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Tome premier.
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Environ un siècle après Pythagore, deux astronomesgrecs, Meton et Euctemon , exposèrent aux jeux olym-piques une table astronomique où était expliqué l’ordred une période nouvelle qui devait servir à rectifier lecalendrier de la Grèce , en conciliant les mouvemens dela lune et du soleil. Cette période, que les Grecs adop-tèrent avec enthousiasme, a été célèbre sous le nomd-’ennéadécatéride, ou cycle de 19 ans. Elle était de dix-ueuf années lunai res, dont douze se composai ent de douzetunaisons, et les sept autres de treize. Callipe apportaplus tard quelque changement à cette période qui anti-cipait de quelques heures sur les révolutions précises dusoleil et sur celles de la lune. Il quadrupla le cycle deMeton , et en forma un nouveau de 76 ans, au termeduquel on devait retrancher un jour. Cette autre période,qui a été appelée callipique, du nom de son auteur, avaitété formée d’après l’évaluation de l’année à 365 jours6 heures, et offrait encore une anticipation de quelquesminutes. Ce défaut fut remarqué parle célèbre Hippar -que; mais l’usage du cycle de Callipe prévalut sur celuique présenta cet astronome. Il n’est pas inutile de rap-peler ici que la réforme du calendrier, en 1 58 a, futnécessitée par l’accumulation des anticipations de cecycle depuis l’époque du concile de Nicée , jusqu’àcette année du seizième siècle.

On attribue encore à Meton et Euctemon une ob-servation astronomique fort importante pour l’histoirede la science dans la Grèce , et que nous ne pouvonspasser sous silence : c’est celle du solstice d’été del’an 432 avant J.-C. Dans le siècle suivant, c’est-à-direa peu près du temps d’Alexandre, la république deMarseille vit naître Pytheas , qui s’est illustré commegéographe et comme astronome. Nous aurons l’occasiond’envisager ses travaux sous ce double rapport : il suf-fira de dire, dans ce rapide résumé de l’histoire de l’as-tronomie, qu’à cette époque Pytheas observa à Mar-seille la longueur méridienne du gnomon au solsticed’été. Cette observation remarquable à cause de sonantiquité, est surtout précieuse pour les astronomes, enc nqu’elle confirme les diminutions successives de l’obli-quité de l’écliptique.

C’est à Pytheas de Marseille que finit véritablement

première période de l’histoire de l’astronomie chezles Grecs, car elle renferme tous les progrès qui s'effec-tuèrent dans la science depuis Thaïes jusqu’à Alexandre.^Ous croyons donc devoir passer sous silence les tra-Va ux de quelques astronomes du siècle qui précéda lafondation de l’école d’Alexandrie, tels qu’Archytas ,l'Gucippe, Démocrite , dont les observations n’appor-terent aucun changement essentiel aux hypothèses adop-tées avant eux. Il en est de-même de Platon et de l’écolecélèbre qu’il créa. On sait que cet homme prodigieux,

à qm le monde est redevable d’une philosophie qui

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donna une si haute direction aux sciences morales, avaitnéanmoins adopté le système du monde, généralementreçu de son temps, et qui fait la terre immobile au centrede l’univers. Cependant Plutarque assure qu’arrivé auxbornes de la vie, le divin Platon renonça à cette erreur,et embrassa le système pythagoricien. ( Plut. Quest.plat. 7. ) Les principaux disciples de Platon qui s’occu-pèrent d’astronomie, comme Hélicon de Cysique etle célèbre Eudoxe , professèrent des opinions si erronéessur cette matière , que leur exposition est devenue com-plètement étrangère à l’histoire de la science. Aristote et l’école péripatéticienne ne s’occupèrent pas d’astro-nomie , ou ne l’envisagèrent que dans le sens des fausseshypothèses dont elle était l’objet, et à l’aide d’une mau-vaise physique. Ce fut cependant l’opinion d’Aristote ,basée sur des principes aussi peu solides , qui porta ledernier coup au système pythagoricien. Cette opinionfut adoptée par les plus célèbres astronomes d’Alexan-drie , et durant quatorze siècles l’intelligence humainegravita dans le cercle étroit que l’empirisme avait tracéautour d’elle. Il nous reste maintenant à suivre la mar-che de la science pendant cette longue période, et à con-sidérer par quels immenses travaux l’humanité rachetala conquête de la vérité qu’elle avait dédaignée deuxmille ans auparavant.

6. On a vu que l’astronomie des divers peuples civi-lisés, dout nous avons interrogé l’histoire, était entière-ment pratique. Les phénomènes des saisons, des éclip-ses, l’apparition des comètes, n’étaient observés quedans l’intérêt des besoins sociaux, et peut-être aussidans celui des préjugés, que nourrissaient les frayeursoccasionnées par l’accomplissement de ces grandes loisgénérales. Toute la science consistait dans la connais-sance des diverses périodes calculées sur de longuesobservations ; elle ne rassemblait sur le système del’univers qne des conjectures, dont la plupart étaientmalheureuses et fondées sur les rapports des sens avec lesapparences des mouvemens planétaires. A dater de la fon-dation de l’école d’Alexandrie, l’astronomie va prendreune place plus distinguée dansles connaissances humaines.Les observations s’exécuteront dès lors à l’aide d’ins-trumens ingénieux et propres à mesurer les angles :elles seront calculées d’après les méthodes trigonomé-triques. Des cercles du ciel seront dressés, et la posi-tion des étoiles sera déterminée avec une exactitudedont toutes les observations antérieures n’avaient pointapproché. Les mouvemens du soleil et de la lune,ceux des planètes seront appréciés et saisis avec plus dejustesse; et enfin de l’ensemble des travaux entreprisau sein de cette illustre école, sortira le premier systèmeastronomique complet, malgré les erreurs qu’il consa-crera , et qui, adopté par toutes les nations , donneradu moins à la science ce caractère d’unité à l’aide duquel