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METEOROLOGIE ET PHYSIQUE DU GLOBE.
Aix-la-Chapelle ( Prusse ). 61 °,66
Borset ( Prusse |. 70°.00
Carlsbad j Bohème |. 73”,81)
La Triocbeni ( Amérique ). 90°,<3
Geyst-r, au fond ( Islande }. <24°,00
Température des lacs. — Par ses expérien-
ces sur la température des lacs de la Suisse ,de Saussure avait été conduit à conclure quela température de la surface variait en raisonde celle de l’air et de celle des affluents ; maisqu’au fond, lorsque la profondeur dépassait60 à 70 mètres, elle oscillait entre 4° et 5°,c’est-à-dire autour de la température à laquellel'eau atteint son maximum de densité. DeSaussure se servait d’un thermomètre en-touré de corps mauvais conducteurs et nond’un instrument à index mobiles non garantide la pression, et ses résultats sont à l’abri detoute critique. Des expériences semblables,faites avec un thermomètre entouré de corpsmauvais conducteurs, pendant l’été de 1841,sur le lac de Brienz , m’ont donné pour latempérature du fond du lac, à des profondeursvariant entre 455 et 203 mètres, une tempéra-ture constante de 5°.0i. Les extrêmes ont été5°,44 et 4°,97. On peut donc admettre cettetempérature comme constante, puisque leslimites extrêmes de ses variations sont com-prises entre deux dixièmes de degré. Cesrésultats se rapprochent singulièrement deceux obtenus par M. de la Bêche : sur lelacdeThun.il a trouvé, à partir de 80 mè-tres de profondeur, 5°,27; et sur celui de Zug,5°,00 à partir de 40 mètres.
Température de la mer. — A la surface latempérature de la mer varie avec les saisons;elle-même est complètement difrérenie de euque l’on pourrait croire en examinant lacourbure des lignes isothermes, à cause descourants qui la sillonnent. Il y a plus, le maxi-mum de densité de l’eau salée étant au-dessousde son point de congélation, oa trouve deslois entièrement differentes de celles qu’on aconstatées dans les lacs. Ainsi, dans le voisi-nage des glaciers de Magdalena-Bay, au spitz»berg, J'ai trouvé par 65 et 435 mètres que latempérature de la couche d’eau la plus pro-fonde variait entre — 4°,66 et — 4°.94. Les in-struments ont été corrigés des effets de lapression.
üoe table donnée (col. 45*8) au supplémentrenferme les températures observées dansl’océan Atlantique et dans la mer Glacialependant les campagnes de la Vénus et de laRecherche ; elle donnera une idée du décrois-sement de la température avec la latitude etavec la profondeur, près de l’équateur et prèsdu pôle. Les observations faites entre 45° I. S.et 4° I. N. appartiennent à la Vénus , lesautres à la Recherche. On pO'Sède peu d’ob-servations des latitudes intermédiaires, et ellesdoivent être accueillies avec une extrême re-serve , parce que les instruments employésn’étaient pas toujours garantis contre la pres-sion de la colonne liquide qui fausse tous lesrésultats. Des erreurs de ce genre entachentles températures obtenues par des navigateurscélèbres, dans les mers du nord.
Sur la Vénus on s’est servi de tbermométro-graphes placés dans un tube de cuivre. Sur laRecherche on a fait usage des thermomètresàmmimade M.Wairerdm (col. 410), enfermésdans un tube de verre scellé à ses deux extré-mités à la lampe à alcool.
DECROISSEMENT DE LA TEMPÉRATURE AVEC LA«vtrt:CR.— En général, à mesure qu’on s’élève
sur une montagne ou dans un aérostat, latempérature baisse. Ce décroissement varie àchaque heure du jour et dans chaque saison.
M résulte des observations faites par deSaussure sur le col du Géant, à 3430 mètres au-dessus du niveau de la mer, et de celles deM. Kaemtz sur le Itigi.que ce décroissementest plus rapide le jour que la nuit ; c’est ver65 heures de l’après-niidi qu’il atteint sonmaximum, et c’est au lever du soleil qu’il estle plus lent. On a observé de même qu'il étaitmoins rapide eo hiver qu’en été. Aussi entreGenève et le Saint-Bernard, pour avoir un dé-croissement d’un degré, il faut s’élever :
Au printemps, de 470 m .
En été, de 485
En automne, de 210
En hiver, de 232
Il résulte de ce décroissement inégal dansles diverses saisons, que la différence de tem-pérature entre l’été et l’hiver va toujours endiminuant à mesure qu’on s'élève daus l'at-mosphère.
M. Arago avait soupçonné qu'en hiver latempérature devait souvent être croissanteavec la hauteur. Dans les régions septentrio-nales, MM. Bravais et Lolhn ont trouvé, àBosecop sous le 7u° de latitude, que par untemps calme et à des hauteurs de 450 m., cetaerroissement pouvait aller Jusqu'à 6°.
M. Fournet a réuni récemment un grandnombre d'observations semblables.
Sur le Ventom en Provence , j'ai trouvé ledécroissement égal à 420 m. en été, 488 enhiver, 444 en moyenne. Dans nos climats onpeut admettre eu moyenne le nombre 400pour 4°.
La largeur des massifs des montagnes, larapidité de leurs pentes exercent aussi unegrande influence sur la rapidité du décroisse-ment. Il est plus lent sur les plateaux succes-sifs qui s'élèvent en étage que le long desflancs escarpés d'un pic isolé. Ainsi , lesADdc8ji)6qu'à la hauteur où elles sont habi-tées forment des plateaux immenses , et de-puis la mer jusqu'au village de Calpi le dé-croissement est de 4° pour 258 mètres, maisdepuis ce point il est de 4° pour 460 mètresle loue des flancs escarpés du Cbimboraço.Celte Toi se confirme au Mexique et dans('Himalaya . De toutes ses observations entreles tropiques , M. de Humboidt conclutun décroissement moyen de 4° pour 468 mè-tres.
On remarque aussi que plus on s’élève, pinsles différences de température observées dansun temps donné deviennent petites et plus leclimat se rapproche des climats marins.Toute-fois il faudrait s'élever à une hauteur plusgrande que celles des plus hautes montagnes
f 'our trouver une température uniforme, cara neige fond quelquefois un peu sur les som-mets les plus élevés des Alpes .
Le décroissement de la température avec lahauteur s’explique par la moindre densité etla plus grande capacité pour le calorique del’air raréfié et le rayonnement plus actif de laterre et de l’air.
Limite des neiges Eternelles. — Il est rarequ’il pleuve sur les hautes montagnes, mêmeen été. Les pluies des plaines y tombent àl’état de neige. Jusqu'à une certaine hauteur,cette neige est fondue par les chaleurs de l'été,mais, passé cette hauteur, la neige ne fondplus.
On donne le nom de ligne des neiges éter-nelles à la limite inférieure de ces champscontinus de neiges.