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Tome premier.
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construction est de plaire aux yeux, et que cebutne peutêtre atteint que par l’imitation. Dans ce système, lesordres d’architecture ne seraient qu’une imitation de lastructure du corps humain et de la cabane, premierabri que les besoins de la famille firent imaginer àl’homme contre l’intempérie des saisons. Nous avonsdit que cette idée n’était pas nouvelle; elle se trouve àpeu près exprimée ainsi dans Vitruve : « Un batiment,

« dit-il, ne peut être bien ordonné, s’il n’a cette propor-« tion et ce rapport de toutes les parties les unes à« l’égard des autres, qui se trouvent dans un homme« bien conformé. » Ce célèbre architecte, en exposantl’origine des ordres primitifs de l’architecture grecque,exposition dont nous au rons à nous occuper tout à l’heure,développa ce principe avec plus d’étendue. Il est ainsibien établi que cette théorie de l’art appartient tout en-tière à l’antiquité.

On pourra juger par l’ensemble de ce résumé s’il existeen effet quelques rapports entre les ordres d’architec-ture et le corps humain; mais ou doit se hâter de direavant tout que le but réel de cet art est Futilité.

Ce n’est qu’en se livrant à des considérations philoso-phiques de l’ordre le plus élevé, qu’il est possible d’ob-tenir quelques notions exactes sur le premier développe-nientdes facultés intellectuelles de l’homme. Mais jusqu’àprésent l’histoire n’a point employé de méthode à priori,Pour découvrir les causes inconnues des faits, qu’elle seborne à constater, et c’est pour cela qu’elle ne peut en-core être regardée comme une science. Nous ne croyonspas devoir devancer sa marche dans cette circonstance,et nous dirons qu’il n’existe aucun moyen de déterminerhistoriquement l’époque où l’architecture a commencé aêtre un art, et celle où lascience est venue régulariser sesproductions. Si l’homme, à son apparition sur la terre,ne conservait plus, dans sa chute, le souvenir de quel-que révélation antérieure, la nécessité a dû être le pre-mier véhicule de son intelligence. Ainsi, l’art de bâtirn a été, dans cette dernière hypothèse, que le résultatnécessaire de l’organisatioh humaine, c’est-à-dire de soninstinct social. C’est en effet de l’accroissement de la fa-mille qu’est née la société, et l’art de bâtir a dû suivreles progrès de la civilisation sociale.

Est-ce d’abord au seiu de la terre que l’homme s’estcreusé des abris grossiers? en a-t-il cherché plutôt sousle couvert des vastes forêts, dans les anfractuosités desmontagnes? Cette question n’est qu’une conséquence decelle que nous avons posée en commençant ce résuméhistoiique; elle ne peut être résolue avec plus de certi-tude. Néanmoins, les traditions les plus reculées des racesPrimitives permettent de supposer que si l’homme s’estJamais trouvé dans cet état d’enfance et de dénuement,e u a pu être que pendant une période assez bornée,Puisqu au berceau même des sociétés, le souvenir de

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grandes agglomérations d’êtres humains formés dans desvilles , se retrouve partout.

Suivant la plupart des auteurs qui ont écrit l’histoirede l’architecture, la CABANEaurait été le premier ouvragearchitectural de l’homme, et c’est dans la nature,qu’il aurait trouvé le modèle des formes qu’il donna àce premier asile que se créa son intelligence. L’un deces écrivains, Laugier, qui a adopté cette opinion avecplus d’enthousiasme que de raison, a fait, en décrivantla cabane primitive, une sorte de poétique de l’archi-tecture , que tout le monde connaît. Mais quelque talentqu’on puisse déployer dans ces appréciations purementidéales et arbitraires, on ne peut jamais, sans inconvé-nient, les considérer comme devant servir de bases auxpréceptes d’un art, et moins encore aux lois d’unescience. On n’a pas réfléchi d’ailleurs que la construc-tion de la cabane, en l’adoptant comme type pri-mordial, n’a pu s’effectuer qu’à l’aide d’instrumensdont l’invention ne saurait avoir été immédiate, etquelle suppose, enfin une exploitation exécutée parl’emploi de machines déjà compliquées, et avec desmoyens propres à façonner des masses importantes. Lacharpenterie qui, dans le système de la cabane, auraitprécédé l’art de bâtir, n’exige pas moins la connaissancedes proportions et des notions de mécanique pour lasuperposition et l’ajustement des poutres et des solives.En second lieu, où trouve-t-on dans la nature le mo-dèle de la cabane ? Si ce modèle eût existé, l’hommes’en serait de préférence emparé. La hutte de l’Indiendu nouveau-monde, celles du Caffre et du Hottentot,construites d’après des exigences de climat et d’habitudessociales peu développées , attestent bien un produit in-telligent du besoin; mais nous ne savons pas que la na-ture en ait indiqué les formes sur le sol où elles sontélevées. On peut donc logiquement tirer de ces diversesobjections la conséquence que, d’une part, quandl’homme a été à même de construire la cabane, il avaitégalement les moyens de se faire une habitation plusdurable; et d’autre part, que c’est dans la spontanéitéde sa raison seule qu’il a puisé l’idée des formes dont il arevêtu sa première œuvre architecturale.

Si nous avons donné quelque développement à l’expo-sition de ces hypothèses, qui ne nous paraissent pas, aureste, intéresser expressément l’histoire de l’art, c’est quenous avons cru utile de soumettre au jugement de la saineraison, dès son point de départ, un système ou si l’on veutune poétique qui sourit à l’imagination des jeunes gensdestinés à la carrière d’architecte, et qu’ils ne sont quetrop disposés à admettre. Nous allons maintenant cher-cher l’origine et suivre la marche de l’art, non plus dansl’histoire traditionnelle, mais dans les fastes authentiquesdes nations civilisées, sur les tombeaux desquelles degrands monumens’ qui ont résisté aux tempêtes des