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bilières, aux chances de la navigation , et eu général àtous les objets dommageables : on l’a étendu aussi àl’épizootie et à la mortalité humaine. Celui des contrac-tans qui garantît se nomme Assureur ; l’autre contrac-tant est désigné sous le nom d’AssuRE . Les conditionsde l’assurance sont de deux natures en France . Lespremières sont purement civiles ; les secondes sontd’ordre public, c’est-à-dire qu’elles interdisent toutestipulation contraire aux lois. L’acte où les conditionsSont énumérées se nomme Police . Il existe aussi deuxmodes d’assurances : 1’ Assurance a prime , c’est-à-direcelle où le prix de la garantie est fixé d’avance, garantieà laquelle l’assureur s’engage de satisfaire, soit que ledommage dépasse ou non ses prévisions; F Assurancemutuelle où la quotité de la garantie s’établit par con-tribution, suivant celle du dommage, entre toutes lespersonnes qui se sont mutuellement assurées.
Le système des assurances, dont nous allons successi-vement exposer l’histoire, l’économie et la théorie, estune heureuse déduction du principe de l’association,principe fécond en immenses résultats. L’industrie et lecommerce lui doivent surtout leur prospérité: il a portéla fertilité dans des champs long-temps arides et in-cultes, agrandi les villes, favorisé toutes les relations so-ciales, en établissant de grands centres d’action , dont lesproduits se sont écoulés par mille canaux , et ont portépartout la civilisation et le mouvement créateur qui luiest propre. Il faudrait faire une abnégation expresse desa raison, pour ne pas comprendre que l’action continuede plusieurs hommes qui suivent une direction uni-forme, est de beaucoup supérieure à celle du mêmenombre d’hommes agissant isolément dans le mêmebut.
Néanmoins, nous devons nous hâter de dire que, denos jours, le principe même de l’association a été l’objetdes systèmes les plus hasardés, des théories les plus dan-gereuses. On a confondu l’esprit d’association avec l’es-prit de secte, qui n’ont entre eux aucun point de contactou de ressemblance. On a oublié peut-être de part etd’autre que la société humaine, fractionnée en diversesnationalités, n’est elle-même qu’une grande association,dont les associations intermédiaires doivent avoir pourbut essentiel d’accélérer la marche et d’améliorer laprospérité, mais dont elles doivent avant tout respecterles principes généraux et les formes politiques. Nul pro-grès ne peut s’établir en dehors de la science, et jamaisla science n’est conjecturale; elle n’agit, en effet, que dansun ordre parfait de réalités. Elle prend la société tellequ’elle est, et ne rêve point pour elle un type de per-fection , qu’il n’est donné à l’humanité d’atteindre qu’a-près un grand nombre de modifications successives.
On comprendra, nous l’espérons, quelle distance sé-pare CCS principes simples et rationnels des dogmes arbi-
traires et fantastiques proposés par quelques sectesprétendues réformatrices , dont les audacieuses préten-tions, colorées de tous les charmes de l’imagination etde l’éloquence, ont déjà apporté dans la société untrouble et un malaise que la raison, aidée de la' science ;doit s’attacher à neutraliser, et que seule elle peut guérir
On attribue à tort l’invention du système des assu-rances aux juifs qui, persécutés durant le moyen-âge,et souvent arbitrairement dépouillés de leurs propriétés,trouvèrent ainsi le moyen de se prémunir contre l’in-juste et cruel préjugé dont ils étaient continuellementles victimes. C’est une erreur, car, d’après le texte formeldes législations de ces temps déplorables , la propriétéimmobilière était à peu près partout interdite aux juifs,et la propriété mobilière ne leur était concédée qu’àcertaines conditions. C’est probablement la méthode detransporter sans risques de grands capitaux au moyende lettres de change , qui est due à ces circonstances,méthode qu’on a mal à propos confondue avec les assu-rances. D’autres personnes ont aussi pensé que le systèmedes assurances n’avait point été inconnu à l’antiquité;mais on n’en trouve de traces dans aucune législation ,et l’on est fondé à croire que cette allégation n’est pasmoins hasardée que la première.
C’est en Angleterre, sous le règne de la reine Anne,au commencement du dernier siècle , que la plusancienne compagnie d’assurance connue s’établit àLondres . Cette compagnie existe encore sous le nom deSociété amie, qu’elle prit dès sa formation. Elle a uourobjet les assurances sur la vie.
Plusieurs compagnies s’y établirent successivement, etappliquèrent ce système aux divers risques de la pro-priété. Peu à peu la théorie des assurances se rectifiasuivant les progrès de la science ; et les compagniesmodifièrent leurs opérations basées d’abord sur desprincipes peu exacts. Aujourd’hui le système prévoyantdes assurances est populaire dans ce pays, et il s’applique,avec un égal avantage pour les assurances et les assurés,à une foule d’objets qui, par la nature de leur destina-tion , paraissaient les moins susceptibles d’entrer dansdes prévisions de ce genre. La fortune publique se res-sent, en Angleterre, de la sécurité qui environne lespropriétés privées placées sous la sauvegarde de cesinstitutions, dont le principe, garanti par la loi, estnéanmoins abandonné, dans son application, à la spécu-lation individuelle.
L’Allemagne a adopté le système des assurances, maisen général avec une modification essentielle: il Y cstdevenu une loi de l’État. Le gouvernement a rcmpl aCCles associations ou les compagnies : il est lui-même 1 aS 'surcur, et prélève les primes d’assurances comme l,nimpôt spécial, obligatoire pour tous les propriétaires-Ces deux modes d’assurances conviennent également au