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vulgaire. Il est probable que cette aberration de l’intel-ligence n’a pas été le moindre obstacle qu’aient rencon-tré les progrès de la science durant tant de siècles,où elle n’était cultivée que pour satisfaire une vainecuriosité, au moyen de calculs et d’observations chimé-riques. Quoi qu’il en soit, les Chaldéens et les Egyptiensavaient dans toute la terre une réputation prodigieusesous ce rapport ; et s’il est vrai, comme le raconteVit ruve, qu’un prêtre clialdéen , nommé Bérose , vintautrefois en Grèce , et y reçut des honneurs presquedivins, à cause de ses connaissances astrologiques, ilfaut convenir que les hommes sont toujours disposés àaccueillir favorablement les mensonges qui flattent leurspréjugés et leurs secrets penchans. Nous ne serions guèreplus raisonnables si nous adoptions comme des décou-vertes réelles et des faits incontestables toutes les pré-tendues observations de l’astronomie ancienne, qui, sil’on ne les sépare pas des exagérations chronologiquesdont elles sont accompagnées, peuvent bien n’être quedes rêveries astrologiques, mal appréciées à l’époque oùl’astronomie fut l’objet de travaux plus sérieux.
Jusqu’à une époque assez rapprochée de nous, lesfolies de l’astrologie judiciaire ont souvent usurpé unegrande place dans l’histoire de la science. On les retrouvedans le moyen-âge, chez les Arabes même, à qui nousdevons des travaux si importans et si réellement scienti-fiques. L’Europe au XV e siècle était infatuée de cettePrétendue science, que la grande et puissante décou-verte du véritable système du monde a seule pu fairedescendre du trépied sur lequel elle rendait ses oracles.De nos jours on retrouve encore quelques traces del’astrologie judiciaire dans des almanachs malheureu-sement populaires, et qui réunissent un nombre tropconsidérable de crédules lecteurs.
5. Quoique l’illustre Newton ait pris pour l’une desbases de sa chronologie le fabuleux voyage des Argo-nautes, nous sommes peu disposés à chercher quelsrapports peuvent exister entre cette expédition et lesconnaissances astronomiques de la Grèce ancienne. Ilest certain qu’avant Thalès et Pythagore , l’astronomiedes Grecs se bornait à l’observation des levers et descouchers liéliaques ou aclironiques de quelques étoilesremarquables; observation pratique, et qui avait sasource dans les besoins de l’agriculture. On ne trouverien dans Homère et surtout dans Hésiode , les plusa nciens poètes qu’on puisse consulter à défaut d’histo-riens, qui s’élève au-dessus de ces notions vulgaires.
La division du ciel en constellations et à peu près avecf es noms que les Grecs leur donnèrent, subsiste encoredans notre astronomie. Mais il serait peut-être hardi deVouloir déterminer l’époque où cet ingénieux travail futaccompli dans la Grèce . Si, comme le pensent de savansastronomes, ce travail était antérieur au siège de Troie,
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on eu trouverait des traces dans les poètes que nous ve-nons dénommer. Néanmoins l’imagination brillante dece peuple, et ce génie de la fiction qui lui est propre,éclatent partout dans ce monument ingénieux de l’an-cienne astronomie. Tout porte donc à croire que les Grecssont en grande partie les auteurs de la division du ciel,ou que du moins ils eurent l’art d’y rattacher de bonneheure toutes leurs traditions nationales. Le groupe nom-breux des Pléiades, dont l’étymologie grecque esta-As*»»,beaucoup , plusieurs , sera pour eux la réunion des fillesde l’antique Atlas; Caïisto et son fils sont les Ourses; lebrillant groupe d’étoiles qu’on découvre au midi de laGrèce; est le navire Argo; Castor et Pollux, Hercule ,le Vautour qui gardait la toison d’or, le Bélier qui l’a-vait fournie, tous ces êtres ou ces objets imaginairesseront placés par eux dans le ciel, où la religion vien-dra bientôt consacrer leur migration poétique.
Sans entrer dans aucune discussion au sujet de l’ori-gine des constellations et de la division du zodiaque,qui paraît appartenir à des peuples plus anciens que lesGrecs, nous dirons que cette nation , dont l’histoire selie plus intimement à la nôtre, a dû emprunter par-ticulièrement aux Egyptiens, d’où la tradition faisaitsortir sa civilisation, une grande partie des premierstravaux de son astronomie. Cette science ne commenceen effet à mériter ce nom dans la Grèce qu’à l’époqueoù le célèbre Thalès de Milet fonda l’école ionienne.Ce philosophe naquit vers l’an 64o avant notre ère : iln’était déjà plus jeune lorsqu’il alla puiser en Egypte des connaissances qu’il n’avait point trouvées dans sapatrie, où il revint apporter une vaste instructionqu’il avait acquise, dit-on, dans ses entretiens avec lesprêtres égyptiens. Le premier daus la Grèce , Thalèsenseigna la sphéricité de la terre , l’obliquité de l’éclip-tique, expliqua les vraies causes des éclipses, et enprédit une au moyen d’une méthode qui nous est de-meurée inconnue. Cetle éclipse arriva, suivant le té-moignage de Pline et les calculs *d’un astronome mo-derne, l’an 585 avant J.-C., ou la quatrième année dela XLVIIF olympiade.
Après Thalès , l’école ionienne vit fleurir successive-ment Anaximandre, Anaximène et Anaxagore , quiprofessèrent les doctrines de leurs maîtres, et introdui-sirent en Grèce l’usage du gnomon et, des cartes géo-graphiques : le dernier fut, dit-on, proscrit par lesAthéniens comme impie. Ces trois philosophes, nomsous lequel on désignait alors généralement les hommesdont les connaissances s’élevaient au-dessus-du vulgaireétablirent ainsi en Grèce les premiers principes d'uneastronomie scientifique. Mais dans le même temps, undisciple de Thalès fondait en Italie une école dont laréputation et la gloire devaient effacer celles de l’écoleionienne. L’illustre et célèbre Pythagore , né à Saraoï,