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parement est grossièrement taillé, et les lits et les joints sont démaigris,afin que les pierres puissent plus facilement et immédiatement se rap-procher à l’extérieur. Ce rapprochement est tel que l’on a peine à le con-cevoir et à croire à la possibilité de la taille de chacune de ces pierres. Lesarêtes de ces murs, exécutées en moellons smillés, sont aussi vives que sielles étaient en pierres de taille. La même précision se fait remarquerdans toutes les voûtes rampantes qui sont exécutées en moellons 5 on ytrouve même un mérite de plus dans la taille des voussoirs, qui ont l\.oet 5o centimètres de hauteur de clavade, et qui, sans avoir plus de 1 5 ou16 centimètres de largeur de douelle, sont cependant taillés sur tous leursjoints avec une exactitude relative à leur projection conique et ram-pante.
Tous les moellons smillés étaient posés sur une couche d’un ciment trèsfin, et dont il restait peu de traces à l’extérieur, à raison du rappro-chement extraordinaire des lits et des joints. Le massif des maçonneriesde remplissage était formé par des moellons de toute forme, noyés auhasard dans un ciment grossier , mais aussi dur que la pierre même. Ceciment était composé, d’après l’analyse la plus exacte, de parties égalesde chaux vive, de sable fort et graveleux, et de fragmens de briqueset tuiles brisées. La présence seule de ces trois différentes matières sefait apercevoir dans ce ciment, dont la conservation est encore parfaiteaprès dix-sept siècles.
Les scellemens de tous les fers employés dans ce monument sont enplomb : nous nous en sommes convaincus dans mille endroits où lesRomains ont placé des crampons, pour la plus grande solidité de toutesleurs constructions, et particulièrement dans la pose des belles dalles durevêtement du podium.
TROISIÈME SECTION.
destination donnée par LES ROMAINS A L’AMPHITHÉATRE
DE NIMES.
En discutant les diverses opinions des auteurs qui nous ont précédés,et en émettant nos propres idées sur les têtes de taureaux qu’on remarquedans les tympans des portiques des deux étages de l’Amphithéâtre ducôté du nord, nous avons eu occasion de prouver l’impossibilité de fairecombattre dans l’Arène d’autres animaux que les taureaux et les san-gliers. Nous ne reviendrons que légèrement sur cette opinion que nouscroyons avoir suffisamment démontrée, i°. par l’impossibilité de mettreles spectateurs à l’abri des atteintes des tigres et des lions avec un mur