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Tome premier.
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les fondemens de cette basilique, et en dirigea les pre-miers travaux concurremment avec le géomètre Anthé-mius, qui eut la noble et grande idée du dôme qui lacouronne. Ce mouvement de retour vers l’architecturegrecque, qui mit près de huit siècles à s’accomplir,commença dès le XI e à devenir très-prononcé en Ita-lie , où Busclietto, mettant en œuvre des matériaux. qui provenaient de constructions antiques, bâtit la ca-thédrale de Pise . On admire encore aujourd’hui, et avecraison, la composition de cet édifice. A la même époque,s’élevait à Venise l’église de Saint-Marc, souvenir impar-l'ait du goût antique, mais où se retrouve la même ten-dance à revenir aux ordres gréco-romains.

Dans les siècles suivans, la tour de Pise , l’église de Pa-doue, de la Trinité et la basilique de Sainte-Croix s’éle-vèrentsuccessivementen Italie , et donnèrentà laréactionun caractère de persistance qui,veille commencement duXV e siècle, fut couronnée de succès. Le célèbre Brune-leschi vint apporter en faveur de l'architecture anciennel’autorité de son beau talent. Il retrouva les vrais prin-cipes de cet art, et en fit l’application dans l'admirablecoupole de Sainte-Maric-aux-Fleurs de Florence, qui estsans contredit la plus belle protestation que le génie del’architecturepùt faire contre le style gothique. Bruneies-<hi, né à Florence en 1370, mort en 1 4 / i 4 1 cst Donoi-é i>ai-les architectes comme le restaurateur de l'art, et c’est àlui que commence l’époque à laquelle on a donné le nomde renaissance, et plus tard celui de siècle des Medicis ,à cause de l’éclatante protection que cette maison accordaaux artistes et aux beaux-arts.

Une foule d’hommes de génie s’élancèrent alors dansla carrière, et déterminèrent la déchéance de l'architec-ture gothique. Léon-Batista Alberti publia un traitéd’architecture, devenu célèbre, et qui, sous le point devue esthétique, et dans l’analyse de l’art antique, est sou-vent bien supérieur à l’ouvrage de Vitruve . En > 444 ,au moment même où Brunelcschi descendait dans latombe, naissait Lazari, qui a rendu si illustre le nom deBramante , sous lequel il est plus généralement désigné.Il mourut en 1 5 1 4 • Dans le même siècle Raphaël Sanzio et Michel-Ange Buonarotti, le premier né à Urbin en1 483 , le second en i 474 > firent les délices de l’Italie .Après ces grands artistes, nous 11e citerons plus que Jac-ques Barozzio, dont le surnom de Vignola est devenusi célèbre et si populaire. Cet architecte a composé untraité des cinq ordres, qui l’a fait surnommer par lesartistes, juges un peu passionnés de son mérite, le légis-lateur de 1 architecture. Son ouvrage est au surplus de-meuré le meilleur guide élémentaire qu’on puisse encorechoisir; mais en général les écrits des architectes delàîenaissance et malheureusement ceux de la plupart desarchitectes modernes, sont entièrement dépourvus dephilosophie, et la science s’v trouve continuellement

sacrifiée à l’art. Barozzio, né à Vignola , village des en-virons deModène, est mort à Rome , le 16 avril 1573,dans sa 66' année.

Ici se termine l’histoire de l’architecture , dont nous11e pouvions présenter qu’un tableau rapide et succinct.Les diverses expositions pratiques des parties de cet artqui se rattachent aux sciences mathématiques, se retrou-veront dans cet ouvrage aux mots spéciaux sous lesquelson les désigne. Nous regrettons seulement que lesbornes qui nous sont imposées ne nous permettent pasd’ajouter quelques considérations relatives à l’étude del’art. Il nous suffira de dire que la France manque encored’une bonne école d’architecture, où l’étude des mathé-matiques forme la base essentielle de l’instruction desjeunes artistes qui en suivraient les cours. Leur éduca-tion est aujourd’hui loin d’être satisfaisante sous ce rap-port; car on semble perdre entièrement de vue le grandbut d’utilité publique assigné parla raison à l’architec-ture, pour laisser les jeunes gens s’abandonner sansmesure à la seulc'étudc du dessin et des arts graphiques,dont ils 11e peuvent retirer toute l’instruction qui leurest nécessaire pour l 'architecture utile.

Les architectes regardent comme une période de bar-barie le temps qui s’est écoulé depuis l’introduction enEurope du style gothique jusqu’à la renaissance. C’estune erreur : durant ces dix siècles, l’humanité n’a passommeillé. L’architecture gothique était le produit d’unepensée sociale; elle était venue dans le monde comme untype nouveau ; elle a cessé d’être pratiquée quand ce tvpea été usé et cette pensée modifiée. Tel est le secret delàrenaissance, ou, si l’on veut, de la restauration de l’artantique. Le XVI' siècle, durant lequel s’effectua ce mou-vement, vit attaquer à la fois les croyances chrétiennes etl’ordre social qui s’était établi à la suite de leur manifes-tation et des invasions tcutoniques. Depuis celte époque,l’humanité est entrée dans une voie dont le terme estinconnu, dont le but n’est pas même bien défini. La pen-sée sociale n’exerce plus sur l’art qu’une influence indi-recte, car la tendance morale de la société 11’a plus cettegrande unité qui a caractérisé les civilisations anciennes.

ARCHYTAS , de Tarcute, philosophe pythagoricienet mathématicien distingué de cette antique école, avécu durant le quatrième siècle avant J.-C. Il ne nousreste plus que les titres de quelques-uns des nombreuxouvrages qu’il avait composés, et qui sans doute furentanéantis dans la catastrophe où il succomba lui-même,puisque Platon, qui avait connu Archytas , et qui parlede lui avec l’intérêt de l’amitié, déplorait déjà laperte de ses écrits. On sait du moins qu’Archytas donnapeut-être le premier, un but d’utilité réelle aux spécu-lations abstraites de la géométrie, en les appliquant auxusages de la vie. C est dans cette intention cu’il s’efforçade fonder une théorie de la niècaniqiwt -et qu’il cou-