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servés jusqu’à nous, attestent le soin avec lequel ce peupleobservait la position des solstices dans les constellationsou signes de la zone zodiacale. On lui attribue aussi l’éta-blissement de la période de sept jours qui formaient lasemaine, et qui étaient placés dans l’ordre où l’ancienneastronomie plaçaitle soleil, la lune et les planètes, d’aprèsleur distance de la terre, et en partant delà plus grande :Saturne, samedi; Jupiter , jeudi ; Mars, mardi ; le Soleil,dimanche; Vénus, vendredi; Mercure, mercredi; laLune , lundi. Les chrétiens, qui, par un motif religieux,ont appelé le jour du soleil dimanche ou jour du Sei-gneur, ont complètement interverti cet ordre, en com-mençant la semaine par le jour de la lune ou le lundi.
3. Il existe à l’est et au nqrd de l’Asie un immenseempire, dont la population homogène, régie par lesmêmes lois, et surtout par les mêmes mœurs, se comptepar myriades d’individus. Cette nation, dont la civilisa-tion traditionnelle se perd dans un passé sans bornes,et ne participe point de la nôtre, nation d’hommes quine se mêlent point aux autres hommes, qui ne connais-sent pas leurs ancêtres, et prétendent posséder une listenon interrompue de souverains, dont les plus rappro-chés de nous dans cette étrange chronologie , régnaientaune époque où, suivant nos connaissances religieuseset historiques, l’homme n’avait point encore apparu surla terre, la nation Chinoise enfin, se vante de conser-ver dans ses annales les observations astronomiques lesplus anciennes. Quelques savans, sans adopter néan-moins les prétentions historiques des Chinois, semblentleur accorder ce dernier avantage sur les autres peuples.Nous n’adoptons point cette opinion; car il ne faut qu’exa-miner avec un peu d’attention ce qu’on nous a commu-niqué de ces annales, pour être convaincu qu’ellesn’offrent qu'un assemblage incohérent de faits impossi-bles. Le plus ancien livre delà Chine , le Chouking,attribué à Confutzée ou Confucius , et qui aurait été écritpar lui il y a environ deux mille deux cent soixante ans,en supposant qu’il en ait été conservé des copies authen-tiques , n’attribue point à cet empire une origine quiehoque d’une manière aussi tranchante toutes les idéesdel’histoire. Confutzée commence celle de la Chine à une mpereur nommé Yao, lequel s’occupa de Y écoulementdes eaux qui s*étaient élevées jusqu’au ciel. Ceci estfort remarquable; car, d’après ce document, Yao auraitVécu à 4x63 ou 3g43 années de nous, c’est-à-dire unpeu moins de deux mille ans avant notre ère, époquea laquelle toutes les traditions reçues placent la fin dugrand cataclysme qui bouleversa le monde, et où seretrouve le berceau des sociétés. Ce fut, ajoute-t-on,environ mille ans après Yao, que l’empereur Tcheou-&°ng fit les premières observations astronomiques quipuissent être utiles à la science. Mais nous ne croyons pasdevoir nous étendre sur ce fait, pas plus que sur ceux de
la conjonction de cinq planètes et de l’éclipse de soleil,qui avaient été observées en Chine durant les années 2514et 2436 avant notre ère. Les astronomes du dernier siècleont vainement voulu soumettre les prétendues observa-tions de ces antiques phénomènes aux lois du calcul : iln’est résulté de ces tentatives, et de la polémique dontelles ont été la cause, que des appréciations à peu prèsaussi vagues que celles des Chinois. Cependant, quel quesoit l’origine de ce grand peuple, il n’est pas douteuxque son astronomie pratique n’ait une date fort an-cienne. Dès l’époque la plus reculée, il existait en Chine un tribunal des mathématiques chargé de diriger et devérifier les observations des astronomes, d’après lesquellesce tribunal fixait le calendrier et annonçait les éclipses.Nous accordons aussi qu’on y a observé dès long-tempsles ombres méridiennes du gnomon aux solstices, et lepassage des astres au méridien : mais en faisant la partdu tort réel que dut faire au progrès de la science l’in-cendie des livres chinois, ordonné par l’empereur Chi-Hoanti, vers l’an 21 3 avant notre ère, nous nous éton-nerons que la marche de la civilisation ait suivi chez cettenation une marche tout opposée à celle qu’elle a suiviepartout ailleurs, c’est-à-dire qu’elle ait commencé pard’immenses découvertes, et fini par l’ignorance la pluscomplète des premiers élémens de la science. En général,il est constant que l’Europe a été dupe des contes mer-veilleux que lui ont faits les voyageurs du moyen-âge, ycompris Marc Paul, sur unerace d’hommes dont les insti-tutions bizarres, les préjugés et les mœurs se prêtaientsi bien, par leur singularité, à toutes les exagérations del’imagination. Les premiers missionnaires européens quipénétrèrent en Chine y trouvèrent les sciences dans unétat peu florissant, et peu d’accord jrar conséquent avecl’antiquité depuis laquelle les Chinois se vantaient de lesposséder. Leur géométrie 11 e consistait qu’en quelquesrègles très-élémentaires de l’arpentage. Ils connaissaientla propriété du triangle rectangle; mais ils n’en faisaientaucune application. La trigonométrie sphérique, si essentielle à l’astronomie, ne leur avait point été connueavant le X e siècle, et il est probable qu’ils la tenaientdes astronomes arabes. Leur arithmétique se borneencore aujourd’hui à quelques règles d’un usage com-mun, et s’exécute au moyen d’un instrument assezsemblable à un abacus. Ils en étaient également auxélémens de la mécanique et de la navigation ; ils n’a-vaient aucune idée de l’optique. Ces objections, quireposent sur des données certaines, nous paraissentconcluantes; elles nous dispenseront de parler de l’astro-nomie indienne, et de celle des anciens Parsis, qui setrouvent à peu près dans les mêmes conditions, et pré-sentent dans leurs observations le même degré d’inexac-titude et d’exagération chronologique.
4- Avant d’aborder l’histoire authentique de l’attro*