AMPHITHÉÂTRE. 69
Les portes du nord et du sud qui communiquent dans l’Arène , étaientbien exactement fermées pendant le temps que le cirque était inondé ,afin de ne pas submerger l’unique passage des deux loges d’honneurétablies au-dessus sur le petit axe de l’ellipse. On voit encore des cocheset des rainures dans les jambages de ces portes où l’on devait faire entrerdes pièces de bois transversales pour les fortifier contre le poids de lamasse d’eau contenue dans l’Arène.
Cette hauteur d’eau de 2 mètres pouvait, malgré l’exacte précisiondes joints des grandes dalles du podium, filtrer à travers ces joints, etnuire à la solidité et à la conservation du mur en maçonnerie qui se trou-vait derrière. Les Romains, qui avaient tout prévu, avaient laissé entre lederrière de ces dalles et le revêtement du mur, un vide de 19 centimètresqu’ils remplirent de terre glaise (P/. XX, fig. 3 ). L’interposition decette couche arrêtait toutes les filtrations qui auraient pu avoir lieu, etles empêchait d’atteindre le corps des maçonneries.
Ce sont toutes ces observations réunies, qui nous font présumer quel’Amphithéâtre offrait aussi le spectacle des Naumachies, parce que toutesles dispositions que nous venons de faire remarquer, sont exclusivementrelatives à ce genre de spectacle, et ne peuvent avoir de motif raison-nable dans leur construction, si l’on rejette notre opinion. Il est àregretter que dans les bas-reliefs sculptés sur les appuis des portiques dela galerie du premier étage, les deux seuls qui ont été conservés repré-sentent des combats de gladiateurs : si un plus grand nombre de ces bas-reliefs eût pu échapper aux outrages du temps, ou au vandalisme dessiècles d’ignorance et de barbarie qui ont suivi la chute de l’empireromain, peut-être en verrions-nous quelqu’un de relatif aux combatssur l’eau-, à défaut de ces preuves, nous n en pouvons offrir de meilleureque les probabilités que nous venons d’établir.
QUATRIÈME SECTION,
disposition et manoeuvre de là tenté.
Nous ne doutons point que la surface entière de l’Amphithéâtre ne fûtrecouverte par une tente, pour mettre tous les spectateurs à l’abri desrayons du soleil, sous un climat aussi brûlant que le nôtre, et pour unspectacle qui ne pouvait avoir lieu que dans la belle saison, aux heuresde la plus forte chaleur, Tous les anciens qui ont parlé des spectacles ducirque font mention de cette tente qu’ils appelaient velaria ou vêla .Martial, dans une de ses épigrammes, annonce à ses amis : ce qu’il ira ce
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