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Tome premier.
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à la réaction des molécules comprimées. Dès qu’on lalaisse libre, elle reprend sa première forme. Si la pres-sion est assez forte pour que la réaction surpasse la téna-cité des parois de la vessie, elle crève avec bruit.

Quant au degré d’intensité de la force élastique del’air, il a été prouvé par les expériences les plus satis-faisantes que, pour une pression modérée, il est toujoursproportionnel à la densité de la masse d’air comprimée,et que cette densité est égale à la force compressive.Pour s’en assurer, on prend un tube de verre recourbé,dont l’une des branches est beaucoup plus longue quel’autre ; on ferme hermétiquement la plus courte bran-che, et ensuite on verse du mercure par l’extrémité ou-verte de la plus grande. En remplissant peu à peu lagrande branche, et mesurant successivement l’espacequ’occupe l’air renfermé qui se comprime de plus enplus dans la petite branche , on trouve que les espacessont en raison inverse des poids qui pressent l’air. Or ,comme ces poids sont- la mesure de l’élasticité, l’élasti-cité est donc aussi en raison inverse de l’espace, ou enraison directe df la densité , puisque la densité est elle-même en raison inverse de l’espace. On pose en consé-quence la loi générale qui suit :

La densité d’une masse d’air croît et décroît dans lerapport des pressions, tant que sa température et sacombinaison chimique sont les mêmes.

Cette loi importante se nomme la loi de Mariotlc,Elle fut decouverte presque en même temps pu 1 RobertBoyleet Townley en Angleterre, et par Mariotte à Pa-ris . Il résulte des expériences de Gay-Lussac et de Dal-ton, que cette loi est exacte sous toutes les tempéra-tures.

Les physiciens se sont demandé si la force élastiquede l’air pouvait être détruite ; mais Bovle n’a trouvé au-cun degré de raréfaction capable de produire cet ef-fet. Désaguliers renferma de l’air dans un fusil à vent,et vit qu’au bout de six mois il n’avait perdu aucune deses qualités primitives. Roberval, répétant cette expé-rience, obtint les mêmes résultats après un tempsbeaucoup plus long. De là, on peut conclure qu’aucunétat de raréfaction ou de condensation ne saurait entiè-rement détruire le pouvoir élastique de l’air. Cepen-dant, le colonel Roy a prouvé que les molécules d’unemasse d’air peuvent être déplacées de manière à perdreune grande partie de leur force élastique. Il résulte en-core de ses expériences que l’air humide est plus élas-tique que l’aii sec, et que l’air atmosphérique, dans sonétat naturel, est proportionnellement plus élastique quelorsque sa densite est considérablement augmentée parla pression. Hawksbec a trouvé aussi que l’élasticité del’air peut être tellement affectée par une violente pres-sion, qu’il lui faut ensuite quelque temps pour revenir àson état primitif. Enfin, le docteui Haie prétend qu’il

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existe différens cas où cette élasticité est affaiblie et al-térée.

L’air étant un fluide pesant, si l’on conçoit l’atmo-sphère partagée en une infinité de couches, il est évi-dent que les couches inférieures portant le poids des su-périeures seront plus comprimées , et conséquemment,que la densité de l’air doit varier avec son élévation au-dessus de la surface de la terre. Pour trouver la loi decette variation, supposons les couches infiniment petites,et alors nous pourrons considérer chacune d’elles commehomogène dans toutes ses parties, désignons par d, d !,d" , les densités de trois couches successives dont d estl’inférieure; désignons en outre par p le poids de toutela colonne atmosphérique qui pèse sur la première cou-che, ou le poids de la colonne qui commence à la se-conde couche, par p’ le poids de cette colonne , en lacommençant à la troisième couche, et enfin par p" lepoids de la colonne qui pèse sur la troisième couche.Le poids particulier de la seconde couche, en le consi-dérant isolément, sera donc p — p' , et celui de la troi-sième sera p' — p

Or, comme les densités de deux corps égaux en vo-lumes sont dans le rapport direct de leurs poids ( voyezDensité), or a

d'-.d'r.p — p’ :p’ — p\

Mais, d’après la loi de Mariotte, on a aussi sd! : d” p': p”,

puisque p' et p" sont les pressions qui déterminent lesdensités d! et d".

De ces deux proportions, on tire

P~P' -P' —p" "P' -P\ce qui donne ( Voy. Proportion)

p:p :: p : p .

Mais les densités d, d’ , d” sont proportionnelles auxpoids p, p ’, p", on a donc également

d : d ':: d ': d".

C’est-à-dire que la densité d’une couche quelconqueest moyenne proportionnelle entre la densité de la cou-che qui la précède et celle de la couche qui la suit.

Il résulte de cette propriété que les densités des cou-ches atmosphériques forment une progression géomé-trique. Nous avons, à la vérité, supposé ces couchesinfiniment petites ; mais comme, dans une telle progres-sion, les sommes d’un même nombre de termes succes-sifs sont elles-mêmes en progression géométrique (voyezProgression géométrique) , nous pouvons considérercomme démontré le théorème principal de l’aérostati-que , savoir :

Dans l'état d'équilibre , la densité de Vair décroît debas en haut en série géométrique y lorsque la nature