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génie des deux nations auxquelles ils s’appliquent. Ilsemble que la marche suivie en Angleterre soit plusconforme à l’esprit des institutions politiques de laFrance , quoiqu’une grande partie de ses riches pro-vinces , nous le disons avec douleur, végète encoredans les chaînes de préjugés malheureux, qui leur ren-draient nécessaire la protection paternelle dont les gou-vernemens de l’Allemagne environnent leurs sujets. Ilest certain que la raison publique a fait en France assezpeu de progrès pour quele système des assurances contreles risques de la propriété en général, et celui qui a pourobjet l’accumulation des capitaux, d’après les probabi-lités de l’existence humaine, y soient encore mal com-pris, et presque repoussés comme des spéculations inté-ressées, sans avantage pour ceux qui y participent à titred’assurés. Sous ce rapport, et comme avant tout nousdevons la vérité à notre pays, nous dirons que cet étatde choses tient presque autant aux procédés incompletset à la marche, souvent embarrassée de contestationsminutieuses, des compagnies d’assurances, qu’à l’igno-rance malheureusement encore bien profonde des po-pulations. Nous n’entendons point accuser ici d’unemanière absolue, ni la probité des compagnies d’assu-rances, ni l’intelligence nationale, mais des faits nom-breux ne prouvent que trop l’influence de ces deuxcauses sur l’éloignement du public pour un mode deconservation de la propriété, dont l’efficacité est démon-trée par la raison et l’expérience. En effet, il est cons-tant, d’une part, que l’application trop restreinte dusystème des assurances, ne contribue pas peu à en em-pêcher la propagation. La plupart des compagnies sontinstituées seulement pour les cas d’incendie; et toutesont établi dans la série d’accidens dont elles s’engagenta réparer le dommage, un nombre considérable d’excep-tions qui bornent leur intervention à des cas excep-tionnels heureusement assez rares. Ainsi, les accidensatmosphériques ou géologiques sont, en général, formel-lement exclus de l’assurance; et les compagnies forméesPour assurer les propriétés rurales contre la grêle et con-tre le feu du ciel, qui devraient être un bienfait immensePour les campagnes, restent encore à établir; car, cellese u petit nombre, qui existent sous cette dénomination,°nt des polices tellement surchargées de prévisions excep-tionnelles, que leur garantie est à peu près une dérision,bes capitalistes français qui entrent dans ces associationsne paraissent pas assez pénétrés de la haute utilité dumandat qu’ils acceptent dans ces circonstances; l’appâtgain est évidemment le mobile principal de leura dhésion aux statuts des compagnies d’assurance. Cetteav tdité ou du moins cette âpre sollicitude qu’ils montrentft Vant tout pour leurs intérêts, est cependant une des«mises qui nuisent le plus à leurs spéculations. Ce n’estainsi au’afiissent en Angleterre les hommes habitués
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aux grandes opérations du commerce, parce qu’ils nesont dépourvus ni de connaissances scientifiques, ni dela moralité qui, à l’époque de civilisation où noussommes arrivés, doivent épurer les sources de la pros-périté individuelle.
D’autre part enfin, ce n’est pas sans raison que nousaccusons l’ignorance publique, puisque naguère, dans laChambre des députés même, assemblée où l’on doitsupposer qu’il existe une intelligence plus éclairée desintérêts généraux, le système des assurances, exposé danstous ses développemens avec beaucoup de clarté et detalent par un de ses membres, n’a trouvé que des au-diteurs distraits, et en résultat une résolution hostile.Sur le chapitre du budget consacré aux secours spé-ciaux, M. Colomès proposa une réduction de 200,000 f.,en s’appuyant sur les considérations les plus positivesen économie politique. ( Voyez le Moniteur , séancedelà Chambre des députés , du vendredi 2 mars i 832.)Nous sommes heureux de pouvoir rappeler ici quel-ques-unes des paroles de cet honorable député. Ce futainsi qu’il s’exprima : — « Je viens appeler votre atten-te tion sur les dégâts causés à notre agriculture par la« grêle et les autres accidens atmosphériques, vous« démontrer en même temps que la somme destinée« dans le budget à la réparation de ces maux est perdue« pour le trésor, sans soulager aucune infortune; enfin,
« soumettre à vos méditations un moyen , selon moi,
« puissant, pour atténuer les effets désastreux de cet
« horrible fléau. Il est une classe toujours trop
« nombreuse, qui songe rarement à réserver le superflu« des temps heureux pour les besoins de l’adversité;
« et ce défaut de prévoyance devient plus grand àa mesure que l’on descend dans l’échelle sociale. Pcut-« être est-il injuste d’accuser cette classe infortunée, si« peu au-dessus de ses besoins. Le mal provient sansa doute en grande partie de la faiblesse de ses ressour-« ces.... Qui de vous n’a été profondément affligé de« l’état déplorable de nos campagnes, lorsque la grêle« ou d’autres accidens atmosphériques sont venus dé-« truire les espérances du laboureur, le travail de ses« bras , le produit de ses capitaux?... Ses bestiaux meu-« rent de misère et de maladie, ses champs languissentj« sans culture, ses forces physiques s’énervent, et les« suites du désastre deviennent plus affligeantes que le« désastre lui-même. Et ne croyez pas que ce tableau« déchirant ne se rencontre que dans une classe peu« nombreuse : elle constitue, au contraire, la très« grande majorité des propriétaires de fonds de terre;« et pour preuve de mon assertion je vous citerai des« chiffres irrécusables. Sur dix millions de familles« agricoles, huit millions, c’est-à-dire les quatre cin-« quièmes, paient moins de 20 francs de coutribu-« tious. »