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Tome premier.
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teneure. Ce principe adopté, il en conclut qu’un fluideplus pesant que l’eau ne s’élèverait pas à 3a pieds, etflue la hauteur qu’il pourrait atteindre serait en raisoninverse de son poids comparé à celui de l'eau. Ainsi, lemercure étant à peu près 14 fois plus lourd que l’eau,ne doit s’élever qu’à la quatorzième partie de 32 pieds,c est-a-dire à 29 ou 3o pouces. Torricelli prit en con-séquence un tube de verre de plusieurs pieds de lon-gueur, fermé hermétiquement à l’un de ses bouts; ille remplit de mercure, le renversa ensuite, en bouchant1 ouverture avec un doigt, étayant plongé cette partiedu tube dans un vase plein de mercure , il retira sondoigt. L’événement justifia sa conjecture : le mercure,contenu dans le tube, descendit jusqu’à ce qu’il n’enrestât plus qu’une colonne d’une hauteur d’à peu près3o pouces au-dessus de la surface du mercure qui setrouvait dans le vase.

L’expérience de Torricelli devint bientôt populaire;le père Mersenne la répéta en 1 644 j ct cn envoya lerapport aux savans français avec qui il était en corres-pondance. Pascal et Petit la vérifièrent de nouveau , etle premier publia à ce sujet un traité remarquable sousle titre : Expériences nouvelles touchant le vide. Pascalayant adopté, après quelques hésitations, l’opinion deTorricelli , imagina plusieurs expériences pour la con-firmer. Il détermina son beau-frère, M. Périer, à exé-cuter la célèbre expérience du Puy-de-Dôme , dans la-quelle on trouva que la hauteur de la colonne de mer-cure, soutenue dans le tube de Torricelli , était plusPetite à mi-côte qu’au pied de la montagne, et plus pe-tite encore au sommet. Par ce moyeu , la question futcomplètement résolue, et il ne fut plus permis de dou-te 1 ’ que ce fût la pesanteur de l’atmosphère qui tînt lac 0 .'Oune de mercure en équilibre, puisqu’en s’élevantfian* l’air, et en rendant ainsi la colonne atmosphériqueplus courte et par conséquent moins pesante, celle deMercure diminuait en môme temps.

On doit à cette expérience la première idée de lame.SUl 'e des hauteurs par le baromètre. ( Voy . Altimétrie.)lj es lecteurs ont déjà sans doute reconnu, dans le tube'le Torricelli , l’instrument devenu si populaire sous le, i°m de baromètre. ( Voy. Baromètre. )

La pesanteur de l’air se montreencore d’une manière très-sensibledans un phénomène connu de toutmonde : c’est celui du Syphon.

On nomme syphon un tuyau re-courbé ABC composé de deuxbranches inégales AB etBC. Si l’onplonge la plus courte AB dans unVase MN plein d’un liquide quel-conque, et qu’on ôte l’air contenudans ce tuyau en le suçant par le

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bout C, la liqueur du vase montera dans le syphon ets’écoulera par l’ouverture C, pourvu que cette ouver-ture soit au dessous de la surface du liquide.

Ce phénomène est de la même nature que celui dutube de Torricelli ; car il est évident qu’une fois le videopéré par la succion , l’eau du vase doit monter en B,et s’écouler ensuite par l’ouverture C; mais cet écoule-ment ne laissant plus pénétrer l’air dans le syphon , lapression atmosphérique doit faire continuellement mon-ter de nouveau liquide dans le tube AB , tant que lepoids de la colonne BC est plus grand que celui de lacolonne AB, puisque cet excédant de poids empêchel’équilibre que la pression atmosphérique au point Cferait à cette même pression en A; mais si ces deuxcolonnes deviennent égales, l’équilibre des pressionss’établit au même instant, l’eau ne monte plus dans letube AB, et l’écoulement cesse.

Depuis l’invention de la machine pneumatique (voy.ce mot), la pression de l’atmosphère a été vérifiée demille manières différentes, et la pesanteur de l’air,dont elle est une conséquence, a été le sujet d’un grandnombre de travaux. Après l’expérience de Torricelli , lepère Mersenne entreprit de déterminer la pesanteurspécifique de l’air; mais il approcha encore moins de lavérité que Galilée ; car ce dernier l’avait évaluée à *fs,et Mersenne l’évalua à - 35 , celle de l’eau étant prisepour unité. Boyle obtint un résultat plus exact, en trou-vant Hawksbee le fixa à g-gj. Mais, dans toutes cesrecherches, il est essentiel de tenir compte de l’état del’atmosphère ; et il résulte enfin des expériences deMM. Biot et Arago que le poids de l’air atmosphériquesec, à la température de la glace fondante et sous lapression de o m , , j 6 , c’est-à-dire, le thermomètre marquanto,etle baromètre o m ,y 6 , est, à volume égal, j*— de celuide l’eau distillée.

Avant d’examiner les autres propriétés de l’air, nousdevons dire ici qu’il paraît que Descartes avait reconnusa pesanteur avant Torricelli , et que l’idée première del’expérience du Puy-de-Dôme lui appartient également.C’est ce qui se trouve constaté dans le recueil de ses let-tres.

L’élasticité de l’air est une propriété de ce fluide quiconsiste à céder à toute pression quelconque, en resser-rant son volume, qu’il reprend aussitôt que la pressioncesse d’agir. On a cru long-temps que l’air atmosphéri-que était le seul fluide élastique qui se trouvât dans lanature. Mais les travaux des chimistes de notre époquenous ont appris qu’il existe un grand nombre de cesfluides, auxquels on a donné le nom générique de gaz.L’élasticité de l’air se manifeste visiblement dans unevessie pleine de ce fluide, et dont on a fermé exacte-ment l’ouverture; on l’aplatit en la pressant entre lesmains, et alors on éprouve une résistance sensible, due

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