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cette époque de progrès, que plus lard l’imaginationardente de ces peuples qui viven de poésie, reproduisitdans leurs traditions avec l’exagération et l’amour dumerveilleux qui lui sont naturels. Mais parmi tous lesprinces arabes qui s’illustrèrent par leur amour pour lessciences, le khalife Êl-Mamoun-Abd-Allah, deuxièmefils d’Haroun, et qui monta sur le trône l’an 198de l’hégyre (8i3-i4 de J.-C.), mérite une mentionparticulière. Il protégea Jes sciences en souverain et enphilosophe ; car, magnanime comme Alexandre, iln’oublia pas dans ses expéditions guerrières le noble butqu’il s’était fixé : il imposa à Michel III un tribut enlivres, trésor de l’antique civilisation de la Grèce , etplus tard il fit la guerre à Théophile qui avait refuséde laisser partir pour Bagdad Léon, archevêque deThessalonique , que cet empereur chrétien laissait vivredu prix des leçons qu’il était obligé de donner aux escla-ves. A dater du règne d’Él-Mamoun toutes les sciences»et particulièrement l’astronomie, prirent chez les Arabes un développement prodigieux, et une foule d’hommesremarquables par leurs travaux et leur aptitude scienti-fiques , se pressèrent autour de son trône. L ’Almageste fut traduit comme tous les ouvrages mathématiques dela Grèce et de l’école d’Alexandrie. Les astronomes deBagdad firent un grand nombre d’observations impor-tantes , et dressèrent de nouvelles tables du soleil et dela lune, plus exactes que celles de Plolémée, auxquelleson a donné le nom de Tables vérifiées. Us détermi-nèrent avec plus de précision qu’Hipparque la durée del’année tropique, et mesurèrent dans une plaine de laMésopotamie un degré du méridien, dans le but d’ob-tenir une évaluation juste de la grandeur de la terre.
Nous aurions à citer un grand nombre d’astronomescélèbres qui se distinguèrent par d’utiles et grands tra-vaux sous le règne d’Êl-Mamoun, et sous celui de sessuccesseurs ; car l’astronomie se ressentit long-temps dela protection puissante que lui avait accordée ce princeéclairé. Cette revue intéressante nous ferait dépasser debeaucoup les bornes qui nous sont imposées; nous con-sacrerons des biographies à ceux dont les découvertesont le plus contribué aux progrès de la science, et nousrenverrons le lecteur, pour les autres, au recueil ded’Herbelot, et aux diverses bibliothèques orientales.Voyez Alhases, Albatenius , etc.
Les Arabes ne se bornèrent pas à des observations,dont la science moderne a souvent l’occasion d’apprécierl'exactitude; ils donnèrent aussi tous leurs soins à laperfection des instrumeus astronomiques; et lorsque,par leur invasion en Espagne , ils furent à môme decommuniquer à l’Europe les connaissances qu’ils avaientacquises, ce moyen puissant d’en vérifier les calculs etles résultats contribua beaucoup à les répandre.
Ainsi, l’époque à laquelle nous avons donné le nom
de moyen-âge, qui fut pour nous une époque de ténè-bres et de servitude, renferme la période la plus bril-lante de l’histoire des Arabes. Lorsque nos chevaliers,aussi braves qu’ignorans, suivirent en Orient ces my-riades de pèlerins armés qu’y conduisait l’exaltationreligieuse, ils s’imaginaient aller combattre des bar-bares , dignes à peine de tomber sous leur noble épée.Us eurent affaire à une nation aussi vaillante qu’éclairée,et la civilisation arabe triompha de cette attaque for-midable : mais les chrétiens rapportèrent d’Orient desidées qui germèrent en Europe , et concoururent plustard à sa rénovation intellectuelle. Tel fut le résultat leplus positif des croisades. U est grand sans doute, ettémoigne éloquemment de la direction providentielleque subit l’histoire sociale.
8. Vers le milieu du XI® siècle, les Persans, long-temps soumis aux Arabes , secouèrent le joug de leurskhalyfes ; mais ils continuèrent à pratiquer les sciencesque leurs conquérans leur avaient enseignées. Omar-Çheyau, l’un de leurs plus célèbres astronomes, reformaleur calendrier, dans lequel on trouve une intercala-tion que Dominique Cassini , à la fin du XVII® siècle,proposa comme plus exacte que l’intercalation grégo-rienne. Ce savant paraîtavoir ignoré l’existence déjà an-cienne de ces progrès astronomiques chez les Persans.Deux siècles après, Holagu-Uecoukan , souverain de laPerse, donna aux études astronomiques les plus louablesencouragemens, et Ulugli-Beigh, un de ses successeurs,doit être mis lui-même au rang des meilleurs obser-vateurs. U mesura, en 1477» l’obliquité de l’écliptique,et dressa des tables astronomiques que celles de Tycho-Prahé surpassèrent seules en exactitude et en perfection.
La Chine participa durant le moyen-âge de ces pro-grès généraux de l’astronomie dans l’Orient. Nous de-vons aux missionnaires chrétiens, et particulièrementau savant jésuite Gaubil, la connaissance d’une suited’observations qui s’étendent de l’an 1100 avant notreère, jusqu’en 1280 après. Dans le V e siècle, un habileastronome chinois, nommé Tsoutcliong, avait déter-miné la grandeur de l’année tropique avec plus d’exac-titude que les Grecs et les Arabes , en la fixant à365 jours 24282. Cette évaluation est à peu de choseprès celle de Copernic .
En 1271, Kobilai, cinquième successeur de Gcngis-Kan , protégea l’astronomie , en Chine , avec autant dezèle et de générosité que son frère Ilolagu-Uecoukanen Perse. Il est curieux de suivre ces migrations diversesde la science : des Arabes chez les Persans, des Persanschez les Tartares, des Tartares chez les Chinois. Kobilainomma chef du tribunal des mathématiques Cocheou-King, qui est le Ptolémée de la Chine . Ce célèbreobservateur a laissé des travaux remarquables que lepère Gaubil a communiqués à l’Europe . 11 fit construire