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Un million de faits : aide-mémoire universel des sciences, des arts et des lettres / par J. Acard ... [et al.]
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PHYSIQUE.

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celle-ci en mouvement , on voit les pantinssauter contre le plateau supérieur et retom-ber alternativement en faisant des oscilla-tions répétées.

On dit qu'un corps conducteur est électrisépar influence lorsqu'il est soumis à l’actiond’un corps électrisé. Ce corp9 revient à sonétat primitif dès que l'influence cesse. L'è-tectrophore imagiué par Voila est un instru-ment très-simple et très-facile à construire,qui repose sur cette propriété. Il se composed'un gâteau de résine, coulé dans une boiteplate et circulaire et terminé par un plan;d’un disque de bois à rebords arrondis , re-couvert d'une feuille d'étain, dont le diamè-tre est inférieur de 4 à 5 centimètres à celuidu gâteau, et qui porte à sou centre un man-che isolant en verre. On bat toute la >urfacede la résine avec une peau de chat, ce qui ydéveloppe l'électricité résineuse; ou pose surcette surface le disque en le tenant par sonmanche isolant, et avec le doigt on soutirel'électricité résineuse qui s'y est dévelop-pée. Si on enlève alors de nouveau le disquepar son manche, on le trouve chargé d'élec-tricité vitrée, et on peut en tirer une étin-celle.

Tout appareil composé essentiellement dedeux lames conductrices séparées par unelame non conductrice, est ce que l'on appelleun condensateur. Si l'une des deux lamesest de plus en plus chargée d'électricité, l'au-tre s'électrise aussi par influence, mais l'élec-tricité de l'appareil est plus ou moins dissi-mulée. Pour récomposer le fluide neutre parla combinaison des deux électricités, il 6uflitde mettre les deux lames en communicationau moyen d'un excitateur.

La bouteille de Leyde ou jarre élec-trique est l'un des condensateurs les plussimples et les plus faciles à construire.C'est une simple bouteille ou jarre de verre,revêtue extérieurement sur une partie de sahauteur d'une feuille d'étain, et remplie in-térieurement de feuilles de clinquant aveclesquelles communique une tige métalliquefixée au goulot par un bouchon et terminéeà son autre extrémité par une boule ou bou-ton. Pour charger la bouteille, il faut tenirYarmature extérieure en communicationavec le sol, pendant que le bouton soutire lesétincelles fournies par la machine électri-que ou par l'électrophore. L'électricité dissi-mulée se recompose ensuite avec une ex-plosion plus ou moins forte, lorsque l'onvient à faire communiquer, par un corps con-ducteur, le bouton avec l'armature extérieure.

Les batteries électriques sont un assem-blage de bouteilles de Leyde dont toutes lesarmatures extérieures communiquent entreelles, parce qu’elles reposent sur une lame deplomb, et dont les boutoDS sont aussi tousréunis par des tiges métalliques transversales.L'explosion d'une balteriemédiocrement char-gée peut tuer des animaux de grande taille ; eten accumulant des quantités convenablesd'électricité, on fond et on volatilise les mé-taux, on brise les pierres, en un mot, onproduit les effets les plus surprenants.

L’analogie de ces eflets avec ceux de la fou-dre est manifeste. Aussi est-il bien constatéaujourd'hui, que la foudre n'est autre chosequ’une étincelle électrique d'une grande puis-sance (col. 376). De là, l'utilité des paraton-nerres , inventés par le célèbre Franklin. Lapointe métallique qui termine la tige soutirel'électricité en excès des nuages qui passentau-dessus et la transmet au réservoir com-mun à l’aide d’un bon conducteur, sans solu-

tion de continuité, plongeant assez avantdans le sol, soit au milieu d'un puits, soitdans une caisse remplie de braise de bou-langer.

Cn éieclrophore et une bouteille de Leyde ,appareils que tout le monde peut construireou se procurer à peu de frais, servent à unefoule d'expérieuces curieuses et faciles à ré-péter.

Ainsi, après avoir chargé la bouteille aumoyen de l’électrophore, on trace avec lebouton, puis avec l’armature de la bouteille,divers caractères sur le gâteau de résine. Sil'on saupoudre ensuite le gâteau avec un mé-lange de fleur de soufre et de minium (oxyderouge de plomb), on voit apparaître en jauneles caractères tracés par le bouton, et enrouge ceux qu'a tracés l'armature. C’est ce quel'on appelle l’expérience des jigures deLeichtenberg.

Le perce-carie offre encore un phénomènecurieux. Deux poiutes métalliques sont placéesdans une même verticale, mais séparées parune certaine lacune. Une carte est placéeaussi à peu près verticalement entre elles, detelle sorte que les deux poinies correspondentà des Taces différentes. Chaque pointe étantmise en communication avec une des facesde la bouteille, l'étincelle part et la carte estpercée d'un trou plus grand que celui d’uneépingle. Des deux côtés du trou on observe unpetit bourrelet et des filaments tirés endehors.

Avec ta bouteille de Leyde on peut encoreenflammer les liqueurs spiritueuses, et mêmedu coton roulé dans du lycopode et dans de larésine pulvérisée.

La pression, la chaleur et le clivage descristaux développent aussi de l'électricité danscertaines circonstances, (col. 449).

Il résulte des expériences remarquables deM. Wheatstone que l'électricité se transportesur un Ûl de laiton de 0 m , 002 de diamètreavec une vitesse d'environ 460 000 kilom. parseconde, c'est-à-dire une fois et demie plusconsidérable que celle de la lumière.

Electricité voltaïque ou galvanisme. « Letableau détaillé des grands résultats qui on*,été amenés par de très-petites causes ne seraitpas moins piquant peut-être, » dit M. Arago,« dans l’histoire des sciences que dans celle desnations... On peut prouver, en effet, que l’im-mortelle découverte de la pile 6e rattache dela manière la plus directe à un léger rhumedont une dame bolonaise fut attaquée en 1790,et au bouillon aux grenouilles que le médecinprescrivit comme remède. Quelques-uns deces animaux . déjà dépouillés par la cuisinièrede madame Galvani , gisaient sur une table,lorsque, par hasard, on déchargea au loin unemachine électrique. Les muscles, quoiqu'ilsn'eussent pas été frappés par l'étincelle, éprou-vèrent, au moment de sa sortie, de vives con-tractions. » Galvani , savant anatomiste, maispeu au fait de l'électricité , trouva ce phéno-mène très-surprenant. Il en fit le sujet d'ex-périences qu'il varia de mille maniérés, et ileut enfin l'occasion d'observer que les mem-bres d'une grenouille décapitée, même depuisplusieurs heures, éprouvent des contractionstrès-intenses, sans l'intervention d'aucuneélectricité étrangère, lorsque l'on interposeune lame métallique, ou, mieux encore, deuxlames de métaux dissemblables entre unmuscle et un nerf.

Galvani crut alors avoir trouvé le fluidevital et lui assigna une nature électrique.Mais l'illustre physicien Volta prouva que lecontact seul de deux métaux de nature diffé-