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Tome premier.
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struisit diverses machines hydrauliques qui lui méritè-rent la reconnaissance et l’admiration de ses contempo-rains. L’antiquité regarda surtout comme une œuvredigne de l’immortalité sa célèbre colombe artificielle,dont le mécanisme était si ingénieusement combiné,Qu’elle imitait, dit-on , le vol des colombes naturelles. IlY a probablement quelque exagération dans l’apprécia-tion de cet automate. C’est au génie d’Archy tas que nousdevons la méthode de découvrir mécaniquement lesmoyennes proportionnelles entre deux lignes données,dans la solution du problème de la duplication du cube ;on attribue aussi à ce géomètre l’invention des vis etcelle des grues , agens mécaniques d’une grande impor-tance. On trouvera des détails plus c tendus sur les tra-vaux d’Arcliytas , dans la Bibliothèque grecque , dansDiogène Laërce et Eutocius , qui en font égalementmention. Les connaissances astronomiques et géogra-phiques d’Archytas ont été célébrées par Horace dansune de ses plus belles odes, où il fait allusion à sa mortfuneste en ces termes :

Quidprofuit illi

Ætheicas peragrasse doinos, cnimoque profundinnPerçu rrisse poîum , moî'ituro?

Arclryîas périt en effet dans un naufrage, et soncorps fut retrouvé sur les côtes de laPouille, où il avaitclé rejeté par les flots, l’an 408 avant J.-C.

ARÇON ( Jean-Claude-Ei.eonore Lemiceaud d’),célèbre ingénieur, né à Pontarlier en iy33. Les parensde d’Arçon le destinaient à l’état ecclésiastique; mais ilmanifesta dès sa plus tendre enfance un penchant décidépour les sciences mathématiques appliquées à l’art dela guerre. Les progrès remarquables qu’il fit dans l’étudede ces sciences, et ,1a persistance qu’il montra dans sespremières dispositions, triomphèrent de la répugnancede ses parens, qui le laissèrent enfin libre d’entrer dansla carrière de son choix. Admis, en 1754, à l’école deMézières, le jeune d’Arçon y acquit, dès l’année suivante,le titre d’ingénieur, qui avait été l’objet de ses vœux etde ses travaux. La guerre de sept ans lui offrit presquemnnédiatement l’occasion dé se'distinguer : durant cettelongue et désastreuse campagne, son nom fut souventPrononcé, et il rendit d’importans services à l’armée

française .

D’Arçon, dont la réputation commençait à grandir,fut chargé, en 1774 > de lever la carte du Jura et desVosges . Il s’acquitta de ce devoir en ingénieur habile, et,commença dès-lors à manifester cette aptitude supé-1 ieuve dont il était doué, pour les opérations les pluscompliquées du génie militaire. C’est à cette occasion8 U >1 employa, pour la première fois, le lavis avec unseul pinceau, plus expéditif, et produisant plus d’effet'l ue la manière ordinaire.

Durant la même année et l’année suivante ( 1774,

1775 ), il se mêla de la discussion soulevée par l’opinionde Guibert, sur l’ordre profond et l’ordre mince, etpublia à cette occasion une suite de brochures sous letitre de : Correspondance sur l’art militaire, qui ache-vèrent de lui mériter un rang distingué parmi les offi-ciers de la classe savante de l’armée à laquelle il appar-tenait.

Eu 1780, d’Arçon, qui faisait partie, en qualité d’in-génieur général, du corps auxiliaire français que le ducde Crillon conduisit au siège de Gibraltar , conçut leplan des batteries flottantes dont on devait faire usagecontre les formidables défenses de cette ville, regardéecomme imprenable du côté de la terre. Ce projet auda-cieux, et qui ne pouvait être mis à exécution qu’à l’aided’un appareil extraordinaire, a fait du bruit en Europe ;mais il a été, en général, trop mal apprécié, pour quenous ne pensions pas devoir, dans l’intérêt de la mé-moire de d’Arçon, en retracer rapidement l’histoire.

La situation de Gibraltar ne permettait pas d’v appli-quer les opérations communes d’un siège régulier. Cettecirconstance seule aurait dû faire pardonner à d’Arçon cequ’on a appelé la singularité’ de son plan, si cet hommede talent avait eu besoin de justification. Après delongues méditations et des expériences suivies sur lacombustion, il rédigea, sous la forme de projet, le plande ses batteries insubmersibles et incombustibles. Dansl’exécution, d’Arçon les destinait à faire brèche au corpsde place du côté de la mer; mais en même temps,pour favoriser leur approche et seconder leur effet,d’autres batteries avancées sur le continent devaientprendre de revers tous les ouvrages enfilés de front parscs batteries flottantes. Le conseil espagnol adopta avecenthousiasme le plan de l’ingénieur français , qui fitpreuve d’un rare talent dans la manière dont il en pré-para l’exécution. Il fit construire cinq machines à deuxrangs de batteries, et cinq autres à un seul rang, qui for-maient ensemble une artillerie de 15o pièces portéessur desprames, que leurs rames permettaient de diri-ger contre le vent.

L’expédition, on le sait, eut liculc 13 septembre 1782;mais elle parut être conduite avec l’intention évidentede la faire échouer. Vainement d’Arçon, monté sur unfrêle esquif, s’exposa à tous les dangers pour surveillerl’exécution de ses ordres; vainement il unit dans cettecirconstance la patience du savant à l’intrépidité d’unchef militaire : aucunes de ses dispositions ne furent suivies, et les batteries flottantes, ruinées par le canon an-glais , furent incendiées en pleine mer, sans avoir avancéles opérations du siégé. Oa attribua avec raison le non-succès de cette entreprise au peu d’accord qui existaitentre les généraux français et espagnols. Mais le défen-seur de Gibraltar, Elliot, comme un autre Marcelhis,