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XIII.
LEIBNIZ A II U Y G E N S.
A Ilanover ce j 5 ^ d'Octubre lüSO.
JYL, Pendant que je vous préparé une lettre assés ample , tantpour m’acquitter de mon devoir, et pour vous remercier de l’hon-neur que vous m’avés fait en m’envoyant vostre excellent ouvrage,que pour profiter de vos instructions sur plusieurs points, que vous -avés touchés; voicy une troisième lettre, qui m’arrive aujourdhuy,et qui me fait prendre la plume d’abord pour satisfaire par avanceà une partie de ce que je dois, et pour vous dire, qu’il y a environdeux semaines, que le pacquet adressé per M. van der Ileck s’esttrouvé, et m’a esté rendu enfin. Ceux qui l’avoient receu en monabsence, ne s’en estant pas souvenus à mon retour, que lorsque jel’ay fait demander.
Je conçois fort aisément, Monsieur, que vous avés une methode équi-valente à celle de mon calcul des différences. Car ce que j’appelledx ou A y, vous le pouvés designer par quelque autre lettre, ainsirien ne vous empeche d’exprimer les choses à vostre maniéré.Cependant je m’imagine qu’il y a certaines vues qui ne viennentpas aussi aisément que par mon expression, et c’est à peu prèscomme si, au lieu des racines et puissances, on vouloit toujourssubstituer des lettres, et au lieu de x a ou x 3 prendre m ou n , aprèsavoir déclaré que ce doivent estre les puissances de la grandeur x.Jugez Mr., combien cela embarasseroit. Il en est de meme de dxou de ddx, et les différences ne sont pas moins des affections desgrandeurs indéterminées dans leur lieux, que les puissances sontdes affections d’une grandeur prise à part. Il me semble donc qu’ilest plus naturel de les designer ensorte qu’elles fassent connoistre