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Tome premier.
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vicissitudes sociales la cause réelle des développemcnssuccessifs de l'architecture. L’ordre dorique, dans sonénergique et belle simplicité, convint long-temps à laGrèce jeune et libre. 11 y a dans la mollesse de l'ordreionique, dans la richesse de l’ordre corinthien, un stylerecherché qui annonce, en même temps, un degré decivilisation plus avancé, et un changement importantdans les mœurs. Alors la Grèce n’est plus aussi passion-née pour la gloire et la liberté ; la gloire s’est réfugiéedans l’atelier des artistes, et le patriotisme énervé necherche plus à se manifester que dans la grandeur et labeauté des édifices publics.

L’histoire de l’architecture va suivre à Rome lesmêmes progrès en raison de la modification des institu-tions nationales.

Ce n’est pas un point historique bien déterminé queles Etrusques , qui se vautaient de leur antiquité et deleur origine pélagienne, aient reçu des Grecs la pre-mière idée de l’ordre d’architecture qu’ils adoptèrent.Mais soit que l’ordre toscan ait uue origine italique,soit qu’il dérive de l’ordre dorique, la simplicité sévèrede son style se trouva seule bien long-temps enharmo-nie avec les mœurs austères de la république pauvre,laborieuse, et toute préoccupée de sa grandeur militaire.L’ordre composite ne prit naissance qu’à l’époque où lesinstitutions qui avaient fait de Rome la souveraine dumonde, commencèrent à être perverties. Cette citéguerrière ne renfermait encore qu’un très-petit nombrede monumens quand la république fit place à l’empire,puisqu’Auguste se vantait, dans sa vieillesse, d’avoirtransformé en marbre cette Rome d’argile qui s’étaitdonnée à lui.

C’est sous le règne de cet empereur que vivait Vitruvc(Pollio), architecte célèbre, dont l’ouvrage est pré-cieux pour l’histoire de l’art, en même temps qu’il ren-ferme ■ assez grand nombre de théories et de pres-criptions itnt l’étude ne peut être inutile aux archi-tectes modernes. Ce traité traduit depuis dans diverseslangues, et intitulé : Vitruvii Pollionis, de architec -turâ, lib. x, ad Cœsarem, a été souvent imprimé. Oncroit que la première édition qui en a été faite est cellepubliée à Rome , eu i486, par Jos. Sulp. Vcrulani. Latraduction française de Perrault, publiée à Paris ,en 1623, est encore la meilleure édition qu’011 puisseconsulter.

Dès ce moment, ce n’est plus la Grèce qui va fournirses plus belles pages à l’histoire de l’architecture. Rome et 1 Italie deviennent pour l’art un centre actif de pro-ductions. Le Panthéon s’élève par les soins d’Agrippa , legendre d’Auguste; la Sicile et cette partie de l’Italie quiporte le nom de Grande-Grèce , se couvrent de templesmajestueux, et leurs villes d’argile deviennent, commeliôme leur reine, des villes de marbre. Tibère , Cali-

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gula et Claude attachent leurs noms à d'importantesconstructions. Néron kii-même se livre, avec tonte l’os-tentation de son caractère, à la passion des grands édi-fices. C’est pour cet empereur que les architectes Sévèreet Céler construisent la maison dorce. Mais déjà le goûtantique est profondément affecté des profusions de cetemps. Il se-débauche avec Rome au sein des saturnalesde l’empire ; tant il est vrai que chez tous les peupleset à toutes les époques, l’art se montre fortement em-preint d’un caractère social qu’on ne peut lui déniersans fouler aux pieds la philosophie de l’histoire. Lerègne de Trajan , l’un des plus vertueux empereursque Rome ait donnes au monde, arrêta momentanémentla décadence de l’art. Il reprend, sous ce nouveau maître,quelque chose de la mâle pureté de ses formes antiques.Le forum, les arcs de triomphe , et tous les édifices queTrajan fait construire, semblent appartenir à un autreâge; et c’est dirigé par le goût austère de l’empereur,que l’architecte Apollodore élève la colonne triom-phale , monument éternel de son nom, de sa gloire etde la grandeur de son règne.

La décadence de l’art reprend son cours sous Adrienet les Autonins. C’est à peu près à cette époque, et sousle règne d’Aurélien, que s’élèvent en Syrie les villesmonumentales de Palmyre et de Balbcck. Rome , maî-tresse des cités, veut les reconstruire à son image. Ce-pendant de nouvelles idées qui se répandent dans lemonde vont influer profondément sur l’architecture.Celte révolution s’annonce de loin : l’arc de Septime-Sévère, le luxe qu’étale encore Dioclétien dans la cons-truction des thermes, son vaste palais de Spalatrooffrent l’image d’un combat entre le goût ancien et les'idées nouvelles, ou, si l’on veut, entre le bon goût;et la barbarie qui s’avance à grands pas. C’est que cetteépoque est celle d’une lutte entre deux principes so-ciaux, lutte dont le résultat ne peut être étranger auxprogrès de l’art. Mais d’une part, le goût n’a pas deprincipes absolus; et d’autre part, la barbarie se mani-feste plutôt dans la destruction que dans la productiond’une forme nouvelle. La translation du siège de l’em-pire à Byzance marque décidément la fin de l’ère antique.C’est en vain que Constantin, jaloux de rendre sa jeunecapitale aussi belle que Rome , rassemble auprès de luitous les artistes de la Grèce et de l’Italie . Les artistesaccourent; mais l’art, appelé par une puissance supé-rieure à la sienne à subir une transformation, ne pro-duira plus, dans le système primitif, que des ébauchesimparfaites et des vagues souvenirs de sa jeunesse bril-lante.

Peu de temps après, les fortes races du Nord, que leslégions romaines, déchues de leur vieille renommée, nepeuvent plus contenir, s’élancent par myriades du seinde leurs froides et orageuses contrées. Les Goths et les