-168 AS
s’établira sa marche progressive vers le vrai svstème dumonde.
De toutes les branches des sciences mathématiques,dont les travaux de l’école d’Alexandrie accélérèrentles progrès, aucune ne fut cultivée avec plus d’ardeuret de Succès que l’astronomie. Nous avons déjà présentédans un article de ce Dictionnaire, sous un point de vuegénéral, l’ensemble de l’histoire de la science, en par-lant de cette institution célèbre : nous croyons devoir yrenvoyer le lecteur. ( Voyez Alexandrie (ecole d’. )Cependant, pour intervertir le moins possible l’ordredes recherches spéciales auxquelles nous nous livronsici, nous résumerons dans quelques considérations nou-velles cette partie si importante de l’histoire de l'astro-nomie.
Si ce que nous avons dit plus haut relativement auxprétendues connaissances attribuées aux prêtres égyp-tiens , et à l’antiquité non moins douteuse de leursobservations (a), avait besoin d’être plus particulièrementdémontré, les travaux des astronomes alexandrinsseraient un témoignage irrécusable de la justesse de nosobjections. Ni Aristille, ni Timocliaris , ni le judicieuxHipparque, ni le savant et ingénieux Ptolémée , nepurent se servir des observations si vantées de l’antiqueet mystérieuse Egypte . Les premiers de ces grands astro-nomes, aidés de toute la faveur des^ successeurs deLagus, durent avoir à leur disposition tous les docu-mens utiles à la science qu’ils pratiquaient; et il est pro-bable que dans un pays dont les raonumens étaient cou-verts de caractères qui dans l’opinion générale conser-vaient les fastes nationaux, ils eurent tous les moyenspossibles de s’éclairer. Cependant la plus ancienneobservation, rapportée par Ptolémée , est empruntéeaux annales de Babylone , et elle ne remonte qu’àl’an ig avant l’ère chrétienne (i).
C’est donc à tort qu’inclinée devant ces antiques restesd’une civilisation à peu près inconnue, et qui ont sur-nagé sur les vagues des siècles, la science rêveuse cher-
*
che a lire ces pages muettes pour elle, et à soulever levoile qui couvre le passé.
Long-temps avant Hipparque , Aristarque de Sarnosessaya vainement de faire prévaloir à l’école d’Alexan-drie l’opinion pythagoricienne sur le système du monde.N’est-ce donc pas une preuve évidente de l’excentricitéde ce système^ que la profonde indifférence avec la-quelle il fut accueilli dans la terre même où l’on a pré-tendu qu il avait pris naissance? Et plusieurs sièclesaprès, lorsque le studieux Ptolémée rassembla tous lestravaux astronomiques des temps anciens , la productionde ce système ne changea rien à ses opinions, et ildépensa un immense talent pour expliquer le systèmeopposé, qui était celui de l’Egypte , par une complica-
AS
tion prodigieuse de combinaisons et d’hypothèses quiattestent seulement la fécondité brillante de son génie.
Cette noble tentative d’Aristarque de Samos , lesobservations importantes d’Hipparque , et les travauxsynthétiques de Ptolémée , nous semblent caractériserles trois âges de l’astronomie dans l'école d’Alexandrie.Du temps d’Aristarque , le système général du mondeest encore en discussion ; mais ce premier travail est inu-tile , et Hipparque n’apporte que peu de changemens àl’opinion reçue, en faisant mouvoir le soleil uniformé-ment dans un ordre circulaire, et en éloignant la terrede la vingt-quatrième partie du rayonnait lieu de la pla-cer à son centre. Ptolémée s’empare en maître de cesdivers travaux, il les coordonne, les rectifie suivant denouvelles observations opérées à l’aide de meilleursinstrumens, et forme un système qui diffère peu de celuid’Hipparque et de celui des Egyptiens; mais il l’entoured’explications qui étonnent l’imagination, et qui sup-posent en lui une science si profonde que nul aprèslui n’osera porter la main sur son œuvre.
La découverte qui a immortalise Hipparque est cellede la précession des équinoxes; et ce fut pour expliquerce phénomène réel de l’inégalité des deux intervallesd’un équinoxe à l’autre, qu’il proposa son hypothèsesur le mouvement du soleil. Ptolémée confirma cettedécouverte par de nouvelles observations, mais il n’endonna pas des explications plus satisfaisantes. La plusimportante de celles qu’on attribue à ce grand astro-nome est celle de l’évection de la lune. ( Voyez ce mot. )Voici au surplus l’idée générale qu’on peut se faire deson système, et qu’il est important de connaître pour biencomprendre la nature des progrès de l’astronomie mo-derne et l’importance des travaux des Arabes durant lemoyen-âge. Nous empruntons à La Place l’exposition quece savant et ihustre géomètre en a faite en ces ternies :«Ce fut, dans l’antiquité, une opinion générale, que le« mouvement uniforme et circulaire, comme le plus par-« fait, devait être celui des astres. Cette erreur s'est« maintenue jusqu’à Képlcr, qu’elle arrêta pendant« long-temps dans scs recherches. Ptolémée l’adopta,« et plaçant la terre au centre des mouvemeus célestes,« il essaya de représenter leurs inégalités dans cette« hypothèse. Que l’on imagine en mouvement sur une« première circonférence dont la terre occupe le centre,« celui d’une circonférence sur laquelle se meut le centre« d’une troisième circonférence, et ainsi de suite jus-« qu'à la dernière que l’astre décrit uniformément. Si« le rayon d’une de ces circonférences surpasse la somme« des autres rayons, ce mouvement apparent de l’astre« autour de la terre, sera composé d’un moyen mou-« vement uniforme, et de plusieurs inégalités dépen-« dantes des rapports qu’ont entre eux les rayons des« diverses circonférences, et des mouvemens de leuts