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MÉTÉOROLOGIE ET IT1VSIQUE I)U GLOBE. 580
n'y voit qu’un effet de nuage fortement élec-trisé ; quoi qu’H en soit, elles produisent leseffets les plus désastreux. La trombe qui ra-vagea le village de ctiatenay, prés Paris , enjuin 1839, renversa des murs , fendit et déra-cina des arbres et tua les poissons d’un vi-vier.
Le docteur Morcer en vit une dans le portde Saint-Jean d’Antigoa, qui enleva une pe-tite maison et la transporta à 13 mètres dedistance.
En Sibérie , une trombe enleva toute latoile mouillée qui était à blanchir sur un pré,la tordit, la mêla , puis la roula autour d'unpieu, et enleva cette masse, dont le poids étaitde250 kilogrammes, à 13 mètres de hauteur,et la lança à <50 pas de distance. U fallut plu-sieurs heures pour démêler cette masse sem-blable à uu immense écheveau de ti) em-brouillé.
Phénomènes optiques de l'atmo-sphère.
Transparence df. l’air. — Quoique l’airsoit uu des milieui les plus transparents quinous soient connus, il absorbe une paruedes rayons luraiueux qui le traversent. Ainsi,lorsque la Lune et le Soleil passent au mé-ridien, leur lumière est éblouissaute, tandisqu'on peut fixer même le Soleil quand il està l’horizon ; cela tient uniquement à ce que,dans le second cas, la lumière traverse uneplus grande épaisseur d'atmosphère que dansle premier.
La transparence de l'air varie beaucoup,suivant une foule de circonstances: elle estsingulièrement accrue lorsque, l'atmosphèreest chargée de vapeur aqueuse. Quand l'airoccupe un graud volume, il réfléchit surtoutle rayon bleu, comme un verre coloré enbleu : de là la couleur azurée du ciel. Ainsi,quand en hiver le soleil est à l'horizon, lesrayons bleus du spectre sont tous réfléchisavant que la lumière u’arrive jusqu’à nous,et l'astre nous parait rouge. Hassenfratz aconstaté, par des expériences positives, quele spectre solaire (col. 4ü2|, formé par uuprisme, était d'autant moins large que lesoleil est plus bas.
Orepuscci.e. — Quand le soleil se couche, leciel se teint dans l'occident de couleurs rou-ges et jaunes; dans l'orient, on remarque uneteinte rougeâtre qui atteint son maximumlorsque le soleil descend sous l'horizon; lors-qu'il a disparu, on remarque dans l'est unsegment bleu foncé bordé d'une teinte rouge,qui monte peu à peu vers le zénith, tandisque dans l'occideut la teinie rouge est deplus en plus foncée. Quelques étoiles de-viennent alors visibles, et l'on remarque àl'occident un segment de lueur blanchâtre,que Brandes a désigné sous le nom de lueurcrépusculaire. Celle-ci s'éleint à son lour etmême les étoiles de sixième grandeur devien-nent visibles : c'est la Ûn du crépuscule astro-nomique.
Dans les pays chauds, il n'y a pas de cré-puscule. En balmatie, il fait nuit une demi-heure après le coucher du soleil; au Chili,au bout d'un quart d'heure, et à l'équnteuraprès quelques minutes, suivant M. de Huns-boldt.
Le crépuscule dure au contraire très-long-temps dans les pays froids où la lumière estréfléchie parles particules aqueuses et gla-cées qui nagenl dans l’atmosphère. Chacunsait que, dans un même lieu, les apparences
de l'aurore et du crépuscule varient d’unesaison et môme d’un jour à l’autre.
Lorsqu’après le coucher du soleil, le cielest couvert d'une teinte pourprée , on peutprédire le beau temps pour le lendemain;c'est le contraire, lorsque la teinte est blan-châtre et jaunâtre , surtout lorsque cetteteinte est assez vive pour que le soleil pa-raisse blanchâtre.
Scintillation des ÉTOILES. Elle est beaucoupplus sensible dans les étoiles lixes que dansles planètes. On la remarque principalementquand elles s'inclinent vers l’horizon, et,suivant Kaemtz, lorsque des vents violentsrégnent dans les régions supérieures de l'at-mosphère.
Entre les tropiques, cette scintillation estpresque nulle; suivant llumboldtet La Con-dannne, elle parait due à ce que la densitédes couches atmosphériques varie à chaqueinstant, ce qui fait varier en même tempsla réfraction des rayons stellaires. Les chan-gements dans l'intensité et la couleur de cesrayons sont dus, comme M. Arago l’a prouve,à des phénomènes d'interférence (col. 405).
Mikaqe. —Quand l'air est calme, desobjetséloignés, examinés à travers un télescope,paraissent osciller ; s’ils sont petits, ils pa-raissent doubles, triples et même quadruples.Le même phénomène se produit dans lescouches échauffées par un terrain sablon-neux ; des arbres, des hommes paraissent seréfléchir dans une eau tranquille : telles sontles illusions du mirage qui tourmentent lesvoyageurs altérés dans les déserts brûlantsde l'Afrique .
Si la terre est plus froide que l’atmosphère,les objets paraissent élevés au-dessus de leurposition;c’est ainsi que Scoresby, M. Bravaiset d’autres ont observé que les côtes parais-sent souvent élevées dans le nord au-dessusde leur position. Les objets sont déformés etaccompagnés d’une image dont les propor-tions sont moindres; enfin l'image renverséedes navires, qui sont au-dessous de l'horizonapparent, se dessine sur le ciel avec uneexactitude scrupuleuse.
Des halos en général. — Lorsque la lumièreprovenant d'un astre quelconque est réfléchieperdes particules d'eau et de glace, il en ré-sulte des halos. Ceux-ci se distinguent sui-vant leur grandeur et leurs causes en cou-ronnes et en halos proprement dits. Lescouronnes se montrent lorsque des nuageslégers ou des brouillards passent devant lesoleil. Elles sont plus faciles à apercevoir au-tour de la lune qu'aulour du soleil, dont lalumière éblouit le plus souvent le spectateur.Oo ne peut observer ces dernières qu'a tra-vers un verre noirci à la fumée. Les plusbelles couronnes solaires se forment dans lesbrouillards qui s'élèvent pendant la nuit dufond des vallées, ou au milieu de cirrocumu-lus légers et mal circonscrits. Ces couronnesse composent de plusieurs cercles concentri-ques de couleurs différentes. On voit, à partirdu soleil, un premier cercle composé de bien,de blanc et de rouge; un second, de rougefoncé, bleu, vert, jaune pâle et rouge; untroisième, de bleu pâle et de rouge faible.
Lorsque le soleil est près de l'horizon et quel’ombre de l’observateur tombe sur de l’berbe,des champs de blé, une surface couverte derosée, un nuage ou un brouillard, on re-marque autour de l’ombre une lumière par-ticulière fort vive, surtout dans le voisinagede la tête. Ce phénomène est commun dansles mers polaires. Un observateur placé dans