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mais elles étaient tellement divisées , et si bien dirigées, qu’il était impos-sible qu’il y eût jamais engorgement, ni qu’elles pussent jamais inonderles galeries et les passages, encore moins nuire à la solidité des maçon-neries et à la conservation du monument. Voyons maintenant commentles Romains, ces grands maîtres dans l’art de construire, se débarras-saient des eaux des galeries et des vomitoires supérieurs. L’inconvénientque nous avons signalé pour les eaux qui pénétraient dans les passages etles galeries, par les ouvertures des trente-deux vomitoires de la premièreet de la seconde précinction, se renouvelait à tous les étages supérieursauxquels correspondaient les issues des autres vomitoires. L’architectedut donc apporter les mêmes soins pour s’en débarrasser promptement.D’abord, la galerie d’entresol du premier étage pouvait être facilementinondée par les ouvertures des trente-deux vomitoires supérieurs de laseconde précinction, auxquels cette galerie d’entresol était uniquementdestinée. Mais la première marche de l’escalier de chaque vomiioire étaitlégèrement creusée sur son giron, et percée dans le milieu d’un trouvertical de 3 centimètres de diamètre (PL XI,fig. 3 * PL XIII ,jîg. 2 ^ etPL XlP'jJig’ i)* Au-dessous de cette marche et de l’ouverture dont nousvenons de parler, on trouve une pierre de taille, en forme de cuvette,carrée, creusée de 12 centimètres sur 3o de longueur et 20 de largeur.A la suite de la cuvette, est une gargouille de 10 centimètres de largeur,fermée à son extrémité et percée d’un trou perpendiculaire. Le pavé dela galerie d’entresol, qui existe partout en moellons smillés, se trouveformé, vis-à-vis chaque vomitoire, par une pierre de taille dont le dessusest en tout semblable au giron de la première marche de l’escalier duvomitoire j elle est légèrement creusée sur toute sa longueur et sa largeur,et percée d’un trou qui correspond perpendiculairement sur le milieu dela gargouille inférieure, à la suite de la cuvette carrée dont nous venonsde parler. Le trou perpendiculaire ouvert à l’extrémité inférieure decette gouttière, correspond à une petite ouverture ménagée au traversde la voûte rampante qui porte le palier incliné et la seconde révolutiondu grand escalier du rez-de-chaussée. Les eaux qui tombent dans lespassages de ces vomitoires, parvenues sur la première marche au-dessusdu pavé de la galerie d’entresol, sont reçues dans le trou perpendicu-laire dont cette première marche est percée , tombent dans la cuvetteplacée au-dessous, suivent la gargouille à l’extrémité de laquelle ellestombent dans les chambres qui existent sous les grands escaliers, où ellesétaient promptement absorbées. Si l’abondance de ces eaux était telleque le trou de la première marche ne pût les recevoir, l’excédant tom-bait en nappes sur la pierre placée au-dessous et au niveau du pavéde la galerie, où elles étaient forcées de suivre la même route que lesautres, pour se rendre sous la même voûte. Avec un pareil moyen , il