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Un million de faits : aide-mémoire universel des sciences, des arts et des lettres / par J. Acard ... [et al.]
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SOMMEIL. MORT. HISTOIRE ET BIBLIOGRAPHIE.

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rêve abstrait : ainsi le métaphysicien édifie desthéories philosophiques, ainsi Burdach rêve àla physiologie du cerveau, et à un plexus cé-phalique imaginaire. Quelquefois le rêve estdéterminé par un agent externe, ainsi Des-caries endormi est piqué par une puce et rêvequ’il reçoit un coup d'épée. Souvent enfin ,les deux causes agissent en même temps ouréagissent l'une sur l'autre.

somnambulisme une variété du rêve :l'exi iuitiuii du cerveau est plus générale, ellese transmet aux muscles, et tout se réveille,hors la conscience du moi. Le somnambulepense, agit, mais sans que la raison dirige sapensée ni son action. U se livre il des actes endehors de ses habitudes : ainsi la jeune tilletimide monte sur les toits et y marche avecassurance.

Le rêve laisse souvent un souvenir, lamémoire s'en empare et le retrace tout en-tier ou en partie. Le somnambulisme ne laisseaucune tracedans la mémoire, du moins quantaux actes matériels qui accompagnent le rêvedu somnambule.

Indépendamment du somnambulisme natu-rel, on s’csi beaucoup occupé depuis un riemi-siecle du somnambulisme artificiel ou ma-gnétique ; mais ce point n'est pas de notresujet, puisque la question du magnétisme uni-mal n’a pas pris rang parmi les faits authen-tiques de la science.

Le sommeil de l'homme est en général dehuit heures au moins dans l'adolescence, desix a sept dans Page adulte, et de quatre à sixdons la vieillesse.

La position la plus naturelle a l'hommependuut son sommeil est le décubilus, moitiésur le dos, moitié sur le côté ; mais quand lebesoin de dormir est impérieux, on s'endortdans les positions les plus iucommodes. Lasentinelle dort debout ; le soldat en patrouille,le voyageur attardé dorment en marchant. Lesommeil de l'homme er .1 alors incomplet etse rapproche de celui de certains animaux; laconscience du moi déparait, mais les musclesagissent presque tous comme pendant laveille. Dès que leur antagonisme cesse, lesommeil est interrompu par la perte d'equili-bre, parce que l'organisation statique deI homme ne lui permet pas de rester deboutsaus contraction musculaire. Cet état diffèreessentiellement du somnambulisme en ce que,pour l'homme qui dort en marchant, le som-meil intervient au mouvement, et, pour lesomnambule, le mouvement intervient nusommeil. I c sommeil debout peut être ou nepas être accompagné du rêve; le somnambu-lisme est toujours un rêve accompagne demouvement.

Au sommeil succède le réveil, précédé engeneral d'un état analogue au somnambu-lisme.

P nn * l’état de santé, le sommeil peut êtreretarde par une volonté ferme ou par desW > ?ïî J ^ at ‘ ons Puissantes ; mais il devientriiiA ..'“surmontable. Certaines formes dealiénation mentale à l'état aigu excluentfoiicT 16 tou i°urs le sommeil, et l’on a vu desuus passer des mois entiers sans dormir.rir. E M A “ Tout ce qui naît doit mou-v ,,^ üaf iue être organisé parcourt l'évolutionnroî^Ü- 16 . 111 P rc8crit la nature, et quand il«iohT^i 1 i ai - s ''univers le rôle qui lui e>t as-ïim»* . ls ' wra " la scène. Ainsi naissent,eut et meurent les individus de chaque es-kop n«il. nsi i , es Pèees elles-mêmes paraissentvinSî r * piuuPh.*, parcourent leurs périodesMss?iffî! S i 8 *î racei,t , l uand le uc temps estpasse. Dans les êtres vivauis, point de stabi-

lité; ils croissent ou dépérissent. Dans les in-dividus, point de régularité ; les organes, ar-rivés à leur développement complet, doiventdépérir; telle est In loi ; mais bien peu d'êtresvivants, et surtout d'hommes, meurent devieillesse; et même, pour ces rares excep-tions, c'est toujours a quelque phénomèneanormal qu'est due l'abolition des fonctionsvitales.

On a dit poétiquement que le sommeil étaitl'image de la mort ; et en effet, l'immobilité,la cessation temporaire ou définitive de cer-taines fonctions ou de tout phénomène vital,donnent à ces deux états quelque'analogie. Us ressortent, l'un pour l'individu , l'autre pourl'espèce, de la loi de périodicité qui régit lanature; mais c'est là tout ce qu'ils ont decommun ; et tandis que le sommeil reparc lesforces vitales des organes , la mort consistedans l'abolition de ces forces, et nYst que lecommencement de la désorganisation.

On sait trop peu de choses sur la vie pouren savoir beaucoup sur la mort, et l’ignoranceoù l'homme est encore des secrets de sa pro-pre existence se résumé dans le vague de cettedéllnitiou ; la mort est la cessation de la vie.

S 8. Esquisse historique et bibliographique.

Histoire. — Ce n'est guère qu’au temps d'A-ristote que remonte l'origine des éludes ana-tomiques; l'embaumement des corps avaitbien pu révéler plus anciennement aux Egyp-tiens quelques détails de la structure humaine,mais les préjugés s'opposaient à toute mutila-tion des cada\res, même de ceuxjle beaucoupd’uoimuux, et les notions eu anatomie ne pou-vaient pas être alors beaucoup plus étenduesque celles des bouchers de nos jours.

Les indications snatomiques que l'on trouvedans l'Ecriture sainte et dans Ilomère ne sup-posent pas des connaissances plus appro-fondies.

Hippocrate lui-même se vit arrêté dans lavoie de la chirurgie, faute de savoir la dispo-sition des organes et des tissus.

L’ostéologie- seule était alors assez bienconnue.

Quant à la physiologie, elle était encoremoins avancée que l'anatomie, et des préjugésgrossiers ou des théories philosophiques te-naient lieu de faits d'observation. •

Aristote fut le père de l’histoire naturelle etde l’anatomie; toutefois ses recherches por-tèrent principalement sur les antmaux.

Hérophile et Erasistratc.de l'école d'Alexan-drie, firent faire à l'anatomie un grand pas(ne siècle avant J.-C.), et Galien ( 11 e siècleaprès J.-C. I, le plus grand élève de celte écolecélèbre, peut être considéré comme le premieranatomiste de l'antiquité.

Deux squelettes humains, conservés à Alexan-drie comme objets d'étude, étaient peut-êtrealors la seule conquête de ce genre que lascience eût fuite sur les préjugés populaires.Encore a-t-on dit que ces squelettes étaient debronze.

Ce fut presque uniquement sur des singesque Galien étudia l'anatomie.

Pendant onze siècles, du ni e au xiv*, l'ana-tomie et la physiologie, comme tant d'autressciences, tombèrent dans l'oubli.

En 1250, l'empereur Frédéric 11 fit rie vainsefforts pour remettre en honneur les étudesanatomiques.

En lin, vers 1313, Mondim fit à runirersité.de Bologne la première dissection publiqued’un corps humain.

En 4326, un concile prohiba les autopsieset les dissections ; en 4520, les théologiens de