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en écrasent des rangs entiers; leurs vaisseaux qui blo-quent le port de Syracuse , sont brûlés ou bien arra-chés par de gigantesques harpons, ils sont lancés dansl’air, et retombent brisés dans la mer. Pour la premièrefois peut-être les intrépides soldats de Marcellus s’ar-rêtent, épouvantés à l’aspect de ces prodiges, et chaquefois qu’une de ces terribles machines qui vomissent lamort dans leurs rangs, se dresse sur les remparts deSyracuse , ils reculent, et refusent de marcher au com-bat. L’aigle romaine s’incline un moment devant legénie d’un vieillard. Marcellus, désespérant de triom-pher d’une telle résistance, convertit le siège en blocus,en attendant, pour s’emparer de cette ville, une circon-stance favorable, qui ne tarda pas à se présenter. Un jourque, dans la confiance que leur avaient inspirée les mi-racles multipliés d’Archimède , les Syracusains offraientun sacrifice à Diane, les Romains préparèrent brusque-ment l’escalade, et pénétrèrent dans la ville, qui futprise et livrée aux horreurs d’une exécution militaire.
Le consul Marcellus, pénétré d’estime et de vénérationpour l’illustre Archimède , avait formellement ordonnéqu’on épargnât ses jours, et qu’on respectât sa demeure.Un soldat y pénétra néanmoins. Archimède , insensibleau bruit occasionné par une aussi grande catastrophe,s’occupait, dit-on, à tracer des figures géométriques, etce soldat lui passa son épée au travers du corps.... Im-pius miles! s’écrie un auteur ancien, en retraçant cetaffreux événement. L’histoire n’a point conservé le nomde ce parricide, pour que l’immortalité attachée à celuide la noble victime ne rejaillît point sur son stupidemeurtrier.
Ainsi mourut Archimède de Syracuse, l’an de Rome 54 a et ni ans avant J.-C.; il ne survécut pas àsa patrieque ses travaux avaient illustrée, et que sa science avaitprotégée contre l’ennemi. Son nom est un des plusbeaux de ceux qui décorent les fastes de la scienceet de l’humanité.
Ceux des ouvrages d’Archimède qui ont échappé aunaufrage des temps, forment un recueil assez étendu, etqui a été souvent imprimé. Une des plus anciennes etdes meilleures éditions que nous connaissions, est ainsidésignée dans les bibliographies : Arcuimedis opéra ,gr. lat. cum comment. Eutocu , ex recens. Venatorii }Bazileæ, i 544 , in-folio. Mais l’édition la plus complètequi existe des oeuvres d’Archimède a été imprimée àOxford , en. 179a; elle est due aux soins du savant JosephTorelli, de Vérone. Une traduction française , fort esti-mée, a aussi été publiée par M. Peyrard,en 1807, 1 vol.in- 4 °, fig- L édition la plus récente de cette traductionest celle de 1808 , 1 vol. in-8°, fig.
ARCHITECTURE ( Hist ., application des mathé-matiques aux arts )
L’architecture est un art physique; comme tel, il peut
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être considéré sous le point de vue esthétique , c’est-à-dire sous le rapport de l’élégance des formes et de labeauté des ornemens, et sous le point de vue mathé-matique , c’est-à-dire sous le rapport de la solidité et del’exactitude des proportions. En nous occupant acci-dentellement de l’architecture sous le premier de cespoints de vue, on ne croira point que nous ayons pourbut l’appréciation de I’Art, tel qu’on l’entend, ou plu-tôt tel qu’on voudrait aujourd’hui le faire entendre enFrance , où une sorte de secte littéraire est venue toutà coup embarrasser la marche progressive de la civilisa-tion , par la production de théories vagues et insenséesqui déjà ont étendu leur funeste influence sur toutes lesœuvres de l’esprit. Il faut le dire, puisque l’occasions’en présente ici naturellement, cette littérature quimanque de principe, et qui par conséquent n’a pointde but, affecte de s’attacher à la direction déplorablequ’elle suit, pour obéir à ce qu’elle croit être un impé-rieux besoin de nouveauté, dont l’humanité serait pré-occupée. On verra bientôt qu’en admettant l’existenced’une pareille cause générale, cette littérature du moinsne fait pas preuve d’une connaissance bien approfondiedu passé , paisqu’elle s’imagine faire du nouveau, en pra-tiquant avec une exagération malheureuse de très-an-ciennes idées dont la philosophie a dep uis long-temps faitjustice. Elle prend ainsi pour un progrès le mouvementrétrograde qu’elle cherche à imprimer à l’esprithumain,en remplaçant toutes les lois de l’esthétique par les procé-dés matériels de l’imitation. En effet, le but essentiel del’art n’est point l’imitation de la nature, quel que soit aureste l’objet de cette imitation : nulle part la naturen’offre le modèle des beautés que le génie humain a faitjaillir du marbre, a jetées sur la toile, a répandues sur lesmerveilleuses constructions qui embellissent les cités.L’art appartient donc tout entier àla volonté de l’homme;c’est le produit de sa spontanéité, et c’est dans cette pro-duction qu’il manifeste surtout la puissante faculté decréation qui est en lui. La science, au contraire, a pourobjet la vérité , qu’il n’est donné à l’homme ni de mo-difier, ni de dépasser. Cependant le principe de l’artn’est nullement arbitraire, et c’est dans la coordiuationdes élémens dont il se compose, que se déploie libre-ment la faculté créatrice dont nous venons de parler.Ces considérations générales se rattachent d’une ma-nière intime au sujet qui nous occupe.
Suivant un trop grand nombre d’architectes moder-nes , qui ne font au reste qu’adopter à cet égard desopinions anciennes, l’architecture au lieu de comprendrela science complète des constructions, se réduirait àl’art de les embellir et d’en disposer les ornemens.Cette dernière appréciation de l’objet de l’architectureest évidemment fausse; elle est une conséquence de ce»deux principes erronnés ; que le but principal de toute