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nomie, dont nous suivrons désormais en Grèce les vé-ritables progrès et les découvertes scientifiques, jus-qu’au moment où les vicissitudes des temps transporte-ront cette science au sein d’autres nations, il nous paraîtconvenable de rappeler ici quelques circonstances qui serattachent évidemment à son origine et à son usage dansles siècles que nous avons appelés héroïques. Il n'y a pasde doute que toutes les anciennes cosmogonies, uneseule peut-être exceptée, ont plus ou moins pour basedes observations astronomiques. Les premiers noms desplanètes sont partout ceux des dieux. Le Soleil a régnéen Egypte comme Mercure; le Temps, regardé commele père des dieux, est personnifié dans Saturne , la pla-nète qu’on croyait alors la plus éloignée du système dela terre; la Lune , sous le nom de Diane, a des rapportsfréquens avec leshabitans de notre globe. Tout fait pré-sumer que l’histoire des héros de tous les mythes anciens,dont les noms sontdemeurés attachés à des constellations,n’est aussi qu’une allégorie astronomique. Avec le temps,ces allégories et ces fables prirent dans l’esprit des socié-tés naissantes le caractère grave de croyances religieuses.Cela est probable, en effet; et l’on peut même, à l’aided’une facile érudition, retrouver dans l’histoire des ci-vilisations passées, un nombre considérable de ces rap-ports étranges entre les phénomènes célestes et les théo-gonies; mais il faut se garder, comme d’une erreur dan-gereuse, de donner une extension sans bornes à cettehypothèse historique. C’est cette erreur soutenue avec lapersistance la plus aveugle, qui a malheureusement ins-piré un livre moderne, où la science et la raison sontcontinuellement sacrifiées à des appréciations arbitraires,exposées dans l’intérêt d’un coupable système. Nousvoulons parler de Y Origine de tous les cultes, productionoù l’audace du mensonge, colorée de toutes les séductionsd’un style simple et peu scientifique, met les fausses idéesde son auteur à la portée de toutes les intelligences. Leplan de Dupuis fut évidemment d’achever l’oeuvre en-cyclopédique, en prouvant que la religion chrétienne n’avait pas d’autres bases que celles empruntées à l’ob-servation du mouvement des astres par les anciennescosmogonies, et qu’en conséquence le christianismen’était, lui aussi, qu’une fable astronomique. L’extra-vagance des suppositions où l’auteur est entraînépour coordonner toutes les parties de son absurde sys-tème, aurait dû nous dispenser d’en parler dans cettepartie d’un travail sérieux, où la science semble n’avoira remplir qu’une mission spéciale. Mais si les jeunesgénérations auxquelles nous nous adressons ont beau-coup à apprendre, elles ont aussi beaucoup à oublier;et nous regardons comme un de nos devoirs les plussacrés de leur signaler au moins les écueils contre les-quels leur intelligence pourrait aller se briser. Peu demots suffiront, au reste, pour placer la théogonie de
Moïse hors des atteintes de Dupuis. L’origine du systèmedu monde n’est point cachée dans la Genèse sous le voiledes allégories; c’est une exposition sublime par sa sim-plicité, d’une grande révélation , ou, si l’on veut, d’unethéosophie qui n’a rien de choquant pour la raison. Là, iln’y a rien d’emprunté à des traditions humaines. En prin-cipe Dieu créa le ciel et la terre : les astres, la lumièreet le temps, tout est l’oeuvre de sa parole. S’il noussemble dans l’histoire de l’homme que quelque chosereste inexpliqué, c’est sans doute que l’auteur sacrén’a voulu que traduire en langage humain un problème,dont l’explication n’appartenait point à la mission qu’ilvenait remplir sur la terre. Mais il est impossible detrouver dans le Sepher de Moïse aucun rapport, mêmeéloigné , avec les élémens cosmogoniques des reli-gions de l’antiquité. Si l’on songe ensuite que ce livre,qui est le plus ancien et le plus authentique dont l’hu-manité puisse se prévaloir, ne renferme rien qui soiten opposition aux lois connues de la science, et quechaque jour, au contraire, les nouvelles découvertesviennent en justifier les appréciations phénoméniques,on conviendra qu’on ne doit en aborder la lecture qu’a-vec un profond sentiment de vénération et d’amourpour la vérité.
Lorsque l’homme eut trouvé dans les phénomènes cé-lestes la réalisation des idées qu’il s’était faites sur la divi-nité, dont il avait partagé le pouvoir créateur entre unefoule de puissances immortelles, il se persuada facile-ment que les astres, doués d’une intelligence supé-rieure , exerçaient une influence directe sur sa destinée.Comme il avait fait ses dieux avec toutes scs passions,il dut s’habituer à les considérer sous le point de vue deleur double nature divine et humaine; et enfin le désirde pénétrer dans l’avenir, désir qui se manifeste chezl’homme dans tous les degrés de civilisation qu’il subit,dut lui faire attacher une haute importance à certainssignes ou aspect des astres, dont son esprit égaré par uneexpérience trompeuse, tira des conséquences absolues.Telles sont probablement les idées qui donnèrent nais-sance à I’astrologie judiciaire , c’est-à-dire à l’artprétendu de prédire l’avenir par les aspects, les posi-tions et les influences des corps célestes. C’est chez lepeuple qu’on suppose avoir eu, le premier, des notionsastronomiques, qu’on trouve aussi les premières tracesde l’astrologie ; tant il est vrai que dans le développe-ment intellectuel de l’homme, l’erreur touche de près àla vérité! Ce mot servit long-temps à désigner la sciencemême; ce qui prouve que dans l’antiquité on ne faisaitnulle différence entre l’art conjectural de quelquesimposteurs, et la connaissance scientifique des lois desastres. Les Chaldéens et les Égyptiens paraissent avoireu un penchant décidé pour l’astrologie : c’est encoresur leur autorité que s’appuient lés charlatans auprès du