard.
Toute compression violente entraîne sa réaction, et celle-ci, après le 9 thermidor, fut à Lyon accompagnée des mêmes excès qui avaient été reprochés aux Jacobins; en résumé, l’ordre ne serétablit que lentement dans cette ville où les hommes les plus considérables avaient disparu, où lesintérêts avaient été si violemment comprimés, où la notion du bien et du mal, la consciencepublique enfin, avaient perdu leurs appuis normaux et leur foi dans les destinées du pays.
Le monument municipal par excellence, l’Hôtel-de-Ville, avait été associé plus que d’autres àtoutes les destinées de la cité; privé d’une partie des œuvres d’art qui le décoraient, pillé etpollué par les mains de la populace, criblé par les projectiles de la guerre des rues, écraséenfin par les bombes du siège, il avait survécu néanmoins ; mais, nous l’avons vu encore ainsi dansnotre jeunesse, quels n’étaient pas l’abandon et la ruine dans lesquels il était tombé?
Un événement funeste vint lui porter le dernier coup; le 14 juillet 180^, un nouvel incendieéclata dans la grande salle, et cette fois encore, comme en 1674, le monument faillit périr enentier.
François de Furstemberg, de travaux importants en son palais de Saverne . Coysevox y resta quatre ans, puis il revint à Paris , qu'il n’a plus quitté depuis,pour exécuter, sous Colbert et ses successeurs, les ouvrages les plus considérables et les plus variés dans les palais et jardins de Marly et de Versailles etdans plusieurs églises de Paris . Reçu à l’Académie en 1676, il y fut d'abord professeur, puis successivement recteur, directeur et enfin chancelierperpétuel. Aussi recommandable par ses qualités morales que par son talent tout à fait supérieur, cet artiste a laissé la mémoire la plus respectéeparmi ses contemporains, et malgré la perte d’un assez grand nombre de ses œuvres au milieu de la tourmente révolutionnaire, nous pouvons apprécierce qu’il valait, et le considérer comme un des premiers sculpteurs du siècle de Louis XIV . — (Biographie universelle, etc. — Recherches historiqueset statistiques du département du Rhône , 182^.