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Tome premier.
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succès et ne fut point arrêtée par les graves difficultésque présentent les parties transcendantes de cette science.C’est surtout à ces derniers travaux que Marie Agnesi doit la renommée qui environne encore son nom. C’està ce titre aussi que cette femme célèbre devait occuperune place dans ce dictionnaire.

La réputation de Marie devint européenne; sesconcitoyens enthousiastes l’entourèrent de leur admira-tion en lui décernant ces honneurs populaires, que l’I-talie a su rendre si chers aux beaux talens. Ses diversbiographes la représentent comme une personne simpleet bonne, presque timide, et qui ne paraissait pas com-prendre la vive impression qu’occasionait sa présencedans les réunions publiques et privées de Milan . Enl'jSo, son père étant tombé malade, Marie sollicita etobtint du pape Benoît XIV l’autorisation d’occuper sachaire. Ce fut à cette époque qu’elle publia ses Inslilu-zione analyliche , qui ne sont point aujourd’hui mêmeau-dessous du progrès de la science.

Peu d’années après, Marie Agnesi , jeune encore,termina sa vie scientifique. En proie à une secrète mé-lancolie dont la cause est demeurée inconnue, elle re-nonça aux travaux qui avaient rendu son enfance si re-marquable, aux études qui avaient illustré sa jeunesse,et se consacra entièrement au service des pauvres et desmalades. Ainsi, tout devait être extraordinaire danscette belle vie , que la calomnie , si funeste au talent,n’osa point troubler. Ce n’est pas ici qu’il convient dese livrer aux réflexions que suggère la déterminationsi peu explicable de Marie Agnesi au milieu des enivre-mens de la gloire et de la renommée; mais il est impos-sible de ne pas remarquer combien la science a perdu àcette sorte d’exil volontaire auquel elle se condamna,et qu’elle supporta jusqu’à la fin de ses jours avec lapersistance et la forte volonté que ses premiers travauxavaient révélées en elle. Maria Gaetana Agnesi est morteà Milan , le 9 janvier 1799.

Ses Instituzione analyliche ont été traduites en fran-çais par Anthelmy, sous les yeux de Bossut, et impri-mées avec des notes de ce dernier savant sous ce titre :Traités élémentaires du calcul différentiel et du cal-cul intégral. Lyon , 1775. in-8°.

AIGU ( Géom .). Angle aigu. C’est celui qui est pluspetit qu’un angle droit. Voy. Notions prélim. 33 .

AIGLE ( Astr. ). Nom d’une constellation située dansl’hémisphère boréal.

AILE ( Méc.). Partie du volant d’un moulin à vent.Les ailes de moulin sont de grands châssis en forme d’é-chelle, sur lesquels on étend des toiles pour recevoirl’impulsion du vent. Les plus grandes ont de 12 à i 3mètres de longueur sur deux mètres de largeur — Ondonne encore le nom d’ailes aux dents d’un pignon.Voy. Dents.

AIR . Substance fluide, transparente, élastique, pon-dérable et dilatable qui entoure le globe terrestre, etforme son atmosphère. Les anciens considéraient l’aircomme un élément; mais la chimie moderne a reconnuqu’il est un mélange de deux gaz, l’oxigène et l’azote,et que ce mélange est à peu près dans le rapport dei : 4 > L’air contient en outre une petite quantité degaz acide carbonique ; il tient sans doute aussi en disso-lution beaucoup d’autres substances. Les propriétésmécaniques de l’air ou sa pesanteur et son élasticitésont les seules qui doivent nous occuper ici.

Les anciens avaient quelque idée de la pesanteur del’air, quoique leurs opinions sur ce sujet fussent con-fuses et incomplètes. Aristote affirme ( De Cœlo ,lib. iv), qu’une vessie remplie d’air pèse plus qu’unevessie vide. Empédocle attribue la respiration à lapesanteur de l’air qui, par sa pression , s’introduitdans les poumons. Asclépiade avait la même opinion.Héron d’Alexandrie , et son contemporain Ctésibius ,connaissaient tous deux la gravité et l’élasticité de l’air,et c’est d’après ces principes qu’ils ont inventé les fusilsà vent que l’on croyait une découverte moderne. Ondoit encore au premier une machine ingénieuse danslaquelle l’eau jaillit au-dessus de son niveau par l’effetde la pesanteur de l’air, combinée avec son élasticité.

( Voyez Fontaine d’Héron. ) Il paraît donc étrange queles successeurs d’Aristote aient pu abandonner les doc-trines de leur maître , et soutenir pendant plusieurssiècles des opinions contraires. Les effets résultant dupoids et de l’élasticité de l’air ont été long-temps attri-bués à un principe imaginaire nommé fuga vacui , oul’horreur que la nature a pour le vide. On savait depuislong-temps qu'en aspirant l’air contenu dans un tube,dont l’extrémité est plongée dans l’eau , ce fluide s’éle-vait au-dessus de son niveau, et prenait la place del’air. C’est d’après cette observation qu’on avait inventéles pompes aspirantes et diverses autres machines hy-drauliques, dans lesquelles on expliquait l’élévation del’eau par le fuga vacui. Galilée lui-même, malgré sasagacité, n’avait rien trouvé de plus satisfaisant ; cepen-dant il avait été forcé de donner des limites à cettehorreur pour le vide , ayant remarqué que les pompesaspirantes ne soulevaient plus l’eau au-delà de lahauteur de 32 pieds. Ce physicien distingué était ce-pendant bien familiarisé avec la pesanteur de l’air : ilenseigne dans ses Dialogues deux moyens de la démon-trer et de la mesurer; mais il n’avait pas été au-delà ,et l’honneur de découvrir la pression de l’atmosphèreétait réservé à son disciple Torricelli .

En i 643 , Torricelli eut enfin l’heureuse idée quecette force qui soutient les fluides au-dessus de leurniveau dans les tuyaux privés d’air, ne pouvait être quela colonne atmosphérique qui pèse sur leur surface ex-