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Tome premier.
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autre chose quand il s’agit de transporter dans la sciencemême ces appréciations vagues des phénomènes célestes.Les premières paroles de l’enfance ont une naïveté et uncharme auxquels on ne peut être insensible ; mais ce lan-gage , que dans notre âge mûr nous nous souvenons àpeine d’avoir balbutié, ne forme point une branche essen-tielle de l’idiome national.

Les Chaldéens se vantaient de posséder un recueild’observations astronomiques qui remontaient à 493,000ans. Ces inconcevables exagérations, que nous rencon-trerons quelquefois dans les supputations de l’astrono-mie ancienne, ne méritent pas d’être contredites. Maispeut-être n’est-il pas inutile de dire qu’elles ne sont sansdoute que le résultat de l’incohérence qui règne dans ladétermination primitive de l’année, et de l’ignorance ab-solue dans laquelle nous sommes à cet égard. En suppo-sant, comme tout porte à le croire, que cette longue pé-riode clialdéenne puisse se réduire à des jours, on trou-verait encore que leurs travaux astronomiques remontentà une haute antiquité. Les plus anciennes observationschaldéennes qu’il soit possible d’admettre sont celles detrois éclipses de lune qui auraient eu lieu durant les an-nées 719 et 720 avant J.-C. (ans 27 et 28 de l’ère deNabonassar), et dont Ptolémée s’est servi, probable-ment d’après Hipparque , le premier astronome qui aitrecueilli avec discernement et méthode les observationsantérieures à l’astronomie des Grecs. Il est naturel ausside penser que ces observations chaldéennes n’étaient pasles premières qui eussent été faites à Babylone . Elles sup-posent évidemment des études fondées sur une longueexpérience; mais les déterminations qui étaient résultéesde ces premières tentatives n’avaient point le caractèrede précision et de certitudcuqui peut seul utiliser la con-naissance des éclipses. Simplicius, cité par Porphyre ,assure qu’Aristote se fit communiquer, par l’entremisede Calisthènes, un recueil d’observations chaldéennesqui remontaient à 1900 ans avant Alexandre. Cela estfort possible, quoiqu’Aristote lui-même ne parle nullepart d’un fait qui intéressait si expressément la science ;mais ces observations, aujourd’hui perdues, ne pouvaientl’être pour Ptolémée , qui a dû les rejeter en s'arrêtant àcelles des années 719 et 720, dont nous venons de parler,parce qu’elles ne présentaient point le même degré decertitude et d’exactitude. Il est cependant demeuré établique les Chaldéens avaient la connaissance de plusieurspériodes astronomiques dont nous ne pouvons apprécier.a justesse, par la raison déjà donnée de l’impossibilitéoù nous sommes de déterminer la signification qu’ils at-tachaient au mot de leur langue qui correspond à celuid’année. Ces connaissances, au reste, qui ont dû être lefruit de longues observations, ne permettent cependantaucune supposition favorable à l’antiquité de la science,si l’ou considère surtout que les mathématiques étaient

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à peu près ignorées des Chaldéens, dont les connais-sances, sous ce rapport, se bornaient à un système de nu-mération pratique, et que leurs opinions sur le systèmedu monde n’avaient rien de positif et de satisfaisant.

2. Les commencemens de l’astronomie égyptienne sont demeurés cachés dans le mystère qui enveloppait,chez ce peuple singulier, les institutions religieuses,muettes dépositaires de sa civilisation et de son savoir.

On a voulu tirer une conséquence favorable aux con-naissances astronomiques des Egyptiens de la directionexacte des faces de leurs pyramides vers les quatrepoints cardinaux. Certainement le hasard ne peut avoirconstamment produit cette disposition remarquable deleurs plus anciens monumens ; mais cependant aucunesdes observations égyptiennes 11e nous ont été conservées.Il est au contraire historiquement prouvé que les astro-nomes de l’école d’Alexandrie recoururent aux obser-vations chaldéennes. D’un autre côté, long-temps avantcette époque, Tlialès, Pytliagorc, Eudoxe et Platon étaient venus de la Grèce visiter les prêtres égyptiens,et ils puisèrent dans leurs entretiens les connaissancesqu’ils rapportèrent dans leur patrie. D’où vient doncque les monumens et les prêtres de l’Egypte sont de-meurés muets pour les savans d’Alexandrie ? C’est là ,si l’on peut s’exprimer ainsi, une de ces singularitésde l’histoire qui doivent rester à jamais inexplicables,et qu’il faut se borner à faire remarquer.

Manetlion, prêtre égyptien , dont nous avons déjà eul’occasion de parler, composa, vers l’an 260 avant J.-C.,une histoire de sou pays pour l’instruction de Ptolémée-Philadelphe, fils et successeur de Lagus. Il n’est paspossible desavoir si cet écrivain, en compilant les contesles plus absurdes, et en faisant remonter l’origine de lacivilisation égyptienne à une antiquité fabuleuse, répé-tait des opiuions reçues par la caste privilégiée dont ilfaisait partie, ou s’il voulait tromper sciemment uuprince de race étrangère, en lui inspirant du respect pourune nation dont les dieux eux-mêmes avaient gouvernéles ancêtres durant une période immense. Quoiqu’on nepuisse tirer aucune induction certaine de tout ce chaoshistorique , il est demeuré prouvé, par des monumenset des témoignages non suspects, que l’Egypte , dès uneantiquité relative fort reculée, possédait des connais-sances astronomiques déjà avancées, que les mouve-meus de Mercure et de Vénus autour du soleil y avaientété observés ; qu’elle avait une année civile de trois centsoixante-cinq jours, divisée en douze mois de trentejours, et cinq jours épagomènes; que l’observation dulever liéliaque de Syrius, dont le retour était retardéchaque année d’un quart de jour, y avait fait fonder lapériode sothique de 1461 ans, qui ramenait les moiset les fêtes, à peu de variations près, aux mêmessaisons. Enfin , les zodiaques égyptiens qui se sont con-