Buch 
Un million de faits : aide-mémoire universel des sciences, des arts et des lettres / par J. Acard ... [et al.]
Entstehung
Seite
475-476
JPEG-Download
 

475

BOTANIQUE.

470

avec soin tontes les petites fleurs a étaminesqui peuvent s'y trouver, la plante ne porterapas de fruits.

Coupez sur une fleur hermaphrodite, un Lispar exemple, les étamines, avant que les an-thères ne se soient ouvertes, le fruit ne gros-sira pas et les graines seront stériles.

Les fleurs doubles où toutes les étamines sesont métamorphosées en pétales sont toujoursstériles.

Mis en contact avec i’eau, les grains de pol-len crèvent et perdent leurs propriétés. Si doncil pleut abondamment pendant la floraison dela Vigne, du Blé ou des arbres à fruit, on ditu’ils coulent , cequi veut dire que les grainse pollen, crevant à mesure qu’ils s’échappentde l'anthère, ne fécondent point le pistil, etalors le fruit ne se développe pas.

Ces grains de raisin tres-peiils, qu'on ob-serve quelquefois dans une grappe, sont despistils qui n'ont point été fécondes.CIRCONSTANCES Qtl PRÉPARENT OU.FACILITENT LA

fécondation. — 1° La position relative desétamines et du pistil. Dans beaucoup defleurs dressées, le stigmate est placé au-des-sous des étamines ei le pollen y tombe par sonropre poids. Ex. : Lis, Oranger. Dans lesetirs pendantes, au contraire, lestyleest sou-vent plus long que les étamines. Ex.: Sauges ,Fuchsia, Amaryllis , elc.

2° Les insectes qui se roulent dans les fleursfout sortir le pollen des anthères et favorisentla fécondation.

3° Dans les plantes monoïques, Maïs, Carex ,Ricin, les panicules ou épis formés d'étaminessont placés au-dessus des organes femelles.

4° Les étamines se projettent souvent versl’intérieur de la fleur pour féconder le pistil.M. de Ilumboldt a vu le premier que les cinqétamines de la Parnassia palustris s'appro-chent du stigmate à mesure que leurs an-thères éclatent, et cela dans l'ordre suivant,de droite è gauche : 1,5, 2, h, et enfin 3.

Les étamines de la Itue puante [Buta gra-a>eolens\ offrent le même phénomèue. si l'onpique la base du style de l’Epine-vinette [Ber-beris mulgaris ) et de plusieurs autres es-pèces du même genre, les étamines se pro-jettent sur le stigmate. L’huile de Térében-thine , l’insolation au moyen d’un verre lenti-culaire produisent le même effet.

On obseneles mômes effets dans la Parié-taire, l’Epinard, l'Aroche et l'Ortie .

Dans la plupart des espèces de Kalmia, eten particulier le Kalmia latifolla, les an-thères sont logées dans de petites fossettes deta corolle; à mesure que la fleur s’épanouitle filet se recourbe en dehors, mais il arriveun moment où l'anthère se dégage de la ca-vité où elle est logée et, en vertu de l’élasti-cité du filet, elle esl projetée contre le stig-mate.

5° Quelquefois ce sont les mouvements dustigmate qui favorisent la fécondation. Lesdeux latries qui composent celui des Mimulusse rapprochent dès que le pollen y est tombé.Les soies qui entourent le stigmate eu enlon-noir des Lechenaultia se replient en dedans ;des muu\emenis analogues s’observent sur leNigella sativa.

t>° Plusieurs fleurs développent de la chaleurau moment de la fécondation; telles sont enparticulier celies des Arum , Caladium, espè-ces exotiques de Gonet, et Cnlocasia. Un ther-momètre placé dans l'intérieur de la spatliequi entoure les organes reproducteurs s’y élèveà plusieurs degrés au-dessus du milieu ambiant.

7° La forme de plusieurs corolles est émi-nemment propre h protéger le pollen con-

tre l’aclion destructive de la pluie. La lè^iesupérieure de In corolle de presque toutesles Labiées | Sauge, Lamiuni ), l'élendartde celles des Légumineuses (Pois , Cytise, Fève)protègent les étamines connue un toit. Dansles Campanules et les Composées , la féconda-tion se fait avant l'épanouissement de la co-rolle.

Les fleurs appelées météoriques s’ouvrentles unes le matin pour se faner le soir ;telles sont le Lin, les Cistus des Liserons;quelques-unes s'ouvrent le soir: ex.: laBelle-de-N uit ( Nyctago hortensis),\e Cactusgrandiflorus, èt le Mesembryanthemumnoctifiorum. D'autres se ferment le soir; telssont la Pâquerette ( Beilis perennis).

Ces phénomènes sont dus aux influences dela lumière, car, en éclairant ces plantes lanuit eten les laissant pendant le jour dans unendroit obscur, on peut chauger complètementleurs habitudes.

8 U Dans les plantes aquatiques, la natures'est plu h résoudre de mille manières le pro-blème difficile de soustraire le pollen à l’iu-fluence délétère de l’humidité au moment oùil s’échappe de l'anihèie.

Dans le Nymphœa, la Renoncule aquati-que, la fleur s'élève au-dessus de l'eau avantdes'épanouir; mais si celle-ci est surprise parles crues subites des mares et des petits lacsdans lesquels elle végète, si son pédoncule nepeut pas s'allonger assez pouratteindre la sur-face de l'eau, le bouton se gonfle sans s’ouvrir,se remplit d'air, et l'acte mystérieux s’accom-plit au fond des eaux.

Lorsque la fécondation est près de s’accom-plir, les pétioles des feuilles de la Châtaigned’eau (Trapa natans) deviennent vésicuieux,se remplissent d'air, et ces vessies natatoiresvégétales élèvent la fleur hors de l'eau.

Tout le monde connaît les noces poétiquesdu Fallisneria spiralis, qui habite les ca-naux des environs d'Arles . Portée sur une lon-gue tige roulee en hélice, la fleur femellemonte en la déroulant è la surface des eaux;mais les fleurs mâles sont captives au fond del'eau, retenues par une spatlie : tout à coup laspatlie s’ouvre, les fleurs mâles s’échappent, civiennent nager aulourde la fleur femelle, quiredescent mûrir au fond des eaux son fruit etses graines fécondes.

Fécondation proprement dite. — Le pollencontenu dans l’anthère se compose de grainsde forme très-variée. Ordinairement sphéri-ques, ils sont dans quelques plantes ovuldes,allongés et même triangulaires.

Us se composent de deux membranes, l’uneextérieure, souvent réticulée ou hérissée depointes et de saillies souvent visqueuses;l'autre interne, très-üne.

Dans les Orchidées et les Ascîépiadées, lepollen se montre sous forme de masses cohé-rentes, composées de grains agglutinés.

Dans chacun de ces grains se trou'e un li-quide appeié/bWtYtf, où nugeiilries petitscorpsanimés d'un mouvement très-rapide, qu'on acomparé à celui des animalcules microsco-piques.

Quand un grain de pollen se trouve en con-tact avec un stigmate (lig. 2, M sa membraneextérieure se déchiré; l’intérieur reste m*tact, passe à travers l'ouverture , fait hernie,et pénètre dans le stigmate et le style.

Suivant M. Schleideii, c’est l’extrémité oece bovau pollmique qui se sépare du resteou la fuvilla seule qui couslilue l’embryon re-producteur. . ..

Do fruit. — Après la fécondation , le pis.ngrossit, les graines on’ii contient s’accrois-