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grès, et dans lesquelles il possédait des connaissan-ces remarquables pour son siècle. Le prince abbé deSaint-Emeran a donné, en 1777 , une belle édition desœuvres d’Alcuin , dans lesquelles on trouve les écritssuivans sur diverses parties des mathématiques : 1“ Decursu et sallu lunœ et de bissextoj a° De reperiendaluna paschaliper 19 annos; 3° Propositioncs arithme-ticœ ad acuendos juvenes. Ce dernier ouvrage est unrecueil de questions arithmétiques du genre de celles del’anthologie grecque : on pourrait le regarder comme legerme du livre si connu des Récréations mathémati-ques. Il est probable que Bacliet, auteur de l’ouvrageintitulé : Problèmes plaisans et délectables qui se fontparles nombres (Lyon , i6i3, in-8°), avait lu le livred’Alcuin , déjà imprimé en i543 , sous le nom de Bède.
Alcuin servit avec un noble zèle les projets de civili-sation de Charlemagne. Il a attaché son nom à ce règne,f jui brille comme un météore dans la nuit du VHI' siècle.Mais ses travaux mathématiques, et l’ardeur avec la-quelle il favorisa l’étude de l’astronomie, ne paraissentpas avoir influé sur les progrès de cette science en France .La postérité, qui lui a su gré de ses efforts, le place dansun rang distingué parmi les hommes qui ont le plusillustré l’étude des sciences.
ALCYON ( Astr . ). C’est le nom de la plus brillantedes Pléiades, marquée 7 dans tes catalogues.
ALDEBARAN ( Voyez Abenezra).
ALDHAFERA ( A sir. ). Étoile de la troisième gran-deur dans la constellation du Lion .
ALEMBERT ( Jean-lf.-Rond d’) , littérateur et ma-thématicien célèbre, né à Paris le 16 novembre 1717.On a toujours recherché avec un vif intérêt les détailsles moins importans delà vie des grands hommes. Toutesles circonstances qui se rattachent, même de fort loin,à leurs travaux et à leurs succès, semblent faire partiede leur gloire. Cette espèce de culte que la postéritév oue au génie, est le résultat d’un sentiment à la foisenthousiaste et curieux, qui s’augmente à mesure quele temps passe sur leur renommée sans y porter aucuneatteinte. Nous aimons à nous asseoir au berceau deshommes dont le nom a survécu à leur époque, commepour y surprendre leur première pensée, et découvrirjusque dans les jeux de leur enfance le germe du talentqui illustra leur carrière. Sous ce point de vue, la bio-graphie de d’Alembert pourrait présenter une foule detraits remarquables, mais auxquels nous ne pouvonsaccorder dans ces pages, plus particulièrement consa-crées à la science, qu’une place peu importante : nousnous plairons néanmoins à retracer ceux qui font le plus*1 honneur à son caractère.
Durant la nuit du 16 novembre 1717, un enfant nou-Veau -né, faible et chétif, fut trouvé sous le porche de1 église de Saint-Jean-lc-Rond, et porté, suivant l’usage-
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chez lé commissaire du quartier. Soit que cet liommeeût été prévenu par les parons de cet enfant, soit qu’ileût pitié de cette innocente et frêle créature, il exerçaenvers elle un acte d’humanité que les devoirs de sa ma-gistrature lie lui imposaient pas. Il confia l’enfant à lafemme d’un vitrier, qui lui prodigua les soins les plustouchans. On lui donna le nom de Jean-le-Rond , qu’ildevait un jour rendre célèbre avec celui de d’Aleni-bert. Peu de jours après cet événement, on put dqàsupposer que le petit Jean-le-Rond avait été ainsiabandonné par de riches parens, pour cacher la fautedont il était le fruit malheureux, car une pension dedouze cents livres fut constituée sous son nom. Plustard, on a cru savoir qu’il était le fils de madame deTeiicin , femme aussi célèbre par son esprit que par sabeauté, et de Destouches , commissaire provincial d’ar-tillerie, qu’on avait surnommé Canon, pour qu’on nele confondît pas avec le poète dramatique Destouches .Quoi qu’il en soit, d’Alembert annonça de bonne heureles plus heureuses dispositions , et, contre l’habitude desenfans doués d’une précocité prodigieuse, il tint paroleen devenant homme. Quand sa renommée naissante lefit accueillir dans le monde avec une honorable distinc-tion, madame de Tencin, chez laquelle il était reçu,lui fit, dit-on, connaître le secret de sa naissance. Lejeune d’Alembert reçut cet aveu avec une dignité froide,et déclara qu’il ne reconnaîtrait jamais pour sa véritablemère que la pauvre femme dont il avait sucé lelait, et qui avait pris un soin si tendre de sa débile en-fance.
D’Alembert fut mis en pension dès l’âge de quatreans. Il en avait à peine dix que son maître se déclarahors d’état de lui apprendre rien de plus que ce qu’ilsavait déjà. Mais la faiblesse de son tempérament exigeaitencore des soins assidus. Ce fut seulement deux annéesaprès qu’il entra au collège Mazarin , où il acheva sesétudes d’une manière brillante. La mémoire de ce pre-mier maître dont il avait été l’élève bien-aimé, fut tou-jours chère à d’Alembcrt. Malgré la médiocrité de safortune, il fut assez heureux plus tard pour l’aider àélever ses enfans, et pour lui offrir de fréquens secours.Au sortir du collège, il voulut aussi retourner auprèsde sa bonne nourrice, et il a passé près de trente annéesde sa vie avec cette femme, à laquelle il donna toujoursle doux nom de mère.
Ces traits, et un grand nombre d’autres que noussommes obligés de passer sous silence, dessinen 1 no-blement le caractère de d’Alembert, caractère qu’ilne démentit pas dans le cours de sa vie. Il fut un hommede mœurs douces et d’un commerce aimable et facile,malgré la malignité de son esprit et son penchant pourl’épigramme. Si ses ouvrages révèlent en lui une intelli-gence supérieure et forte, ses actions privées révèlent