AMPHITHÉÂTRE. 6 n
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d’enceinte qui n’a que 2 mètres 69 centimètres de hauteur au-dessusde l’Arène*, 2 0 . par la dépense extraordinaire de ces spectacles queles décurions et la colonie de Nîmes n’eussent pas été en état de sup-porter, si l’on avait voulu, comme à Rome , faire venir à grands fraisdes bêtes féroces de l’intérieur de l’Afrique *, 3°. par le choix des tau-reaux à mi-corps, sculptés sur la porte principale du nord*, 4°* parla facilité de.se procurer ces animaux dont la nature avait abondam-ment pourvu les environs de Nîmes , alors couverts de bois et demarais. Nous osons donc avancer, avec certitude, que des taureauxet des sangliers combattaient seuls dans l’Amphithéâtre . Le goût denos ancêtres pour ce genre de spectacle s’est conservé jusques à nousdans toute sa force*, car un combat de taureaux, dans la ville de Nîmes et dans toutes les communes environnantes du côté de la mer, est leplaisir dont le peuple se montre toujours le plus avide. On jouissait en-core, dans le cirque, du spectacle de tous les jeux gymniques connuschez les Romains. Les bas-reliefs conservés sur les appuis de la galeriedu premier étage, représentant deux gladiateurs combattant au poi-gnard et avec un bouclier, ne doivent nous laisser aucun doute à cet
Il nous reste à présent a examiner si des naumachies étaient exécutéesdans le cirque, pour ajouter aux plaisirs de la colonie. Aucun auteur n’apu, avant nous, avoir cette opinion, parce que les constructions inférieuresde l’Amphithéâtre étaient inconnues et ensevelies sous une hauteur consi-dérable de remblais, et sous une espèce de ville qui s’était successivementélevée sur les débris du monument. La distribution particulière du cirque,le niveau de l’Arène établi à 2 mètres 36 centimètres au-dessous des soclesdes portiques extérieurs ; le sol des galeries extérieures et intérieures durez-de-chaussée, ainsi que toutes les entrées des vomitoires de la pre-mière et de la seconde précinction, élevées de 2 mètres 36 centimètres,et de 2 mètres 22 centimètres au-dessus de l’Arène *, la découverte del’aquéduc du nord qui portait dans le cirque les eaux de la fontaine, etles vidait ensuite dans les fossés, en dehors des murailles antiques, quin’en étaient éloignées que de 29 mètres; le vide de 19 centimètres, laisséentre les dalles du revêtement du podium et le mur en moellons smillés,que l’on devait remplir avec de la terre glaise (PL XX^fig. 3) ; toutes cesdiverses dispositions, inutiles pour les spectacles ordinaires du cirque, de-viennent indispensables pour des joûtes sur l’eau. Ménard et Clérisseau n’en parlent point, parce qu’ils supposent l’Arène et le sol des galeriesdu rez - de - chaussée au même niveau : eet oubli devient excusable àraison de l’époque à laquelle ils écrivaient, bien antérieure au déblaigénéral de l’Amphithéâtre . Aujourd’hui, connaissant les diverses dispo-sitions du monument de la manière la plus absolue, on peut croire que