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tique, la navigation, la gnomonique, la chronologie etYoptique, sont nées de l’astronomie; c’est-à-dire qu’ellessont déduites des principes sur lesquels repose sa théo-rie. Mais chacune de ces subdivisions de la science exi-geant un examen spécial sera exposée ailleurs, et nousne nous occuperons ici que de l’astronomie en général,c’est-à-dire de l’histoire de son origine et de ses progrèschez les diverses nations de la terre.
Nul homme ne peut jeter les yeux vers le ciel et con-templer froidement le grand spectacle qu’il présente. Al’aspect de ces astres innombrables, de ces soleils quipeuplent l’immensité et éclairent des systèmes inconnus,une pensée grave et forte s’empare de lui. Dans la pro-fonde méditation où le plonge cette harmonieuse etpuissante poésie du ciel, l’idée de l’Étre éternel qui aimposé par sa parole d’immuables lois à ces globes luidevient plus claire et plus précise. Ce n’est plus seule-ment une vague intuition, un besoin d’avenir pour safaiblesse, c’est une certitude consolante qui le granditet remplit son âme d’une noble et sainte espérance.Car la pensée de l’homme, souveraine à son tour, s’em-pare dès-lors de ces grands mystères, comme s’ils étaientpour lui un éclatant manifeste de la puissance qui lui aété donnée de s’élancer au-delà de cette sphère bornée,où il subit un exil passager. Partout, dans ce livre im-mense où seul, de tous les êtres qu’il connaît, il lui a étéréservé de lire, il aperçoit la main du Père, qui n’a pului donner une vie intellectuelle sans la faire participerde sa propre immortalité. Telle fut sans doute la pre-mière révélation de la destination humaine qui ait étéfaite à notre raison.
L’astronomie, qui explique l’ordre de l’univers et ré-forme les illusions de nos sens en posant la vérité là oùde trompeuses apparences semblent le plus démentir lascience, a été de tout temps pour l’humanité un objetimportant de recherches et de travail, un but fixé à sonintelligence. Si l’on veut s’assurer de l’antiquité de sestentatives pour se créer une conviction sur les mouve-mens des astres ; si l’on veut s’assurer de ce penchant na-tif qui est en elle, de ce besoin énergique qu’elle éprouvede chercher quel lien mystérieux, mais puissant, il existeentre elle et les phénomènes célestes ; qu’on prenne auhasard un homme bien organisé, mais entièrement dé-pourvu des notions les plus élémentaires du savoir, etque, d’un lieu où il est possible de découvrir une assezgrande étendue du ciel, on lui explique en langage sim-ple et facile le système du monde, on verra cet homme,attentif et soucieux , écouter dans un recueillement pro-fond ces paroles nouvelles pour lui, on le verra subir tourà tour les impressions les plus opposées, suivant que lesdémonstrations de son maître seront admises ou rejetéespar sa raison encore peu développée. Quelquefois unsourire de doute viendra effleurer ses lèvres ; mais plus
souvent un sentiment imprévu d’admiration et d’éton-nement s’emparera de lui, et lui causera cette indéfinis-sable émotion qu’excitent en nous les acccns d’une har-monieuse musique et la majesté sévère des grands phé-nomènes de la nature. Soyez certain qu’aucune de vosparoles n’aura été perdue, et qu’il restera dans lamé-moire de cet homme une trace ineffaçable de votre en-tretien. Et, lorsque solitaire et placé dans les mêmesconditions, en présence de ce grand spectacle, ses re-gards se reporteront involontairement vers les astresdont les lois lui auront été dévoilées, il aimera à repas-ser dans son esprit les sublimes leçons qu’il aura reçues.Ason tour, et parmi des êtres de sa classe,aussi dépourvusque naguère il l’était lui même de toute instruction, cethomme répétera, avec une satisfaction presque orgueil-leuse, tout ce qu’il aura pu retenir de vos leçons. Au-tour de lui s’élèveront certainement des contradicteurs;et, parmi ses compagnons émerveillés, plusieurs se lè-veront pour opposer à scs explications le témoignage deleurs sens et de l’expérience. Bientôt des hypothèsesnouvelles naîtront de ces discussions; et il faudrait, poury mettre un terme, que la science elle-même, avec sespreuves infaillibles, vîntbriser touslcs doutes et éclaircirtoutes les suppositions que cette espèce de tradition au-rait fait naître parmi ces hommes. Telles sont à peuprès les vicissitudes de la vérité sur la terre : l’histoirede l’homme que nous venons de supposer va se retrou-ver avec toutes ses périodes de recherches, de décou-vertes, de doutes et de certitudes, dans l’histoire del’astronomie.
On ne peut fixer, d’une manière conforme aux erre-mens positifs de la science, l’époque certaine des pre-mières observations astronomiques : nous croyons avoirsuffisamment démontré que ces tentatives spontanées,et dans tous les cas isolées, touchent au berceau de l’hu-manité. C’est pour cette raison qu’avant d’adopter unordre chronologique rigoureux, nous exposerons d’a-bord les connaissances primitives des peuples dansl’ordre de leur antiquité présumée.
Il résulte évidemment de toutes les traditions histo-riques, et de nombreux faits géologiques, qu’à uneépoque récente dans les temps, le globe terrestre, sou-mis à une immersion plus ou moins complète, a subides modifications telles, que la plus grande partie desraces humaines présentes à cette catastrophe durentpérir. Sans entrer ici dans l’examen d’une question,qui suivant nous est purement philosophique, et qui nese rattache que de loin au sujet dont nous nous occu-pons, nous dirons qu’il n’est resté sur la terre aucun mo-nument qui puisse indiquer le degré de civilisation oùl’humanité était parvenue à l’époque de ce désastre.D’après l’hypothèse la plus conforme à la raison, hypo-thèse a laquelle les plus récentes découvertes de la g^2T