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possession de la vérité! Ce spectacle est beau, cetterévolution est immense, et cependant la science n’estencore qu’à l’aurore de son règne.
Ce fut le 19 février 1 ^ 3 , que Nicolas Copernic na-quit à Thorn, petite ville de la Prusse. Cet homme, dontle nom est désormais immortel, manifesta de bonneheure son goût pour les hautes études astronomiques. Ilalla s’instruire en Italie aux leçons de Dominique Maria,et obtint à Rome une chaire de professeur. Déjà des ob-servations avaient commencé, et la complication bizarredes hypothèses de Ptolémée lui avait fait penser quele système du monde reposait sur un ordre différent.Pourvu d’un canonicat dans la ville de Fravenberg, ilse livra dans la retraite à de profondes méditations, et,frappé delà majestueuse simplicité de l’opinion pytha-goricienne, elle servit de point de départ à ses travaux.Copernic appliqua à ce système toutes les observationsqui avaient été faites dans l’hypothèse de Ptolémée ; etil vit avec joie que ces observations se liaient admira-blement à la théorie du mouvement de la terre. Il serendit compte de la révolution diurne apparente duciel par le mouvement de rotation de la terre, et dela précession des équinoxes par le mouvement d’oscil-lation qui s’opère dans l’axe de la terre. Ainsi, lescercles imaginés par Ptolémée n’expliquèrent plus àCopernic les mouvemens directs et rétrogrades des pla-nètes ; il jugea que ces phénomènes n’étaient que desapparences produites par la combinaison du mouve-ment de la terre autour du soleil avec celui des pla-nètes ; cette découverte le mit à même de déterminerles dimensions de leurs orbes. Ce fut après trente-sixans d’études, de méditations et d’observations, que Co-pernic , parvenu déjà à une extrême vieillesse, publial’ouvrage dans lequel il avait consigné et expliqué levrai système du monde, sous le titre de : Révolutions cé-lestes ( De revolutionibus cœlcstibus ) ; mais il n’osa leprésenter que sous la forme d’une hypothèse ; car ilcomprenait toute la force du préjugé qu’il venait com-battre, et de quelles difficultés est entourée la produc-tion d’une vérité nouvelle. L’illustre Copernic ne putêtre témoin du succès de son ouvrage : il mourut tout àcoup à l’âge de soixante-onze ans, peu de jours aprèsavoir reçu le premier exemplaire de sou livre, impriméà Nuremberg .
Joachim Rheticus , qui avait quitté sa chaire de pro-fesseur à Wittembcrg pour venir entendre Copernic ,dont les idées nouvelles sur le système du monde com-mençaient à se répandre, fut le premier de ses disciplesqui adopta publiquement ce système. C’était lui qui avaittriomphé de la répugnance timide de l’illustre vieillardpour la publicité , et qui l’avait déterminé à livrer sonouvrage à l’impression. Mais si tous les esprits éclairéslurent frappes del’évidcnce des idées de Copernic , elles
eurent alors à triompher d’un obstacle plus difficile àvaincre que les préjugés de la routine et des opinionspopulaires. Il est douloureux de le dire, l’Eglise ro-maine crut trouver dans ce système une démonstrationcontraire aux enseignemens de la religion. La décou-verte admirable du télescope et les progrès des sciencesmathématiques vinrent bientôt confirmer toutes les ap-préciations de Copernic; et cependant, Galilée , déjàvieux, fut obligé d’humilier sa raison devant un tribu-nal ecclésiastique, en niant la réalité d’un mouvementqui lui était démontré.
Au moment où Copernic descendait dans la tomoe,le Danemarck voyait naître Tycho-Brahé , l’un des plusgrands observateurs qu’ait eus l’astronomie. Les tra-vaux de cet homme célèbre appartiennent entièrementaux théories de la science : ils seront exposés ailleurs;et nous ne croyons pas utile de donner ici une idée quiserait nécessairement incomplète de l’hypothèse à la-quelle il a donné son nom, et qu’il vint jeter entre lesystème de Ptolémée et celui de Copernic . Les décou-vertes de Galilée ; bientôt après, les admirables lois deKépler, disciple cependant de Tycho-Brahé ; les tra-vaux d’Huygens, et les progrès toujours croissans dessciences mathématiques, mirent, dès la fin du dix-sep-tième siècle, les opinions de Copernic à l’abri de toutediscussion.
Cependant, la découverte des lois des mouvomenscélestes n’était pas le dernier point où, après tant detravaux et d’efforts, l’esprit humain devait parvenir; illui restait encore à s’élever jusqu’à la cause immédiate,jusqu’au principe général dont ces lois dérivent. Unphilosophe français , dont les travaux ont été si utilesaux sciences, et dont le beau nom n’est pas encore en-vironné dans sa patrie d’assez de respect et d’admira-tion , Descartes enfin , songea le premier à résoudre cegrand problème, en ramenant à la mécanique la causede ces mouvemens ; mais il s’égara dès son point de dé-part. « Il était réservé à Newton, dit La Place, de nous» faire connaître le principe général des mouvemens» célestes. La nature, en le douant d’un profond génie,» prit encore soin de le placer dans les circonstances les» plus favorables. Descartes avait changé la face des» sciences mathématiques par l’application féconde de» l’algèbre à la théorie des courbes et des fonctions va-» riables. Wallis, Wren et Huvgens venaient de trouver» les lois de la communication du mouvement. Les dé-» couvertes de Galilée sur la chute des graves, et celles» d’Huygcns sur les développées et sur la force ccntri-» fuge, conduisaient à la théorie du mouvement dans» les courbes. Képler avait déterminé celles que décri-» vent les planètes; et il avait entrevu la gravitation1» universelle. Enfin Ilook avait très-bien vu que les» mouvemens planétaires sont le résultat d’une force