445 GEOGRAPHIE MATUEMA
La profondeur des mers varie beaucoup.Au milieu de l'océan Pacifique on n’a pastrouvé le fond, et il est probable qu'il est à4000 mètres au-dessous de la surface. On asondé par 2000 à 3000 mètres. 1000 à 1500mètres sont une profondeur irès-ordinaire enpleine mer.
La couleur de la mer varie beaucoup; elleest vert-bouteille dans l'Atlantique qui baigneles côtes de France, de Ilollaude et d’Alle-magne ; bleue dans la Méditerranée, et dans leshautes latitudes, surtout quand elle est calme.Dans le golfe de Guinée la merest blanche; ver-meille dans celui de Californie , et noire auxattérages des Maldives. La mer Noire méritebien son nom sur une partie des côtes de laRussie méridionale.
Quand la uier est phosphorescente, sa sur-face tout eutière paraît être en feu. Le plussouvent les parties agitées seules, telles quele sommet des vagues, le sillage des navires,l'eau frappée par les avirons, semblent un li-quide enflammé. Ce phénomène se montrecommunément dans les mers de6 pays chauds,où on le voit dans toute sa beauté; cependanton l'observe aussi dans les hautes latitudes.
La mer est sillonnée de toutes parts par descourants. Dans l’Atlantique, le plus considé-rable est le gulfstream qui, partant du golfedu Mexique , s'avance jusqu'au cap Nord et nuSpitzberg où il porte les fruits et les bois del'Amérique tropicale. Il se ramifie en di-verses branches dont l’une, plus considérableque toutes les autres, redescend le long de lacôte occidentale de l’Afrique . Ce courant cor-respond au courant aérien supérieur qui vade l’équateur au pôle. Outre les courants con-stants, il en est de périodiques qui varientavec la direction des vents.
Quelquefois la mer est complètement calmeet unie. Quand le vent souffle, la longueur etla hauteur de ses vagues varient suivant laforce du vent, la proximité et la forme descontinents. Les vagues les plus hautes queIon ait observées ne paraissent pas avoirdépassé 10 mètres.
Marées. — Le nivesu des mers est sujet àdes changements ou oscillations régulièresdues à l'attraction du soleil et de la lune;l’influence de ce dernier astre est triple, sui-vant Laplace, de celle du premier. La mers’abaisse et s'élève deux fois en un Jour.
Fendant les six premières heures du jourla mer monte, c’est le flux ou flot; et lors-qu elle a atteint son niveau le plus élévé, onla nomme la haute mer. Puis elle descend,Cest le reflux ou Jusant, et atteint son pointle plus bas qui est connu sous le nom denasse mer. Les marées correspondent auxpassages de la lune aux méridiens supérieurset inferieurs; aussi, pendant le cours d’unjour lunaire de 24 h. 50 in., il y en a toujoursdeux. Chaque jour la haute mer vient 50 m.plus tard que le jour précédent. Ainsi, si lepremier Jour elle est venue à midi, le secondelle viendra à midi 50 ra.
Les marées les plus fortes ont lieu à l’épo-que de la pleine et de la nouvelle lune ; lesplus petites à celle des quadratures. Leur hau-teur est proportionnelle à la distance du soleilet de la lune à la terre et à la déclinaison deces deux astres.
Des circonstances locales dépendantes de laconfiguration des mers changent complète-ment l'heure de la marée, qui n’e6t souveutpas la même dans deux ports voisins. Il y asix heures de différence entre le moment de lahaute mer à Duukerque et à Saint-Malo .
L intervalle de temps qui sépare le moment
i'I^CE El l'HYMQUE. 4 -W
de la haute mer de celui du passage de lanouvelle lune au méridien se nomme l'éta-blissement du port C’est d’après cet élémentqu'on calcule toutes les marées de l’année.
Une table donnée au Scpplément le fait con«naître pour diverses localités, col. (591.
On nomme marée totale la demi-sommedes hauteurs de deux hautes mers consécu-tives au-dessus de la basse mer qui les sépare.Ainsi, si l'une des hautes mers était de 8 m.50, la suivante de 6 m. 94, la marée totalesera de 7 m. 72. Cette maree totale est, d’aprèsune moyenne d'un grand nombre d'observa-tions à llrest de 3 m. 21, Cherbourg 2 m. 70,Saint-Malo 5 m. 98, et Dieppe 2 m. 97.
C'est avant l’équinoxedu printemps et aprèscelui de l’automne qu’on observe les plusgrandes marées. Quand le vent souffle de lamer pendant la marée montante, celle-ci s’é-lève quelquefois à uüe hauteur prodigieuse.
Les marées sont à peine sensibles dans laMéditerranée, dans les mers intérieures, tellesque la Caspienne , et dans quelques golfesprofonds.
Lacs, fleoves, rivières, deltas. — Un lacest une masse d’eau entourée de tous côtéspar la terre et n’ayant aucune communicationimmédiate avec la mer. L'étang est un lacd'une très-petite dimension. Les lagunes sontdes espèces de lacs formés par certains fleuvessur les rivages plats de leur embouchureOn appelle fleuves les eaux courantes qui,après avoir parcouru une certaine étendue, serendent directement à la mer; et rivières,celtes qui viennent aboutir à un fleuve. Leconfluent est le point où une rivière aboutitsoit à une autre rivière, soit à un fleuve.
Dans certains fleuves la marée remoQte àune certaine distance de l'embouchure: c'estce qu'on nomme une barre.
Les rivières, en eutratnant des détritus surla mer, forment près de leur embouchuredes dépôts d’alluvion connus 60 us le nom dedeltas ; tels sont ceux du Nil , du Pô, duVolga, du Rhin, du Danube , du Mtssissipi etdu Gange . Quelques-unes élèvent leur lit : telest le Pô, dont le niveau est supérieur à celuides mnisous de Ferrare ; d’autres les creusent.Ex. : le Panaro.
Parmi les lacs, les uns sont formés par depetits cours d'eaux superficiels ou souterrainsqui se réunissent dans des dépressions du 6olsans écoulement apparent. Tels sont en géné-ral ceux des hautes montagnes. Les grandslacs d'Europe sont des rivières ou des fleuvesélargis et approfondis dons une portion deleur cours. Ex. : ceux de Genève, de Constance ,lac Majeur, etc.
Quelques lacs d'Asie , et celui de Tititaca en Amérique , reçoivent des affluents consi-dérables sans avoir d'écoulement apparent.
Diverses formes des terres. — Une lie estune portion de terre moins étendue que lecontinent et entourée d’eau de tous les côtés.La réunion de plusieurs îles s’appelle groupeou archipel suivant leur importance, leurnombre et leur distance.
La péninsule ou presqu'île diffère de Fileen ce qu'elle tient au continent par une por-tion de terre étroite nommée isthme.
La saillie des terres dans la mer , si elle apeu d'étendue, surtout en longueur, reçoitle nom de cap , de promontoire ou depointe.
Les deux continents, c'est-à-dire l'Europe ,l’Asie et l’Afrique d'un côté, l’Amérique del'autre, offrent un trait de ressemblance dansla direction de leurs péninsules : elles sontpresque toutes dirigées vers le midi. Deux