Principes généraux. Nomenclature.
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X. CHIMIE.
S 1. Principes fondamentaux.
Nature des actions chimiques. — La chimiea pour but l'examen des phénomènes qui serattachent a la constitution intime des corps,et surtout de ceux où cette constitution estaltérée d'une manière permanente de ma-*Dière à donner lieu à de nouveaux produits.
Lorsque l'on brise un morceau de bois àl’aide d'un maillet et d'un coin , quelquepetits que soient les fragments dans lepquelsle bois est divisé , ils sont toujours de lamême nature que le morceau dont ils pro-viennent; on li a donc exercé là qu'une ac-tion physique. Mais si ce bois est soumis àFaction du feu, il se desséche, s’échauffe ,s’enflamme, et brûle en donnant un dégage-ment de fumée et en laissant pour résidu dela cendre. Dans ce second cas, il y a alteialion des principes constiiuanls du bois , etpar conséquent action chimique.
On doit considérer tons les corps de la na-ture comme composés d’un certain nombred'éléments que i on sépare les uns des au-tres par des procédés qui constituent l'ana-lyse chimique; réciproquement, la recom-position d’un corps au moyen de ses princi pesconstituants est ce que l’on appelle sa syn-thèse.
Lorsqu’un des éléments qui entrent dans lacomposition des corps n'a pu être décomposéen d'autres principes , que toutes les actionschimiques auxquelles on l'a soumis n’ontabouti qu'à le combiner avec d’autres corps,sans qu’on en ait Jamais tiré d’élément d'uneautre nature, oq dit que cet élément est uncorps simple.
Les quatre prétendus éléments des anciens,l'eau, l'air, la terre et le feu n’existent pluspour la chimie moderne. L'eau est le résul-tat de la combinaison de deux gaz simples ,j oxygène et l 'hydrogène; l’air est un mé-ange d'oxygène et d'un autre gaz simple ,i nzote (col. 345| ; il y a autant de terres quede mélangés possibles de matières minéra-les, végétales et animales, et rien n’est plusvarié ni plus complexe que leur composition;enfin le feu n’est pas un corps , mais le ré-sultat d’un ébranlement moléculaire parti-culier delà matière, (col. /««!).)
Ou compte aujourd’hui 55 corps simples,ou que du moins on est convenu d'appelerainsi, dans l’état sctuel de la science. Rienne peut autoriser à penser aujourd’hui queI on parvienne jamais à les décomposer enéléments plus simples; cependant , commeleur nombre augmente tous les jours et qu’ilExiste un certain nombre de phénomènesa ou ressort la possibilité , pour ces corpseux-mêmes, de divers modes d’agrégation desmolécules, il est rationnel de croire que lenombre des véritables éléments est beau-coup plus restreint.
Quoi qu'il en soit, tous les corps connus dea nature peuvent être considérés commele résultat de la combinaison de deux ouo un plus grand nombre de ces corps sim-
Combinaisons chimiques.—I l est essentiel rdistinguer une combinaison d’un simpLorsque l’on vient è triturer eui* n î;i ,e de la limaille de cuivre et de la 1maille de fer, quelque parfaite que soit cet
Irituration, le résultat ne sera jamais qu'unmélange; mais si on fait fondre daus uncreuset, à une température convenable, unmélange de soufre et de fer, ce mélange setransforme en une véritable combinaisonqui n'est plus ni du fer ni du soufre ; c'estun sulfure de fer , corps composé dont lespropriétés et l'apparence different essen-tiellement de celles des corps dont il estformé.
On appelle affinité la force qui porte lescorps à se combiner les uns avec les autres.Elle diffère de la cohésion ou attraction mo-léculaire (col. 3851 qui a lieu au contact ou àde très-petites distances entre des substancesde même nature. L’afiiuité est modifiée parles proportions relatives des corps mis enprésence , par les combinaisons dans les-quelles iis peuvent être déjà engagés, par lacohésion elle-même, par l'état calorifique etélectrique des corps, par leurs densités, parla pre-sion è laquelle ils peuvent être sou-mis, etc.
En considérant le nombre des corps simples,il semble que de leurs combinaisons 2 à 2,3 à 3, dans des proportions variées à l'infini,devrait résulter un nombre illimité decorps composés ; mais il n'en est pas ainsi.C'est un fait fondamental que quand deuxcorps se combinent ensemble, leur combinai-son a toujours lieu dans des proportions par-faitement déterminées; et si les mêmes corpsdonnent lieu à plus d'une combinaison, à 2,à 3, à 4, à 5, par exemple, la quantité de l'und’eux restant la même, la proportion de l’autrecroît suivant une sérié rie rapports simples,tels que I, 2, 3, 4, 5; ou I, 1 1/2, 2, 2 1/2, 3,3 1/2, etc.
Prenons, pour exemple, les 5 combinaisonsque le gaz azote peut former avec le gaz oxy-gène. Un volume du premier combiné succes-sivement avec un demi, tin, un et demi, deux,deux et demi volumes du second, forme les 5composés connus sous le nom de protoxyded'azote, deutoxyde d’azote, acide hypo-azoteux,acide azoteux, acide azotique.
Il est très-rare, du reste, que deux corpspuissent se combiner en autant de propor*lions différentes.
Le nombre des composés binaires est doncdéjà incomparablement plus restreint qu'ilne semblerait devoir l'être au premier abord.Si l'on ajoute à cette considération les impos-sibilités résultant de la rareté de certainscorps simples et du peu d'afUnité mutuellequi existe entre beaucoup d’entre eux, aussibien que de la difficulté croissante d’obtenirdes composés contenant plus de 4 éléments,on arrivera è un nombre de combinaisonsque la science peut presque prévoir et em-brasser dans son état actuel.
Les substances végétales sont essentielle-ment composées d’oxygène, d’hydrogène etde carbone; les substances animales, outreces 3 principes, contiennent de l’azote. Lesproportions dans lesquelles ils se combinentpeuvent constamment être exprimées par desDombres entiers, mais qni ne sont plus aussisimples que dans les substances minérales.
On divise ordinairement la chimie eninorganique ou minérale et organique,comprenant l’étude des substances d'originevégétale et animale.