64 MONUMENTS antiques.
être indistinctement employée avec moins d’inconvéniens. Il est cepen-dant plus sûr de la placer sur son lit de carrière, qu’on ne reconnaîtqu’avec beaucoup d’attention. Les pierres de cette carrière, employéespar les Romains, n’ont pas souffert la moindre altération.
Les pierres du pont du Gard sont d’un grès grossier, mais d’une assezbonne qualité sous le rapport de leur résistance à l’inclémence des saisons.Comme elles sont cependant très poreuses, et par conséquent soumises àla pénétration des eaux et aux dégradations qui en sont les suites, lesRomains ont eu soin de ne les employer que dans les constructionsintérieures. Cette pierre pèse seulement i, 881 kilogrammes le mètrecube.
Les difficultés qui naissent de la projection biaise de rétablissement detoutes les constructions extérieures et intérieures, ont été vaincues avecle plus grand succès. Les voûtes rampantes de tous les étages sont exé-cutées avec une étonnante précision, ainsi que celles des galeries ; maison ne retrouve pas la même attention dans les appareils des portiques enpierre de taille qui sont biais et circulaires sur le plan et leur élévation.Nous sommes portés à croire que les Romains, qui ne possédaient pasparfaitement l’art du trait, avaient soin de poser les pierres de tailleavec précision sur les têtes et les joints seulement, en leur laissant unpeu de saillie sur tous les paremens qu’ils retaillaient ensuite sur place,suivant les diverses courbes où projections des portiques, voûtes, arcsdoubleaux de l’Amphithéâtre. Ici le mérite de l’appareil est d’autantplus grand, que Vépure de chaque portique et de chaque passage setrouve différente, à raison de la division proportionnelle de toutes lesparties du monument, sur l’ellipse extérieure et intérieure.
Le plan général et les coupes nombreuses que l’on trouve dans notreouvrage, feront connaître le genre de construction de chaque partie del’Amphithéâtre. Nous avons eu soin d’indiquer sur toutes les planches,les différens genres d’appareil et de construction adoptés par les Ro-mains , de manière à n’avoir pas besoin d’entrer ici dans d’autres détailsrelatifs aux divers emplois de la pierre de taille, des moellons smilléspour les paremens, ou des moellons de remplissage pour l’intérieur desmassifs.
Toutes lès pierres de taille sont posées sans ciment, et leurs lits sonttaillés avec une précision qu’on ne peut atteindre qu’avec peine. Un troupratiqué au centre de gravité de chaque pierre, fait connaître qu’ellesétaient posées avec une louvette j et nous présumons, par l’exacte inter-position de toutes les pierres l’une sur l’autre, que la pierre supérieureétait d’abord présentée sur le lit inférieur où l’on avait jeté un peu d’eau-,que l’assise supérieure suspendue par la louvette , et infiniment rappro-chée de celle sur laquelle elle devait être posée, était promenée avec un