68 MONUMENS ANTIQUES.
des naumachies avaient lieu dans le cirque, et nous allons donner despreuves matérielles de cette opinion, en les puisant toujours dans lesdistributions et les constructions encore existantes du monument.
Le niveau du pavé des galeries extérieure et intérieure du rez-de-chaussée étant élevé de 2 mètres 3 6 centimètres, et de 2 mètres 22 centi-mètres au-dessus de l’Arène, il était bien facile d’y introduire une hau-teur de 2 mètres d’eau, sans inonder ces galeries qui distribuaient tousles escaliers montant dans les vomitoires des quatre précinctions. Deuxmètres de hauteur d’eau suffisaient, et au-delà, pour la marche et le mou-vement des galères, et pour mettre les combattans précipités dans l’eau,à l’abri de toute espèce de danger. Cette hauteur de 2 mètres était faci-lement portée dans le cirque par l’aquéduc du nord, à cause de la grandepente qu’on lui avait donnée. La sortie de cet aquéduc devait être ferméepar une vanne qui retenait les eaux et les forçait de regonfler et des’élever dans l’Arène, par quelques dalles de la couverture de l’aqué-duc circulaire, qu’on pouvait enlever. Les rainures laissées à des dis-tances assez rapprochées, au couronnement de l’assise sur laquelle repo-saient les dalles de la couverture, pouvaient, outre l’écoulement des eauxpluviales de l’Arène, dont nous avons déjà parlé, avoir pour objet defaciliter l’enlèvement des dalles auxquelles ces rainures correspondaient.L’eau, ainsi introduite, par regonflement, s’élevait sans violence, et necausait aucune dégradation sur la surface de l’Arène. Quand le spec-tacle était fini, on ouvrait la vanne, et toutes les eaux étaient promp-tement écoulées dans les fossés hors de l’enceinte des murailles , sansaucune dégradation importante, à raison de la diminution insensible defeau et de l’éloignement du mouvement occasionné par la vanne dedécharge.
L’Arène, remplie d’eau, offrait un espace assez considérable pourles divers mouvemens des petites galères, qui manoeuvraient à la rame ,et qui, en combattant les unes contre les autres, offraient le spectacleque présentent nos joutes modernes. Les galères partaient récipro-quement des portes opposées de l’est et de l’ouest, sur le grand axede l’ellipse. L’eau qui arrivait, par son propre niveau, dans les passagesde ces deux portes, dont la base était établie sur une pente uniformede la galerie extérieure à l’entrée de l’Arène, fournissait aux joûteursun moyen facile de s’embarquer. Cette disposition nous explique l’em-ploi des deux salles réservées de chaque côté de ces deux grands passagesavec lesquels elles avaient un portique de communication. Ces deuxgrandes salles pouvaient en effet servir de lieu de réunion aux com-battans des deux partis, pour disposer et concerter leurs moyens d’at-taque et de défense, et pour renfermer ensuite les galères après lecombat.